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Opinion

“Est-ce que le président Jovenel Moise peut être poursuivi pour les faits antérieurs et extérieurs à ses actions présidentielles?

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Quels sont les facteurs d’ explication de la relation entre poursuite et action présidentielle?

Cette question soulève toutefois deux questions subsidiaires importante qui mériteraient d’ être prises en considération, sinon examinées dans notre analyse:

Le président Jovenel Moise, devrait – il donner sa démission pour l’ implication présumée de sa Compagnie agitrans dans le détournement des fonds publics?

Au cas où la justice haïtienne reconnaîtrait son innocence à l’ issu d’ un procès juste et équitable, serait -il autorisé à réintégrer sa fonction présidentielle ? Dans la négative, comment corriger cette injustice?

Contentons-nous de constater dans la formulation de cette question spécifique, il y a de deux concepts théoriques: poursuite et action présidentielle.

Je postule alors une relation entre ces deux concepts clés ou termes clés que je représente de la matière suivante:

Poursuite ——action présidentielle. Cette relation peut être interprétée comme voulant dire qu’une action présidentielle peut justifier une poursuite. Alors, essayons donc de résoudre les questions juridiques évoquées ci- dessous.

Les membres du gouvernement sont responsables devant le Parlement. Notre Constitution donne au Parlement le pouvoir de procéder à la destitution du Président de la République pour les crimes et délits commis dans l’ exercice de sa fonction, donc des faits incompatibles avec l’ exercice de son mandat. Cette procédure est organisée aux articles 185 et suivants de la Constitution. Ils sont pénalement ( les membres du Pouvoir Exécutif) responsables des actes accomplis dans l’ exercice de leur fonction et qualifiés crimes et délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Haute Cour de Justice (art 186)

Donc, les actes commis par un ministre dans l’ exercice de ses fonctions sont ceux qui ont un rapport direct avec la conduite des affaires de l’ État. Donc, la mise en oeuvre de la responsabilité pénale des ministres pour les faits de corruption et autres infractions relève de la Haute Cour de Justice.

En vue de restaurer, l’ égalité devant la loi et devant les tribunaux, la Constitution en son article 189- 2 organise une procédure orientée vers le droit commun mais empreinte de spécificité. La Haute Cour de Justice ne peut prononcer d’ autre peine que la destitution, la déchéance et la privation du droit d’ exercer toute fonction publique pendant un certain temps. Car, les actions en restitution ne peuvent être introduites que devant la juridiction du droit commun.

Il y a deux précieuses considérations à faire dans cette démarche :
1) la décharge ne peut être donnée que par la législature devant laquelle le gouvernement s’ était engagé. La durée d’une législature est de quatre ( 4) ans, passé ce délai, le ministre doit être dispensé des formalités de décharge prescrites à l’ article 156- 6 de la Constitution. Soulignons toutefois que le ministre peut avoir la décharge de sa gestion et être poursuivi pour corruption.

La Cour des Comptes n’ a pas de compétence légale pour enquêter sur les faits de corruption. Considérée comme une infraction pénale, cette attribution est dévolue au juge pénal selon la loi de 2014 sur la corruption et le blanchiment des avoirs.

2) Le jugement d’ un ministre est le fait de la Haute Cour de Justice. Comment donc juger un ancien ministre devant la juridiction de droit commun sans remplir les formalités prescrites à l’ article 189 de la Constitution, ou encore comment le soumettre à justice ordinaire sans un arrêt de la Haute Cour de justice?

Il se pose donc un problème fondamental qui est celui de la saisine de la justice ordinaire. Car, si pour les autres catégories de fonctionnaires, comptables et gestionnaires des deniers publics, la loi exige un arrêt de débet avant de les soumettre à la juridiction de droit commun, dans le cas d’ un ministre, il faut un arrêt ( décision) de la Haute Cour de justice. Car, les actes reprochés aux anciens ministres cités dans le rapport de la Cour des Comptes, ce sont ceux qui ont rapport avec la conduite des affaires de l’ État.

En effet, seule une Cour peut prendre un arrêt. Dans la pureté des termes, un arrêt est une décision d’ une Cour d’ Appel, de la Cour des Comptes, de la Cour Constitutionnel, de la Cour de Cassation ou de la Haute Cour de justice. ( ce peut être aussi une décision du Tribunal Électoral National)

En somme, nous sommes en face d’ une situation de faillite totale de l’ État . On découvre que les institutions qui incarnent l’ intérêt général dans leur noble mission de contrôle ont été toutes anéanties.

Dans une communauté éthique concrète, le blâme aurait été collectif, et non ciblé. Dans ce sens, on a toutes les raisons de croire que les pratiques de la mauvaise gouvernance vont demeurer longtemps encore en raison de la nature sélective de cette lutte en cours dans le pays . En effet, nous nous sommes donné des institutions de contrôle pour répondre aux exigences de la démocratie, peut-être sous la pression des autres, comme nous ne les voulons pas, nous nous arrangeons pour les rendre toutes bancales et inoperationnelles.

L’ affaire Agitrans dans laquelle est impliqué le chef de l’ État nous plonge au coeur d’ un problème politique majeur, mais aussi dans une question qui n’ est pas toujours traitée par nos Constitutions. On admet que le président peut commettre des erreurs et même des fautes dans l’ exercice de ses fonctions: dans ce cas, il est jugé par la Haute Cour de justice. Un organisme ad hoc, constitutionnellement prévu par la Constitution. Cette disposition, à la quelle je fais référence ci- dessous ne concerne pas les fautes que le chef de l’ État pourrait commettre en dehors de ses fonctions, en tant qu’ être humain ni non plus les infractions dont il aurait pu se rendre coupable avant d’ assumer sa fonction. Comme l’ a souligné la Professeure de droit constitutionnel Mirlande Manigat : ” le silence des textes peut étendre l’ immunité présidentielle, et la transformer en une garantie ante donc avant un effet rétroactif au moins pendant la durée du mandat présidentiel, et même post avec un prolongement prospectif”

Donc, il me semble que le président Jovenel Moise bénéficie d’un privilège de juridiction jusqu’à la fin de son mandat, en conformité à l’ article 186 de la Constitution qui précise que celui-ci ne peut être poursuivi que devant la Haute Cour de Justice, pour les malversations, les crimes et délits commis dans l’ exercice de sa fonction. Cet article met le président Jovenel Moise à l’ abri de toute poursuite tant qu’ il est en fonction pour les actes antérieurs à sa présidence ou extérieurs à ses activités de président. Cependant, l’ article 189- 2 de la Constitution ouvre la voie à un procès criminel, une fois terminé le mandat du président de la République, au cas où le juge pénal trouverait des indices et des charges à son encontre.

Sur le plan constitutionnel, il n’ y a pas justification pour contraindre le président Jovenel Moise à la démission.

Cette question, d’ intérêt universel, avait été soumise à l’ actualité en France. Une décision du Conseil Constitutionnel en date du 22 janvier 1999 avait estimé que le président de la République bénéficie ” d’ un privilège de juridiction jusqu’à la fin de son mandat “, en conformité avec l’ article 68 de la Constitution de 1958 qui précise que celui-ci ne peut être poursuivi que devant la Haute Cour de justice et pour les fautes commises dans l’ exercice de ses fonctions; puis un arrêt de la Cour de la Cour de Cassation Française le 10 octobre 2001, a confirmé l’ immunité pénale du Président Jacques Chirac en le mettant à l’ abri de toute poursuite tant qu’il en fonction, pour les actes antérieurs à ses activités de président ( Mirlande Manigat, traité de droit constitutionnel, 2004 ).

Le président Jovenel fait face à une situation politique très grave. doit admettre qu’il n’ y a pas de gouvernement qui puisse exister, s’ il est isolé de la nation. Il est intéressant de rappeler que nous sommes en démocratie représentative, où la légitimité du chef est la plus grande force politique. C’ est aussi le régime, où le peuple délégue ses pouvoirs à ses représentants élus mais sans jamais y renoncer. L’ aliénation d’ une partie des droits des citoyens dans le cadre de la démocratie représentative n’ est que temporaire. En clair, le peuple a cette facilité de reprendre son pouvoir, s’il n’ est pas satisfait du travail de ses élus.
C’ est dans le cadre de cette même théorie je faisais remarquer que la lutte contre la corruption ne peut être engagée que par l’ État. La corruption, tout en étant un méga crime contre la justice sociale, aucun citoyen n’ est autorisé à porter plainte ni en son nom personnel, ni au nom de l’ État. Quel est le fondement juridique de la réparation ? Comment qualifier la nature du préjudice subi? Comment restituer à un citoyen les biens de l’ État qu’auraient détournés les anciens responsables de l’ État Ce sont des questions auxquelles nous attachons une importance primordiale dans le cadre de cette analyse. En matière de corruption, le recouvrement des avoirs volés sont utilisés par l’ État pour améliorer le bien-être des citoyens. Dans ce cas, il n’est pas normal qu’un citoyen dépose en son nom personnel devant juge pénal, en tant que partie civile, dans une affaire qui concerne l’ État au premier degré. Si un citoyen peut se substituer à l’ État dans ses prérogatives de représentation dans la défense des intérêts collectifs, il peut tout aussi se substituer à son monopole de contrainte. Alors, devons – nous admettre que nous sommes donc dans une perspective anarchique qui justifierait la fin de l’État, où le citoyen reprendrait ses droits aliénés dans le cadre de la démocratie représentative. Dans ce cas là, faudrait – il donc remonter au premier contrat?

L’ anéantissement des institutions de contrôle, notamment le Parlement et son bras technique la Cour des Comptes rend difficile la tenue d’ un procès juste et équitable relatif au programme petro caribe dans le contexte actuel.

Fort de ces considérations, et dans le souci d’économiser le temps, les ressources, d’ éviter le risque d’un procès bâclé, je me demande , est – ce que cette question, ne pourrait – elle pas être abordée à partir de la théorie critique de l’ analyse économique du droit? Cette démarche ne peut nullement être considérée comme une amnistie politique comme l’ a suggéré le sénateur Cassy, ni une technique qui favoriserait l’ impunité des gouvernants, si on se réfère au rapport de Paul Denis, et le traitement qui en a été donné, sous le gouvernement de René Préval; mais une autre manière scientifique d’ aborder et de rendre la justice dans un dossier complexe et compliqué. Cette approche, à mon sens, nous permettrait de corriger les erreurs dans l’ application du droit et dans le droit, par rapport à cette situation nouvelle pour laquelle l’ appareil judiciaire haïtien n’est pas techniquement équipé, ni outillé.
Voici la perspective dans laquelle j’inscris ma démarche, à un moment, où les contraires traditionnellement opposés, s’ unissent dans la défense des intérêts politiques personnels, pas forcément égoïstes et mesquins. J’espère que la communauté juridique nationale en fera un usage public.

COVID-19

Petit billet au Dr. Jean Fils – aimé suite à la publication de son texte sur l’inaction de Dieu face au Coronavirus

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Le Pape a célébré la messe du dimanche des rameaux dans la Basilique Saint-Pierre, symbole de la chrétienté, totalement déserte. Les chrétiens ont préféré se confiner à la maison pour se protéger du coronavirus que d’aller à la messe pour entendre la parole de Dieu qui sauve et qui guérit. C’est un tournant. Qu’annonce -t-il ?

Le Docteur Jean Fils -aimé a-t-il utilisé sa capacité intellectuelle et ses dons pour déraisonner sur Dieu ou pour déconstruire une réalité qui est à l’œuvre ? Ma question est loin d’être une diatribe condescendante.

Je crois en Dieu. Je me demande si les chrétiens évangéliques et moi avons un Dieu en commun ? Mon Dieu est-il le leur ou le leur, le mien ? En tout cas, ce n’est pas cette pandémie qui provoque une détresse humaine à l’échelle planétaire, même quand elle me consume au moment où j’écris ce texte, qui me fera renier ou renégocier Dieu.

Dieu est le principe de la vie. Si Dieu est mort, comme disait Nietzsche, puisque tout subsiste en lui, il emporte aussi la vie dont il est le principe. Or, la vie existe. Il me semble qu’il y a quelques difficultés à résoudre sur le plan philosophique. Malgré mon désaccord avec le Pasteur Fils -aimé, sa démarche n’est pas inutile. Elle a une portée scientifique et philosophique certaine. Elle soulève dans le milieu religieux un débat sérieux et qui ne laisse personne indifférent. Le débat est placé sur le terrain historique, philosophique et scientifique. Il ne perdra pas de son intérêt.

En effet, le docteur a mis en doute le pouvoir du Dieu des chrétiens à intervenir dans l’histoire des hommes et sa capacité à changer le cours des événements. Face à cette pandémie, le Dieu des chrétiens évangéliques serait-il riche en bonté et faible en puissance et en action ? Où sont passés les hommes de Dieu à qui Jésus avait donné le pouvoir de chasser les démons et de guérir les malades en son nom ? Ce ne sont pas les prêtres et les pasteurs, les guérisseurs de l’ église qui sont au chevet de nos malades contaminés par le coronavirus. Ce sont bien des médecins et des infirmières qui les soignent dans des conditions extrêmement difficiles. Nos bergers sont loin de leurs brebis égarées, abandonnées, perdues dans les hôpitaux. Dans leurs espaces de confinement, j’imagine qu’ils prient pour eux, ils invoquent leur Dieu, en attendant que les scientifiques annoncent la bonne nouvelle, la parole d’espoir, l’action intelligente qui va sauver les vies. La vraie religion serait-elle la science ? Les médecins remplacent – ils les hommes de Dieu ?

Y a-t-il là quelque chose à déconstruire, à démystifier ou à dévoiler ? Ce dévoilement mettra -t-il en échec la rationalité occidentale qui a dominé le monde? Les églises ont-elles perdu leur raison d’être ?
De tous temps, il y a toujours des péchés, des injustices, des oppressions, mais aussi des humains justes et intègres. Si dans cette église, il y a des humains justes, qu’ils se manifestent, qu’ils fassent la différence ! Nous sommes à un carrefour où Dieu doit se révéler aux justes. Sinon, Dieu ne reconnaît pas cette église. Dans ce cas, le monde rentre dans une nouvelle transition au cours de laquelle émergera une autre spiritualité où les hommes établiront une nouvelle liaison historique avec Dieu.

La réponse au docteur Fils – aimé ne peut être seulement qu’une question de foi. Elle doit être aussi scientifique que philosophique. Le vœu secret de toute philosophie est de mettre fin à la philosophie. Une thèse fonctionne toujours à l’intérieur d’une thèse. On ne démolit pas une thèse ni par des injures ni par la violence des mots, mais seulement en montrant sa fonction extra théorique.

Le texte du docteur Fils -aimé est instructif et invite à la méditation. Ce texte est à lire, à analyser, à critiquer et à comprendre. Cet intellectuel de la déconstruction nous force à descendre dans les profondeurs de l’Esprit. Plus la religion atteint les profondeurs de l’Esprit, plus elle devient pure. La religion peut être stérile, comme peut l’être son Dieu. Les chrétiens nous présentent malheureusement un Dieu stérile et en difficulté devant le désarroi humain créé par cette pandémie.

Dans mon texte précédent, intitulé «Du global au local », j’ai soutenu qu’avec cette pandémie, c’est toute la pensée moderne occidentale qui s’écroule. Les critères de vérité, d’objectivité, de raison qui avaient caractérisé la pensée occidentale, de Descartes à Heidegger en passant par la post modernité, ont été ébranlés. Nous sommes bien dans une autre forme de construction. La déconstruction de la religion et celle de certaines vérités scientifiques.

L’homme a été toujours une intelligence. Et son rapport avec Dieu est unique. La vie de l’homme est exprimée dans sa religion, son but suprême. Chaque peuple exprime sa vie en fonction de sa culture, de ses réalités et de ses expériences avec son Dieu. L’expérience du peuple juif avec son Dieu est Égypte est comparable à celle du peuple haïtien avec le sien à Vertières dans sa quête de liberté.

Le Divin est dans la conscience de chacun et se révèle de manière différente dans chaque culture. Dieu devient réel lorsqu’il se manifeste en chacun de nous. Il apparaît dans la conscience et dans l’action. On n’impose pas à quelqu’un son Dieu.

Je regrette toute idée de domination et d’ imposition d’un Dieu. La religion chrétienne est le concept que l’Occident se fait de lui même, de sa liberté de sa civilisation. Il importe de savoir si l’Occident connaît réellement le Vrai. Son Dieu est peut être pas pas le nôtre. Dieu est une unité universelle et singulière. Dans sa singularité, il est présent dans l’histoire et la culture de chaque peuple. Le Docteur Fils -aimé, en s’attaquant au Dieu des chrétiens, déconstruit une réalité qui est à l’heure et proclame en même temps sa singularité en tant qu’intellectuel noir tiers-mondiste. Il réclame son unité, sa singularité dans cette universalité globalisée. Autrement dit, il réclame sa part de divinité dans cette représentation universelle capturée par l’Occident. Chaque peuple constitue une réalité de l’essence Dieu. Donc l’homme est Dieu.

Après avoir acquis la certitude que l’intelligence de l’homme vient de Dieu. Je conclus que Dieu est donc au centre de toutes choses, – sciences, art, culture etc – que nous avons péniblement conquises pendant des millénaires. C’est ignorer totalement Dieu et l’intelligence qu’il a placée en nous de croire qu’il va se substituer à l’homme pour résoudre les problèmes du monde. Il ne l’a pas fait dans le cas de la grippe espagnole, du sida, il ne le fera pas aujourd’hui dans le cas du coronavirus. La guérison viendra de l’intelligence des hommes. C’est le fruit de l’effort le plus haut qui nous permettra de résoudre les problèmes de la planète.

Dieu n’est ni faible ni méchant. Les hommes ont créé une réalité qui n’est pas proche de Dieu. C’est notre façon de comprendre Dieu qu’il nous faut reconsidérer. Nous sommes dans la caducité de l’Esprit. La caducité exprime la fin et l’évolution de l’Esprit. Cette pandémie annonce une rupture et nous met sur la voie de la renaissance spirituelle, intellectuelle et philosophique. Il nous faut une autre épistémologie, une autre conscience, une autre intelligence pour aborder cette nouvelle réalité. Dieu est. Il nous faut le rapprocher avec intelligence, science et art pour que nous puissions atteindre notre but supérieur.

Ce ne sont pas les actions de l’homme qui créent Dieu. Coronavirus ne tue pas Dieu. Toute action est la représentation de l’homme concret et réel. Dieu est dans les actions concrètes de l’homme. L’homme est Dieu.

L’homme a pris du temps pour inventer l’histoire écrite, pour construire des machines, des avions. Il a pris du temps pour vaincre certaines épidémies. Pendant tout ce temps, Dieu était là, comme il a été établi. L’histoire représente le développement de la conscience de soi et de l’intelligence, et la réalité produite par cette intelligence. N’est-ce pas le moment d’adopter une attitude qui soit conforme à la réalité de Dieu ?

Sonet Saint-Louis
Diplômé en philosophie à l’Ecole normale supérieure ( UEH)
Doctorant en droit (UQAM)
Sonet43@Hotmail.com.
Tel 37368310

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COVID-19

Covid-19: Des personnes dites en quarantaine à domicile, circulent librement.

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Depuis la révélation du premier cas de Coronavirus en Haiti, les autorités haïtiennes ont décidé de garder en quarantaine les personnes ayant été contact avec le patient testé positif.

Certaines d’entre elles sont en quarantaine institutionnelle, et d’autres restent chez eux, mais sur la surveillance des agents du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), afin d’éviter tout autre contact avec d’autres personnes non contaminées.

“À Delmas 33, une personne a été testée positive du Covid-19, de ce fait, les membres de sa famille sont mis en quarantaine à domicile”, nous raconte un agent de la MSPP, qui préfère garder l’anonymat.

” J’ai visité cette famille. C’est un peu triste à dire que le ministère n’a pas le contrôle de ses gens, car ils circulent librement”, relate t-il.

Rappelons que la transmission du CoronaVirus se fait par des postillons à travers des toux et éternuements d’une personne infectée du Covid-19. Alors cette stratégie de quarantaine domiciliée appliquée par le MSPP, est sans aucun effet pour diminuer la propagation du Virus en Haïti. Puisque les personnes circulent librement, donc, ne sont pas vraiment en quarantaine.

En effet, une personne infectée circulant dans les rues de la capitale, où les habitudes demeurent, représente un danger pour la santé des autres. La distance sociale, le confinement ainsi que les lavages des mains ne sont toujours pas bien reçu par la majorité des citoyens haïtiens.

Soulignons que la Ministre de la Santé Publique, Dr Marie Greta Roy Clément, dans une interview faisait mention de 200 lits destinés aux éventuels cas de Coronavirus, une déclaration qui a soulevé de nombreuses critiques et doutes au sein de la population.

La quarantaine domiciliée est-ce une façon de prouver que le pays n’est pas vraiment prêt à faire face à cette pandémie?

Ce qui est certain, les agents qui surveillent ces personnes suspectées ne prennent pas en compte les dégâts qu’elles peuvent causer.

De nombreuses personnes soutiennent qu’une population qui vit quotidiennement ne peut respecter le confinement sans assistance de l’État. Une marchande a même affirmé au micro d’un journaliste qu’elle préfère mourir du COVID-19 que de faim. La rue est l’endroit où nous gagnons notre vie, dit-elle.

Les autorités du Ministère de la Santé Publique et de la Population doivent prendre des dispositions strictes s’ils veulent vraiment empêcher la propagation du Coronavirus dans le pays.

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COVID-19

Quand une frange de la population jongle avec le mal

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Depuis la découverte de l’agent pathogène Covid-19, les États du monde se sont trouvés dans l’obligation de prendre des dispositions pour freiner les mouvements de population. Autrement dit, pour contrôler la circulation des individus, en les obligeant à rester à la maison, dans l’idée d’éviter la propagation du virus. Cependant, en Haïti, une importante frange de la population adopte des comportements qui tendent à défier les dispositions prises par l’État. Comme si, les mesures annoncées par le gouvernement haïtien ne les concernent pas, voire ne les intéressent pas. Pourtant, de telles dispositions rentrent dans une démarche de préservation de leur vie. De notre vie, étant conscient de la défaillance du système sanitaire. Qu’est-ce qui expliquent de tels comportements ? Est-ce une façon de banaliser les risques, les dangers que représente le corona virus ? Faisons une courte analyse de la situation.

Dans un court métrage circulant à travers les médias sociaux, une marchande dénonce les mesures de confinement préconisés par le chef de l’État/le chef de son gouvernement, peu après le recensement du premier cas de personne infectée. L’intervention de cette marchande dans le micro d’un journaliste dont on ne connait pas l’identité, prend corps dans l’incapacité même de l’appareil d’État à contrôler les corps, mais aussi, dans l’incapacité de l’État à accompagner les décisions de confinement par le biais de mesures sociales et économiques.

Face à ces manques, les gens s’hasardent à sortir pour vivoter, et se donnent une bonne raison pour ne pas respecter le confinement. Ce qui nous stimule à penser que les personnes qui se risquent, et, partent s’occuper de leur petit boulot ne sont pas dépourvues d’une forme de rationalité. Au contraire elles le sont trop. C’est ce que nous nous proposons de démontrer de manière hypothétique, c’est-à-dire, décèler le lieu à partir duquel partent ces comportements aptes à mettre en péril la vie de ces gens.

Dans un temps (T1), nous estimons que la situation de crise sociale, économique et politique que traverse le pays depuis plus de trente ans, s’accumule, se sédimente, et renforce ce contexte de panique, d’incertitude actuel. Ce qui amène les gens à adopter des comportements qu’on peut qualifier de suicidaire. Non pas parce qu’ils n’ont pas conscience des risques en adoptant de tels comportements ; mais, parce que ces personnes inscrivent la panique, l’incertitude, dans une mémoire longue en lieu et place d’une mémoire courte, contextuel et analytique. Or, la mémoire longue est dangereuse (Gilles Deleuze et Félix Guattari, 1980). Car, elle rappelle la constance des crises, elle rappelle les millions de dollars détournés dans l’administration publique, il s’agit d’une mémoire indiquant la lpersistance du mal, que ce mal est fabriqué par l’État décisionnaire non interventionniste.

Dans le court métrage précité, la marchande dit ceci : « Pito m mouri ak kowonaviris la mwen pa mouri grangou / je préfère mourir du Coronavirus que de faim ». Ces propos sont la marque fabrique d’une personne consciente des risques, mais, en même temps qui feint d’être dans le déni, dans le rejet de ces risques. Il pourrait s’agir là de l’éclatement du concept de résilience tant caressé par certains penseurs.

À un autre temps (T2) de notre analyse, nous pensons que l’absence de structures sanitaires, de manque, mais aussi de fuite de notre personnel médical, créent dans l’inconscient collectif ce souci de jongler avec le mal, de s’exposer de plus en plus aux risques, car, l’idée de prises en charge annoncée par le gouvernement nage encore dans le monde des idées de Platon. Car, le véritable mal à combattre confirme son omniprésence dans la gestion de la chose publique.

Cela dit, ces personnes qui ne respectent pas le confinement adoptent des comportements liés à l’inconscient, des comportements qui expliquent que leurs corps ne sont pas contrôler par aucune forme de gouvernementalité. Déjà, les espaces pouvant aider à refouler, individuellement ou collectivement les menaces que représente le Covid-19 sont clos (L’église, l’école, etc.). Donc, ces personnes rejettent la permanence de l’État pompier, du provisoire tel qu’il est développé par le sociologue Ely Thélot(2017), en le dissimulant par un processus langagier et comportemental. D’où les propos de certains internautes : « sanbn te fè ak lajan Petwokaribe a ».

Pour finir, il serait intéressant de rechercher la logique du non-respect du confinement dans l’inconscient collectif et individuel des individus. Car, selon Sigmund Freud, l’inconscient révèle l’existence d’un savoir existant dont on ignore son topos. C’est-à-dire son lieu d’enclenchement (Paul-Laurent Assoum, 2011).

Loobens L.Dorsainvil, finissant en Anthropo-sociologie
l.dorsainvil@gmail.com

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