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Opinion

Appel au Chef de l’ État et à l’opposition pour un retour au dialogue politique

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La crise n’ est pas seulement politique. Elle est aussi économique. Elle risque de devenir une crise humanitaire. Haiti est un pays, où la faim tenaille quatre citoyens (4) sur cinq(5), dans ce contexte de pauvreté de masse, on peut plus parler de projets, et de développement économique. L’ urgence, c’ est de donner des soins de santé, à manger, à boire, à un peuple qui est à bout de tout.

Je redoute le chambardement et l’ anarchie sanglante. Nous n’ avons pas d’ autre alternative que le dialogue, répète Edmonde Supplice Beauzile. Il faut, comme le dit l’ ingénieur Edgard Leblanc retourner à la table de négociation. Il ne faut pas avoir peur d’ échouer. Ceux qui n’ échouent pas, ce sont ceux qui n’ ont rien tenté.

La démocratie est définie comme le traitement des conflits sociaux. Les conflits naissent dans la société, grandissent, disparaissent et réapparaissent. Le démocrate, c’ est un gestionnaire des conflits et des contradictions de la société.

Le président de la république, chef de l’ État a commis des erreurs sur des questions fondamentales, il les corriger dans dialogue et la concertation. En tant que démocrate et progressiste, je ne souhaite pas son échec, c’ est tout le pays qui en pâtit. On ne doit pas confondre le pays avec notre durée de vie et celle d’ un mandat présidentiel. Le pays appartient à nous tous, il nous faut, dans le dialogue trouver un minimum de consensus pour avancer.

Oui, il nous faut un peu de radicalité sur des questions fondamentales qui peuvent plus durer et qui ne doivent pas durer. Il y a des choses à corriger.

J’ ai formulé des réserves légales quant à la manière dont le président avait procédé pour former le nouveau gouvernement, mais je reconnais toutefois qu’en absence d’ un parti majoritaire au Parlement, la Constitution l’ autorise à choisir un Premier Ministre qu’il juge apte à donner chair à ses idées et encadrer sa vision, pourvu qu’il réponde à toutes les formalités prescrites par la Constitution.

Le régime parlementaire, c’ est la vie du ménage. On peut pas reprocher de choisir un premier qui se trouve dans sa cuisine. On veut tout simplement que la loi soit respectée. On veut que s’ établissent des rapports institutionnels équilibrés entre l’ exécutif et le législatif en vue de protéger l’ intérêt général.

On ne doit pas imposer au président un premier ministre qui n’ aura pas la confiance du Parlement. Car, le Premier Ministre, tel qu’il soit ne peut pas gouverner sans une majorité au Parlement. Aucun parti aujourd’hui ne dispose d’ une majorité au Parlement. Cette majorité actuelle à la Chambre des députés, “c’ est la chose de Président”, c’ est – à- dire, elle est présidentielle. C’ est une donnée politique avec laquelle il faut compter et négocier, si on veut parvenir à un règlement politique de la crise.

Notre régime politique est à l’ unisson de la majorité. C’ est ce choix que nous avons fait et nous devons en être conscients. Il faut se battre pour pouvoir changer la réalité. Nous sommes en démocratie, la majorité d’ aujourd’hui peut devenir la minorité de demain et vice versa, c’ est comme ça qu’on construit l’ alternance politique de manière pacifique dans une démocratie.

Dans la crise actuelle, le Chef de l’ État ne peut pas entretenir des relations complexes avec l’ opposition. Il n’ y a pas d’ un coté une opposition radicale, et de l’ autre coté une oppose modérée. Il y a une situation politique dans le pays qui doit contraindre les élites à la réflexion. Il y a risque de tout perdre, si on n’ agit pas maintenant.

Le président n’ a pas de réponse à la crise, l’ opposition non plus. La résolution de la crise passe par un accord politique.

Le président doit concerter avec tous afin que nous puissions mieux rebondir dans l’ histoire. L’ heure est grave. Il faut nous sortir de ce jungle politique pour devenir solidaires les uns aux autres, comme l’ a si bien dit Clarens Renois.

Le message du Président doit être suivi d’ effet. Le dialogue est un processus permanent. En effet, l’article 136, qui est une sorte de dérogation au principe de la séparation des pouvoirs donne prérogative au Chef de l’ État, en tant qu’arbitre neutre des conflits de résoudre la crise politique actuelle. Il ne peut pas manquer à cette responsabilité.

Voici les éléments qui pourraient faire partie d’un consensus politique. Ce que j’ appelle un
paquet de la conjoncture

Signature d’ un accord politique.

La mise en place du Conseil Constitutionnel

– Conseil électoral
– Élections anticipées début 2020
– Formation d’ un gouvernement d’ union nationale ayant à sa tête un
Premier Ministre issu de l’ opposition.

⁃ Reformes économiques
⁃ Amendement constitutionnel ou possibilité de l’ élaboration d’ une nouvelle Constitution.

⁃ Reformes financières et fiscales
⁃ Reformes des organismes autonomes à caractère économique et financier et de sécurité sociale.

⁃ Renforcement de la sécurité publique;
⁃ Décharge administrative.
– Reprise du dossier Petro caribe par le nouveau gouvernement.

La création d’un comité d’ experts pour faire la lumière sur la situation des projets financés par les fonds petro caribe. )

Renforcement des organes de contrôle préposés à la lutte contre la corruption ( UCREF, ULCC).

Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde et les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques. Agissons ensemble, coude à coude pour changer la situation du pays.

Dieu prend soin de nous, à nous de prendre soin d’Haïti.

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COVID-19

Petit billet au Dr. Jean Fils – aimé suite à la publication de son texte sur l’inaction de Dieu face au Coronavirus

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Le Pape a célébré la messe du dimanche des rameaux dans la Basilique Saint-Pierre, symbole de la chrétienté, totalement déserte. Les chrétiens ont préféré se confiner à la maison pour se protéger du coronavirus que d’aller à la messe pour entendre la parole de Dieu qui sauve et qui guérit. C’est un tournant. Qu’annonce -t-il ?

Le Docteur Jean Fils -aimé a-t-il utilisé sa capacité intellectuelle et ses dons pour déraisonner sur Dieu ou pour déconstruire une réalité qui est à l’œuvre ? Ma question est loin d’être une diatribe condescendante.

Je crois en Dieu. Je me demande si les chrétiens évangéliques et moi avons un Dieu en commun ? Mon Dieu est-il le leur ou le leur, le mien ? En tout cas, ce n’est pas cette pandémie qui provoque une détresse humaine à l’échelle planétaire, même quand elle me consume au moment où j’écris ce texte, qui me fera renier ou renégocier Dieu.

Dieu est le principe de la vie. Si Dieu est mort, comme disait Nietzsche, puisque tout subsiste en lui, il emporte aussi la vie dont il est le principe. Or, la vie existe. Il me semble qu’il y a quelques difficultés à résoudre sur le plan philosophique. Malgré mon désaccord avec le Pasteur Fils -aimé, sa démarche n’est pas inutile. Elle a une portée scientifique et philosophique certaine. Elle soulève dans le milieu religieux un débat sérieux et qui ne laisse personne indifférent. Le débat est placé sur le terrain historique, philosophique et scientifique. Il ne perdra pas de son intérêt.

En effet, le docteur a mis en doute le pouvoir du Dieu des chrétiens à intervenir dans l’histoire des hommes et sa capacité à changer le cours des événements. Face à cette pandémie, le Dieu des chrétiens évangéliques serait-il riche en bonté et faible en puissance et en action ? Où sont passés les hommes de Dieu à qui Jésus avait donné le pouvoir de chasser les démons et de guérir les malades en son nom ? Ce ne sont pas les prêtres et les pasteurs, les guérisseurs de l’ église qui sont au chevet de nos malades contaminés par le coronavirus. Ce sont bien des médecins et des infirmières qui les soignent dans des conditions extrêmement difficiles. Nos bergers sont loin de leurs brebis égarées, abandonnées, perdues dans les hôpitaux. Dans leurs espaces de confinement, j’imagine qu’ils prient pour eux, ils invoquent leur Dieu, en attendant que les scientifiques annoncent la bonne nouvelle, la parole d’espoir, l’action intelligente qui va sauver les vies. La vraie religion serait-elle la science ? Les médecins remplacent – ils les hommes de Dieu ?

Y a-t-il là quelque chose à déconstruire, à démystifier ou à dévoiler ? Ce dévoilement mettra -t-il en échec la rationalité occidentale qui a dominé le monde? Les églises ont-elles perdu leur raison d’être ?
De tous temps, il y a toujours des péchés, des injustices, des oppressions, mais aussi des humains justes et intègres. Si dans cette église, il y a des humains justes, qu’ils se manifestent, qu’ils fassent la différence ! Nous sommes à un carrefour où Dieu doit se révéler aux justes. Sinon, Dieu ne reconnaît pas cette église. Dans ce cas, le monde rentre dans une nouvelle transition au cours de laquelle émergera une autre spiritualité où les hommes établiront une nouvelle liaison historique avec Dieu.

La réponse au docteur Fils – aimé ne peut être seulement qu’une question de foi. Elle doit être aussi scientifique que philosophique. Le vœu secret de toute philosophie est de mettre fin à la philosophie. Une thèse fonctionne toujours à l’intérieur d’une thèse. On ne démolit pas une thèse ni par des injures ni par la violence des mots, mais seulement en montrant sa fonction extra théorique.

Le texte du docteur Fils -aimé est instructif et invite à la méditation. Ce texte est à lire, à analyser, à critiquer et à comprendre. Cet intellectuel de la déconstruction nous force à descendre dans les profondeurs de l’Esprit. Plus la religion atteint les profondeurs de l’Esprit, plus elle devient pure. La religion peut être stérile, comme peut l’être son Dieu. Les chrétiens nous présentent malheureusement un Dieu stérile et en difficulté devant le désarroi humain créé par cette pandémie.

Dans mon texte précédent, intitulé «Du global au local », j’ai soutenu qu’avec cette pandémie, c’est toute la pensée moderne occidentale qui s’écroule. Les critères de vérité, d’objectivité, de raison qui avaient caractérisé la pensée occidentale, de Descartes à Heidegger en passant par la post modernité, ont été ébranlés. Nous sommes bien dans une autre forme de construction. La déconstruction de la religion et celle de certaines vérités scientifiques.

L’homme a été toujours une intelligence. Et son rapport avec Dieu est unique. La vie de l’homme est exprimée dans sa religion, son but suprême. Chaque peuple exprime sa vie en fonction de sa culture, de ses réalités et de ses expériences avec son Dieu. L’expérience du peuple juif avec son Dieu est Égypte est comparable à celle du peuple haïtien avec le sien à Vertières dans sa quête de liberté.

Le Divin est dans la conscience de chacun et se révèle de manière différente dans chaque culture. Dieu devient réel lorsqu’il se manifeste en chacun de nous. Il apparaît dans la conscience et dans l’action. On n’impose pas à quelqu’un son Dieu.

Je regrette toute idée de domination et d’ imposition d’un Dieu. La religion chrétienne est le concept que l’Occident se fait de lui même, de sa liberté de sa civilisation. Il importe de savoir si l’Occident connaît réellement le Vrai. Son Dieu est peut être pas pas le nôtre. Dieu est une unité universelle et singulière. Dans sa singularité, il est présent dans l’histoire et la culture de chaque peuple. Le Docteur Fils -aimé, en s’attaquant au Dieu des chrétiens, déconstruit une réalité qui est à l’heure et proclame en même temps sa singularité en tant qu’intellectuel noir tiers-mondiste. Il réclame son unité, sa singularité dans cette universalité globalisée. Autrement dit, il réclame sa part de divinité dans cette représentation universelle capturée par l’Occident. Chaque peuple constitue une réalité de l’essence Dieu. Donc l’homme est Dieu.

Après avoir acquis la certitude que l’intelligence de l’homme vient de Dieu. Je conclus que Dieu est donc au centre de toutes choses, – sciences, art, culture etc – que nous avons péniblement conquises pendant des millénaires. C’est ignorer totalement Dieu et l’intelligence qu’il a placée en nous de croire qu’il va se substituer à l’homme pour résoudre les problèmes du monde. Il ne l’a pas fait dans le cas de la grippe espagnole, du sida, il ne le fera pas aujourd’hui dans le cas du coronavirus. La guérison viendra de l’intelligence des hommes. C’est le fruit de l’effort le plus haut qui nous permettra de résoudre les problèmes de la planète.

Dieu n’est ni faible ni méchant. Les hommes ont créé une réalité qui n’est pas proche de Dieu. C’est notre façon de comprendre Dieu qu’il nous faut reconsidérer. Nous sommes dans la caducité de l’Esprit. La caducité exprime la fin et l’évolution de l’Esprit. Cette pandémie annonce une rupture et nous met sur la voie de la renaissance spirituelle, intellectuelle et philosophique. Il nous faut une autre épistémologie, une autre conscience, une autre intelligence pour aborder cette nouvelle réalité. Dieu est. Il nous faut le rapprocher avec intelligence, science et art pour que nous puissions atteindre notre but supérieur.

Ce ne sont pas les actions de l’homme qui créent Dieu. Coronavirus ne tue pas Dieu. Toute action est la représentation de l’homme concret et réel. Dieu est dans les actions concrètes de l’homme. L’homme est Dieu.

L’homme a pris du temps pour inventer l’histoire écrite, pour construire des machines, des avions. Il a pris du temps pour vaincre certaines épidémies. Pendant tout ce temps, Dieu était là, comme il a été établi. L’histoire représente le développement de la conscience de soi et de l’intelligence, et la réalité produite par cette intelligence. N’est-ce pas le moment d’adopter une attitude qui soit conforme à la réalité de Dieu ?

Sonet Saint-Louis
Diplômé en philosophie à l’Ecole normale supérieure ( UEH)
Doctorant en droit (UQAM)
Sonet43@Hotmail.com.
Tel 37368310

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COVID-19

Covid-19: Des personnes dites en quarantaine à domicile, circulent librement.

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Depuis la révélation du premier cas de Coronavirus en Haiti, les autorités haïtiennes ont décidé de garder en quarantaine les personnes ayant été contact avec le patient testé positif.

Certaines d’entre elles sont en quarantaine institutionnelle, et d’autres restent chez eux, mais sur la surveillance des agents du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), afin d’éviter tout autre contact avec d’autres personnes non contaminées.

“À Delmas 33, une personne a été testée positive du Covid-19, de ce fait, les membres de sa famille sont mis en quarantaine à domicile”, nous raconte un agent de la MSPP, qui préfère garder l’anonymat.

” J’ai visité cette famille. C’est un peu triste à dire que le ministère n’a pas le contrôle de ses gens, car ils circulent librement”, relate t-il.

Rappelons que la transmission du CoronaVirus se fait par des postillons à travers des toux et éternuements d’une personne infectée du Covid-19. Alors cette stratégie de quarantaine domiciliée appliquée par le MSPP, est sans aucun effet pour diminuer la propagation du Virus en Haïti. Puisque les personnes circulent librement, donc, ne sont pas vraiment en quarantaine.

En effet, une personne infectée circulant dans les rues de la capitale, où les habitudes demeurent, représente un danger pour la santé des autres. La distance sociale, le confinement ainsi que les lavages des mains ne sont toujours pas bien reçu par la majorité des citoyens haïtiens.

Soulignons que la Ministre de la Santé Publique, Dr Marie Greta Roy Clément, dans une interview faisait mention de 200 lits destinés aux éventuels cas de Coronavirus, une déclaration qui a soulevé de nombreuses critiques et doutes au sein de la population.

La quarantaine domiciliée est-ce une façon de prouver que le pays n’est pas vraiment prêt à faire face à cette pandémie?

Ce qui est certain, les agents qui surveillent ces personnes suspectées ne prennent pas en compte les dégâts qu’elles peuvent causer.

De nombreuses personnes soutiennent qu’une population qui vit quotidiennement ne peut respecter le confinement sans assistance de l’État. Une marchande a même affirmé au micro d’un journaliste qu’elle préfère mourir du COVID-19 que de faim. La rue est l’endroit où nous gagnons notre vie, dit-elle.

Les autorités du Ministère de la Santé Publique et de la Population doivent prendre des dispositions strictes s’ils veulent vraiment empêcher la propagation du Coronavirus dans le pays.

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COVID-19

Quand une frange de la population jongle avec le mal

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Depuis la découverte de l’agent pathogène Covid-19, les États du monde se sont trouvés dans l’obligation de prendre des dispositions pour freiner les mouvements de population. Autrement dit, pour contrôler la circulation des individus, en les obligeant à rester à la maison, dans l’idée d’éviter la propagation du virus. Cependant, en Haïti, une importante frange de la population adopte des comportements qui tendent à défier les dispositions prises par l’État. Comme si, les mesures annoncées par le gouvernement haïtien ne les concernent pas, voire ne les intéressent pas. Pourtant, de telles dispositions rentrent dans une démarche de préservation de leur vie. De notre vie, étant conscient de la défaillance du système sanitaire. Qu’est-ce qui expliquent de tels comportements ? Est-ce une façon de banaliser les risques, les dangers que représente le corona virus ? Faisons une courte analyse de la situation.

Dans un court métrage circulant à travers les médias sociaux, une marchande dénonce les mesures de confinement préconisés par le chef de l’État/le chef de son gouvernement, peu après le recensement du premier cas de personne infectée. L’intervention de cette marchande dans le micro d’un journaliste dont on ne connait pas l’identité, prend corps dans l’incapacité même de l’appareil d’État à contrôler les corps, mais aussi, dans l’incapacité de l’État à accompagner les décisions de confinement par le biais de mesures sociales et économiques.

Face à ces manques, les gens s’hasardent à sortir pour vivoter, et se donnent une bonne raison pour ne pas respecter le confinement. Ce qui nous stimule à penser que les personnes qui se risquent, et, partent s’occuper de leur petit boulot ne sont pas dépourvues d’une forme de rationalité. Au contraire elles le sont trop. C’est ce que nous nous proposons de démontrer de manière hypothétique, c’est-à-dire, décèler le lieu à partir duquel partent ces comportements aptes à mettre en péril la vie de ces gens.

Dans un temps (T1), nous estimons que la situation de crise sociale, économique et politique que traverse le pays depuis plus de trente ans, s’accumule, se sédimente, et renforce ce contexte de panique, d’incertitude actuel. Ce qui amène les gens à adopter des comportements qu’on peut qualifier de suicidaire. Non pas parce qu’ils n’ont pas conscience des risques en adoptant de tels comportements ; mais, parce que ces personnes inscrivent la panique, l’incertitude, dans une mémoire longue en lieu et place d’une mémoire courte, contextuel et analytique. Or, la mémoire longue est dangereuse (Gilles Deleuze et Félix Guattari, 1980). Car, elle rappelle la constance des crises, elle rappelle les millions de dollars détournés dans l’administration publique, il s’agit d’une mémoire indiquant la lpersistance du mal, que ce mal est fabriqué par l’État décisionnaire non interventionniste.

Dans le court métrage précité, la marchande dit ceci : « Pito m mouri ak kowonaviris la mwen pa mouri grangou / je préfère mourir du Coronavirus que de faim ». Ces propos sont la marque fabrique d’une personne consciente des risques, mais, en même temps qui feint d’être dans le déni, dans le rejet de ces risques. Il pourrait s’agir là de l’éclatement du concept de résilience tant caressé par certains penseurs.

À un autre temps (T2) de notre analyse, nous pensons que l’absence de structures sanitaires, de manque, mais aussi de fuite de notre personnel médical, créent dans l’inconscient collectif ce souci de jongler avec le mal, de s’exposer de plus en plus aux risques, car, l’idée de prises en charge annoncée par le gouvernement nage encore dans le monde des idées de Platon. Car, le véritable mal à combattre confirme son omniprésence dans la gestion de la chose publique.

Cela dit, ces personnes qui ne respectent pas le confinement adoptent des comportements liés à l’inconscient, des comportements qui expliquent que leurs corps ne sont pas contrôler par aucune forme de gouvernementalité. Déjà, les espaces pouvant aider à refouler, individuellement ou collectivement les menaces que représente le Covid-19 sont clos (L’église, l’école, etc.). Donc, ces personnes rejettent la permanence de l’État pompier, du provisoire tel qu’il est développé par le sociologue Ely Thélot(2017), en le dissimulant par un processus langagier et comportemental. D’où les propos de certains internautes : « sanbn te fè ak lajan Petwokaribe a ».

Pour finir, il serait intéressant de rechercher la logique du non-respect du confinement dans l’inconscient collectif et individuel des individus. Car, selon Sigmund Freud, l’inconscient révèle l’existence d’un savoir existant dont on ignore son topos. C’est-à-dire son lieu d’enclenchement (Paul-Laurent Assoum, 2011).

Loobens L.Dorsainvil, finissant en Anthropo-sociologie
l.dorsainvil@gmail.com

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