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Opinion

“Des nominations et révocations illégales dans l’ administration publique. La redécouverte du droit constitutionnel haïtien à l’ heure “de la grande bêtise nationale”.

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” Dieu a choisi les choses folles de ce monde pour convaincre les sages de ce monde, disait Paul, apôtre de Jésus-Christ.

Depuis la prise du pouvoir par cette administration, le pays a connu une évolution dans la bêtise. Le mécontentement populaire, né de la multiplication des manifestations à travers le pays, conduit le président et son gouvernement intérimaire/ démissionnaire à prendre toute une série de décisions pour faire fonctionner l’ administration de l’État. Le contexte est certes difficile pour le Chef de l’ État face à une opposition radicale qui ne jure que par son départ avant la fin de son mandat constitutionnel mais la réaction du pouvoir en place est surprenante.

Comment modifier un gouvernement démissionnaire ou intérimaire en dehors du Parlement?

Modification, gouvernement démissionnaire ou intérimaire, Parlement, les vocables ne s’accordent. C’ est un contraste, et même une contradiction d’ utiliser le mot “modification” pour expliquer les changements opérés au sein d’un gouvernement démissionnaire. Mais un texte juridique n’ a de sens que s’ il révèle la confuse, l’ ambiguïté ou la contradictoire d’ une décision ou encore d’ une approche.

Face à ce débat constitutionnel, il est important de noter ici ce que dit l’ article 165 de la Constitution.

Suivant l’ article 165 de la Constitution, la période intérimaire s’ achève après la période de liquidation des affaires courantes qui de trente ( 30) jours.

Voici l’ intégralité de l’ article 165 : En cas de démission du Premier Ministre, le Gouvernement reste “en place” pour liquider les affaires courantes jusqu’à “la prise de fonction de son successeur”.
En cas d’ incapacité permanente dûment constatée du Premier Ministre ou de son retrait du poste pour raisons personnelles, le Président choisit un Premier Ministre intérimaire parmi les membres du Cabinet ministériel en attendant la la formation “d’ un nouveau gouvernement” dans un délai ne dépassant pas trente ( 30) jours.

Le Président détient un mandat populaire par la voie des élections, le Premier Ministre nommé ; en ce sens, on ne peut comparer l’ élu du peuple à celui qui ne doit son autorité qu’à sa seule volonté. Le pouvoir de nomination du Président s’ applique aux fonctions nobles, le Premier Ministre disposant du pouvoir réglementaire nomme aux fonctions subalternes. Son pouvoir réglementaire s’ exerce par arrêté du Premier Ministre. (art 159 de la C )

Le Premier Ministre intérimaire est un poste constitutionnel. Notre Constitution prévoit les conditions dans lesquelles, on peut recouvrir à un gouvernement intérimaire, tout comme elle établit la procédure pour élire un Président provisoire de la République en cas de vacance présidentielle (Art 149).

On ne peut pas transformer un Premier Ministre intérimaire en un “Premier Ministre tout court”, en appliquant les dispositions de l’ article 137 de la Constitution.

Le Premier Ministre intérimaire n’ a aucune activité. Il est en place pour liquider les affaires courantes. Le Premier Ministre intérimaire est un ministre démissionnaire. En effet, l’ article 137- 1 dispose ainsi: le Président met “fin” aux fonctions du Premier Ministre sur la présentation par celui-ci de la démission de son gouvernement. Donc, la fin exprime une situation de non existence et de non être. C’ est pourquoi, l’ article 165 dit que le gouvernement reste “en place” et “non en fonction” jusqu’à la formation du “nouveau gouvernement.”. Le vocable “nouveau” utilisé ici veut dire que M Lapin faisait partie d’ un ancien gouvernement. En conséquence, il est astreint aux formalités de décharge prescrites à l’ article 156 de la Constitution.

Partant de ces considérations, M Lapin n’ était point éligible au poste de Premier Ministre. La nomination de Fritz William Michel à ce poste entraine sa désinstallation. Cette desinvestiture met fin à son contrat avec l’ administration publique. En aucun cas, il ne peut pas engager l’ administration publique haïtienne Car, la démission du gouvernement met fin à l’ action gouvernementale. S’ il n’ y pas d’ action gouvernementale, il ne peut pas y avoir de contrôle parlementaire, puisque le gouvernement démissionnaire n’ a pas de lien avec Parlement. En effet, c’ est par le cabinet ministériel que s’ établit la relation entre le gouvernement et le Parlement.

Le vocable “action” est un concept théorique dont l’ opérationnalisation est l’ activité. Le gouvernement démissionnaire est un gouvernement qui n’ a pas d’ activité. Autrement dit, il n’ est pas en mouvement. Il n’ a pas d’ existence.

Comme on vient de le souligner, M Lapin n’ a pas de contrat avec l’ administration publique du fait de sa démission et de son remplacement par le citoyen Fritz William Michel, nommé Premier Ministre par arrêté présidentiel. Dans ce cas, les citoyens peuvent prendre leur distance avec cette administration ayant à sa tête un Premier Ministre qui n’ a pas d’ existence. L’ administration et les administrés sont soumis à la loi et au droit. Les normes qui régissent l’ administration publique sont extérieures et supérieures aux gouvernants et gouvernés et doivent être respectées par tous. C’ est la définition même de l’ État de droit.

Tout en étant un
instrument placé entre les mains des gouvernants, l’ action de l’ administration est strictement encadrée par le droit. Le Premier Ministre ne peut agir que dans les limites et dans les termes fixés par l’ ordre juridique national. En ce sens, les fonctionnaires haïtiens, s’ ils ont du prestige et de l’ honneur ne doivent pas accepter cette situation. L’ État de droit offre donc un certain nombre de garanties en ce sens qui protègent les fonctionnaires et les citoyens contre les abus et la violence des gouvernants. En régime d’ État de droit, le fonctionnaire est soumis au respect de la règle de droit et peut être poursuivi devant les tribunaux pour complicité ou violation de la loi.

Les nominations et révocations opérées ces dernières heures dans l’ administration publique sont illégales. C’est illégal de placer un nouveau ministre au sein d’un gouvernement démissionnaire. Ce gouvernement n’est pas en “fonction”, mais en “place pour liquider les affaires courantes en attendant la prise de fonction du nouveau gouvernement.

Conclusion

Le gouvernement de M Lapin, est-il démissionnaire ou intérimaire? L’acte de nomination d’un ministre au sein d’un gouvernement démissionnaire voulait – il dire que le gouvernement a le plein pouvoir d’agir. Or, ce ne devrait pas être le cas puisqu’il existe un Parlement. C’est une transaction juridique majeure. Comment logiquement faire fonctionner le nouveau dans l’ ancien ?

La nomination du gouvernement de Fritz William Michel entraine la desinvestiture du gouvernement de Jean Michel Lapin, car la période de 30 jours, c’ est la durée de vie du gouvernement intérimaire. Et que passé ce délai, on est dans l’illégalité. Dans ce cas, l’administration publique aurait dû être prise en charge par les directeurs généraux des ministères. La Cour des comptes en principe devrait annuler tous les actes posés par le gouvernement intérimaire de Lapin au delà de son “mandat constitutionnel” de 30 jours, suivant l’article 165 de la Constitution. On s’enlise dans l’impasse, dans le néant. On franchit toutes les limites de l’impossible, et du coup l’impossible devient possible.

L’inconstitutionnalité règne et la déraison siège. Une situation qui explique l’incapacité, l’irresponsabilité et l’incompétence des élites haïtiennes à diriger le pays.

En ces temps difficiles, je dénote un manque de réalisme du Chef de l’État qui refuse de comprendre ou qui occulte l’ampleur de cette situation désastreuse. On s’ avance vers la fin d’ une utopie irréaliste, d’ une expérience non aboutie. L’ avenir d’ Haïti va être une nouvelle fois extorqué, sauf si les parties en conflit donnent la chance à un consensus nouveau. Aucune autre raison ne saurait plaider en faveur de la guerre civile, des massacres, et de l’ occupation du territoire national par des forces étrangères.

COVID-19

Petit billet au Dr. Jean Fils – aimé suite à la publication de son texte sur l’inaction de Dieu face au Coronavirus

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Le Pape a célébré la messe du dimanche des rameaux dans la Basilique Saint-Pierre, symbole de la chrétienté, totalement déserte. Les chrétiens ont préféré se confiner à la maison pour se protéger du coronavirus que d’aller à la messe pour entendre la parole de Dieu qui sauve et qui guérit. C’est un tournant. Qu’annonce -t-il ?

Le Docteur Jean Fils -aimé a-t-il utilisé sa capacité intellectuelle et ses dons pour déraisonner sur Dieu ou pour déconstruire une réalité qui est à l’œuvre ? Ma question est loin d’être une diatribe condescendante.

Je crois en Dieu. Je me demande si les chrétiens évangéliques et moi avons un Dieu en commun ? Mon Dieu est-il le leur ou le leur, le mien ? En tout cas, ce n’est pas cette pandémie qui provoque une détresse humaine à l’échelle planétaire, même quand elle me consume au moment où j’écris ce texte, qui me fera renier ou renégocier Dieu.

Dieu est le principe de la vie. Si Dieu est mort, comme disait Nietzsche, puisque tout subsiste en lui, il emporte aussi la vie dont il est le principe. Or, la vie existe. Il me semble qu’il y a quelques difficultés à résoudre sur le plan philosophique. Malgré mon désaccord avec le Pasteur Fils -aimé, sa démarche n’est pas inutile. Elle a une portée scientifique et philosophique certaine. Elle soulève dans le milieu religieux un débat sérieux et qui ne laisse personne indifférent. Le débat est placé sur le terrain historique, philosophique et scientifique. Il ne perdra pas de son intérêt.

En effet, le docteur a mis en doute le pouvoir du Dieu des chrétiens à intervenir dans l’histoire des hommes et sa capacité à changer le cours des événements. Face à cette pandémie, le Dieu des chrétiens évangéliques serait-il riche en bonté et faible en puissance et en action ? Où sont passés les hommes de Dieu à qui Jésus avait donné le pouvoir de chasser les démons et de guérir les malades en son nom ? Ce ne sont pas les prêtres et les pasteurs, les guérisseurs de l’ église qui sont au chevet de nos malades contaminés par le coronavirus. Ce sont bien des médecins et des infirmières qui les soignent dans des conditions extrêmement difficiles. Nos bergers sont loin de leurs brebis égarées, abandonnées, perdues dans les hôpitaux. Dans leurs espaces de confinement, j’imagine qu’ils prient pour eux, ils invoquent leur Dieu, en attendant que les scientifiques annoncent la bonne nouvelle, la parole d’espoir, l’action intelligente qui va sauver les vies. La vraie religion serait-elle la science ? Les médecins remplacent – ils les hommes de Dieu ?

Y a-t-il là quelque chose à déconstruire, à démystifier ou à dévoiler ? Ce dévoilement mettra -t-il en échec la rationalité occidentale qui a dominé le monde? Les églises ont-elles perdu leur raison d’être ?
De tous temps, il y a toujours des péchés, des injustices, des oppressions, mais aussi des humains justes et intègres. Si dans cette église, il y a des humains justes, qu’ils se manifestent, qu’ils fassent la différence ! Nous sommes à un carrefour où Dieu doit se révéler aux justes. Sinon, Dieu ne reconnaît pas cette église. Dans ce cas, le monde rentre dans une nouvelle transition au cours de laquelle émergera une autre spiritualité où les hommes établiront une nouvelle liaison historique avec Dieu.

La réponse au docteur Fils – aimé ne peut être seulement qu’une question de foi. Elle doit être aussi scientifique que philosophique. Le vœu secret de toute philosophie est de mettre fin à la philosophie. Une thèse fonctionne toujours à l’intérieur d’une thèse. On ne démolit pas une thèse ni par des injures ni par la violence des mots, mais seulement en montrant sa fonction extra théorique.

Le texte du docteur Fils -aimé est instructif et invite à la méditation. Ce texte est à lire, à analyser, à critiquer et à comprendre. Cet intellectuel de la déconstruction nous force à descendre dans les profondeurs de l’Esprit. Plus la religion atteint les profondeurs de l’Esprit, plus elle devient pure. La religion peut être stérile, comme peut l’être son Dieu. Les chrétiens nous présentent malheureusement un Dieu stérile et en difficulté devant le désarroi humain créé par cette pandémie.

Dans mon texte précédent, intitulé «Du global au local », j’ai soutenu qu’avec cette pandémie, c’est toute la pensée moderne occidentale qui s’écroule. Les critères de vérité, d’objectivité, de raison qui avaient caractérisé la pensée occidentale, de Descartes à Heidegger en passant par la post modernité, ont été ébranlés. Nous sommes bien dans une autre forme de construction. La déconstruction de la religion et celle de certaines vérités scientifiques.

L’homme a été toujours une intelligence. Et son rapport avec Dieu est unique. La vie de l’homme est exprimée dans sa religion, son but suprême. Chaque peuple exprime sa vie en fonction de sa culture, de ses réalités et de ses expériences avec son Dieu. L’expérience du peuple juif avec son Dieu est Égypte est comparable à celle du peuple haïtien avec le sien à Vertières dans sa quête de liberté.

Le Divin est dans la conscience de chacun et se révèle de manière différente dans chaque culture. Dieu devient réel lorsqu’il se manifeste en chacun de nous. Il apparaît dans la conscience et dans l’action. On n’impose pas à quelqu’un son Dieu.

Je regrette toute idée de domination et d’ imposition d’un Dieu. La religion chrétienne est le concept que l’Occident se fait de lui même, de sa liberté de sa civilisation. Il importe de savoir si l’Occident connaît réellement le Vrai. Son Dieu est peut être pas pas le nôtre. Dieu est une unité universelle et singulière. Dans sa singularité, il est présent dans l’histoire et la culture de chaque peuple. Le Docteur Fils -aimé, en s’attaquant au Dieu des chrétiens, déconstruit une réalité qui est à l’heure et proclame en même temps sa singularité en tant qu’intellectuel noir tiers-mondiste. Il réclame son unité, sa singularité dans cette universalité globalisée. Autrement dit, il réclame sa part de divinité dans cette représentation universelle capturée par l’Occident. Chaque peuple constitue une réalité de l’essence Dieu. Donc l’homme est Dieu.

Après avoir acquis la certitude que l’intelligence de l’homme vient de Dieu. Je conclus que Dieu est donc au centre de toutes choses, – sciences, art, culture etc – que nous avons péniblement conquises pendant des millénaires. C’est ignorer totalement Dieu et l’intelligence qu’il a placée en nous de croire qu’il va se substituer à l’homme pour résoudre les problèmes du monde. Il ne l’a pas fait dans le cas de la grippe espagnole, du sida, il ne le fera pas aujourd’hui dans le cas du coronavirus. La guérison viendra de l’intelligence des hommes. C’est le fruit de l’effort le plus haut qui nous permettra de résoudre les problèmes de la planète.

Dieu n’est ni faible ni méchant. Les hommes ont créé une réalité qui n’est pas proche de Dieu. C’est notre façon de comprendre Dieu qu’il nous faut reconsidérer. Nous sommes dans la caducité de l’Esprit. La caducité exprime la fin et l’évolution de l’Esprit. Cette pandémie annonce une rupture et nous met sur la voie de la renaissance spirituelle, intellectuelle et philosophique. Il nous faut une autre épistémologie, une autre conscience, une autre intelligence pour aborder cette nouvelle réalité. Dieu est. Il nous faut le rapprocher avec intelligence, science et art pour que nous puissions atteindre notre but supérieur.

Ce ne sont pas les actions de l’homme qui créent Dieu. Coronavirus ne tue pas Dieu. Toute action est la représentation de l’homme concret et réel. Dieu est dans les actions concrètes de l’homme. L’homme est Dieu.

L’homme a pris du temps pour inventer l’histoire écrite, pour construire des machines, des avions. Il a pris du temps pour vaincre certaines épidémies. Pendant tout ce temps, Dieu était là, comme il a été établi. L’histoire représente le développement de la conscience de soi et de l’intelligence, et la réalité produite par cette intelligence. N’est-ce pas le moment d’adopter une attitude qui soit conforme à la réalité de Dieu ?

Sonet Saint-Louis
Diplômé en philosophie à l’Ecole normale supérieure ( UEH)
Doctorant en droit (UQAM)
Sonet43@Hotmail.com.
Tel 37368310

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COVID-19

Covid-19: Des personnes dites en quarantaine à domicile, circulent librement.

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Depuis la révélation du premier cas de Coronavirus en Haiti, les autorités haïtiennes ont décidé de garder en quarantaine les personnes ayant été contact avec le patient testé positif.

Certaines d’entre elles sont en quarantaine institutionnelle, et d’autres restent chez eux, mais sur la surveillance des agents du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), afin d’éviter tout autre contact avec d’autres personnes non contaminées.

“À Delmas 33, une personne a été testée positive du Covid-19, de ce fait, les membres de sa famille sont mis en quarantaine à domicile”, nous raconte un agent de la MSPP, qui préfère garder l’anonymat.

” J’ai visité cette famille. C’est un peu triste à dire que le ministère n’a pas le contrôle de ses gens, car ils circulent librement”, relate t-il.

Rappelons que la transmission du CoronaVirus se fait par des postillons à travers des toux et éternuements d’une personne infectée du Covid-19. Alors cette stratégie de quarantaine domiciliée appliquée par le MSPP, est sans aucun effet pour diminuer la propagation du Virus en Haïti. Puisque les personnes circulent librement, donc, ne sont pas vraiment en quarantaine.

En effet, une personne infectée circulant dans les rues de la capitale, où les habitudes demeurent, représente un danger pour la santé des autres. La distance sociale, le confinement ainsi que les lavages des mains ne sont toujours pas bien reçu par la majorité des citoyens haïtiens.

Soulignons que la Ministre de la Santé Publique, Dr Marie Greta Roy Clément, dans une interview faisait mention de 200 lits destinés aux éventuels cas de Coronavirus, une déclaration qui a soulevé de nombreuses critiques et doutes au sein de la population.

La quarantaine domiciliée est-ce une façon de prouver que le pays n’est pas vraiment prêt à faire face à cette pandémie?

Ce qui est certain, les agents qui surveillent ces personnes suspectées ne prennent pas en compte les dégâts qu’elles peuvent causer.

De nombreuses personnes soutiennent qu’une population qui vit quotidiennement ne peut respecter le confinement sans assistance de l’État. Une marchande a même affirmé au micro d’un journaliste qu’elle préfère mourir du COVID-19 que de faim. La rue est l’endroit où nous gagnons notre vie, dit-elle.

Les autorités du Ministère de la Santé Publique et de la Population doivent prendre des dispositions strictes s’ils veulent vraiment empêcher la propagation du Coronavirus dans le pays.

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COVID-19

Quand une frange de la population jongle avec le mal

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Depuis la découverte de l’agent pathogène Covid-19, les États du monde se sont trouvés dans l’obligation de prendre des dispositions pour freiner les mouvements de population. Autrement dit, pour contrôler la circulation des individus, en les obligeant à rester à la maison, dans l’idée d’éviter la propagation du virus. Cependant, en Haïti, une importante frange de la population adopte des comportements qui tendent à défier les dispositions prises par l’État. Comme si, les mesures annoncées par le gouvernement haïtien ne les concernent pas, voire ne les intéressent pas. Pourtant, de telles dispositions rentrent dans une démarche de préservation de leur vie. De notre vie, étant conscient de la défaillance du système sanitaire. Qu’est-ce qui expliquent de tels comportements ? Est-ce une façon de banaliser les risques, les dangers que représente le corona virus ? Faisons une courte analyse de la situation.

Dans un court métrage circulant à travers les médias sociaux, une marchande dénonce les mesures de confinement préconisés par le chef de l’État/le chef de son gouvernement, peu après le recensement du premier cas de personne infectée. L’intervention de cette marchande dans le micro d’un journaliste dont on ne connait pas l’identité, prend corps dans l’incapacité même de l’appareil d’État à contrôler les corps, mais aussi, dans l’incapacité de l’État à accompagner les décisions de confinement par le biais de mesures sociales et économiques.

Face à ces manques, les gens s’hasardent à sortir pour vivoter, et se donnent une bonne raison pour ne pas respecter le confinement. Ce qui nous stimule à penser que les personnes qui se risquent, et, partent s’occuper de leur petit boulot ne sont pas dépourvues d’une forme de rationalité. Au contraire elles le sont trop. C’est ce que nous nous proposons de démontrer de manière hypothétique, c’est-à-dire, décèler le lieu à partir duquel partent ces comportements aptes à mettre en péril la vie de ces gens.

Dans un temps (T1), nous estimons que la situation de crise sociale, économique et politique que traverse le pays depuis plus de trente ans, s’accumule, se sédimente, et renforce ce contexte de panique, d’incertitude actuel. Ce qui amène les gens à adopter des comportements qu’on peut qualifier de suicidaire. Non pas parce qu’ils n’ont pas conscience des risques en adoptant de tels comportements ; mais, parce que ces personnes inscrivent la panique, l’incertitude, dans une mémoire longue en lieu et place d’une mémoire courte, contextuel et analytique. Or, la mémoire longue est dangereuse (Gilles Deleuze et Félix Guattari, 1980). Car, elle rappelle la constance des crises, elle rappelle les millions de dollars détournés dans l’administration publique, il s’agit d’une mémoire indiquant la lpersistance du mal, que ce mal est fabriqué par l’État décisionnaire non interventionniste.

Dans le court métrage précité, la marchande dit ceci : « Pito m mouri ak kowonaviris la mwen pa mouri grangou / je préfère mourir du Coronavirus que de faim ». Ces propos sont la marque fabrique d’une personne consciente des risques, mais, en même temps qui feint d’être dans le déni, dans le rejet de ces risques. Il pourrait s’agir là de l’éclatement du concept de résilience tant caressé par certains penseurs.

À un autre temps (T2) de notre analyse, nous pensons que l’absence de structures sanitaires, de manque, mais aussi de fuite de notre personnel médical, créent dans l’inconscient collectif ce souci de jongler avec le mal, de s’exposer de plus en plus aux risques, car, l’idée de prises en charge annoncée par le gouvernement nage encore dans le monde des idées de Platon. Car, le véritable mal à combattre confirme son omniprésence dans la gestion de la chose publique.

Cela dit, ces personnes qui ne respectent pas le confinement adoptent des comportements liés à l’inconscient, des comportements qui expliquent que leurs corps ne sont pas contrôler par aucune forme de gouvernementalité. Déjà, les espaces pouvant aider à refouler, individuellement ou collectivement les menaces que représente le Covid-19 sont clos (L’église, l’école, etc.). Donc, ces personnes rejettent la permanence de l’État pompier, du provisoire tel qu’il est développé par le sociologue Ely Thélot(2017), en le dissimulant par un processus langagier et comportemental. D’où les propos de certains internautes : « sanbn te fè ak lajan Petwokaribe a ».

Pour finir, il serait intéressant de rechercher la logique du non-respect du confinement dans l’inconscient collectif et individuel des individus. Car, selon Sigmund Freud, l’inconscient révèle l’existence d’un savoir existant dont on ignore son topos. C’est-à-dire son lieu d’enclenchement (Paul-Laurent Assoum, 2011).

Loobens L.Dorsainvil, finissant en Anthropo-sociologie
l.dorsainvil@gmail.com

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