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Crime

Haïti: Attentat contre le député de la 3e circonscription de Port-au-Prince, Printemps Belizaire.

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Pedrica Saint Jean, c’est le nom de la victime ayant reçu plusieurs projectiles ce samedi 6 juillet, lors d’une attaque armée, sur la route des dalles, non loin de l’Eglise Maranatha, à Martissant. Le chef de protocole de la chambre basse, Pedrica Saint Jean, se trouvait dans la voiture du député de la 3e circonscription de Port-au-Prince pendant l’attaque.

Le député Printemps Belizaire n’était pas dans la voiture au moment de l’attentat. La victime a été transportée d’urgence à l’Hôpital, avec plusieurs blessures par balles. Le député Belizaire de son coté témoigne son amertume face à un tel acte, et continue pour dénoncer le banditisme légal en Haïti. « Les bandits ont arrêté la voiture et demandé à me voir, malgré que je n’étais pas dans la voiture, ils ont quand même criblé de balles le véhicule, blessant madame Saint Jean » témoigne Printemps Belizaire.
« Il s’agit d’un guet-apens, une manœuvre d’intimidation » soutient le parlementaire qui dénonce cette attaque dite planifiée, et réitère son engagement dans la bataille contre le régime en place.

Face à cet incident, le député Printemps Belizaire affirme n’être pas en mesure d’identifier les auteurs de cet acte, et du coup invite les autorités policières et judiciaires de procéder à une enquête, afin d’identifier les auteurs et de les punir conformément selon la loi.

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Actualités

Assassinat de Me Monferrier Dorval: Oups, quel gâchis, a twitté Rénald Lubérice

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Dans la nuit du vendredi 28 août 2020, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince a été lâchement abattu par des individus non identifiés.

Un meurtre qui a soulevé l’indignation, la colère, et la tristesse de plus d’uns. Le pays perd un grand homme, dit-on.

Toutefois, si l’assassinat du bâtonnier fait pleurer de nombreuses personnes, cette situation dramatique semble ne pas ébranler le secrétaire général du conseil des ministres, Rénald Lubérice, dans le sens d’une tristesse éprouvée.

Oups! Quel gâchis ! a twitté monsieur Lubérice en rapport à l’assassinat du professeur Dorval.

Parmi les nombreuses interprétations qui pourraient y avoir sur ce tweet, une retient vraiment l’attention.

Le tweet de monsieur Lubérice laisse présager qu’il savait que le bâtonnier allait recevoir la visite de certains voyous, mais ignore en toute innocence que ces derniers allaient l’assassiner. Comme s’il s’agissait d’une maladresse. D’où l’exclamation de surprise : Oups!

Peut-être que les voyous avaient seulement la mission de faire peur au bâtonnier, pour reprendre le mot gâchis employé par Lubérice. Mais arrivés sur les lieux, les choses ont dégénéré et ont abouti au meurtre.

En tout cas, le tweet du secrétaire général du conseil des ministres ressemble à un semi-aveu indiquent des personnes. D’autres commentant le tweet du secrétaire parlent d’un aveu, et soutiennent qu’il devrait répondre les questions de la justice sur cet acte odieux. Certains qualifient Lubérice de répugnant.

Mais il n’y a pas que Rénald Lubérice au sein du pouvoir qui parodie l’assassinat du bâtonnier. L’inhumanité habite le pouvoir en place qui ne fait que banaliser la vie humaine.

Dans sa costume de ridicule, le président Jovenel MOÏSE a demandé trois jours de deuil national, et en même temps exigé que les stations de radio jouent des musiques de circonstances. Comme si cela allait résoudre le problème de l’insécurité. Au lieu de prendre des mesures pour pallier à cette insécurité généralisée, Jovenel Moïse se contente de repousser les limites de l’irresponsabilité, de l’incompétence et de l’indécence.

“Je ne m’appartiens plus. J’appartiens au pays. Je fais le sacrifice de ma vie pour servir le pays. J’aime ce pays”, dit Me Monferrier Dorval en interview avec le journaliste Robenson Geffrard sur les ondes de la radio Magik9, vendredi matin avant son assassinat. Propos rapportés par le journaliste sur son compte Twitter.

Espérant que ses sacrifices apportent ses fruits. Comme l’a si bien dit F.B “l’on ne voit pas toujours la fin du combat que l’on mène, n’empêche qu’il prendra fin”.

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Actualités

Mort d’une fillette de 14 ans au Cap-Haïtien, le silence de la société devient complice

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Mamoune Régis, fillette de 14 ans, a été assassinée par un agent de sécurité du restaurant Cap Deli, le 18 juin 2020.

À son âge, elle débrouillait pour trouver de quoi se nourrir pour ne pas mourir de faim.
“Elle tenait comme moyen de survie une corbeille de surettes. Parfois, pour mieux joindre les deux bouts, pour ne pas mourir de faim, elle s’essayait à épousseter les voitures qui sillonnent le boulevard du Cap-Haïtien, dans l’espoir de quelques gourdes”, rapporte le journal Port-au-Prince Post.

C’est en cherchant à joindre les deux bouts qu’elle a été tuée. Selon les informations, Mamoune Régis attendait devant le restaurant la gratification d’un boss après avoir essuyé sa voiture. Pendant l’attente, l’agent de sécurité (Lions Sécurité) lui hurlait dessus pour qu’elle s’en aille. Mamoune lui a demandé : ‘’pourquoi tu me gueules dessus ? Te prends-tu pour un chef ?’’ Alors, rouge de colère, l’agent de sécurité, sans hésiter, dégaine son arme et tire à bout portant. Mamoune n’en sortira pas vivant. Elle rendit l’âme ! Pour un rien …», lit-on dans les colonnes de Port-au-Prince Post.

Pour compenser la vie de cette fille qui ne valait rien aux yeux de la société, à ce qu’il paraît, les responsables du restaurant ont sorti une note de presse pour dénoncer l’action de leur agent de sécurité, tout en la qualifiant d’incident.

« La direction du restaurant Cap Deli a le vif regret d’informer qu’un incident grave s’est produit cet après-midi devant son local au cours duquel un agent de sécurité a lâchement assassiné une fillette dans des circonstances tragiques ». Après deux jours de fermeture, le restaurant reprend service comme si la vie de Mamoune Régis n’avait aucune importance. D’ailleurs, la société ne s’intéresse pas au sort de cette fillette qui, plongé dans la misère, essayait de s’en sortir dignement en faisant des boulots jugés dégradants.

Et pour se conforter, un responsable du restaurant disait que la responsabilité pénale est personnelle. Sachant que l’agent de sécurité a pris la fuite.

Malgré la photo de la fillette circulait sur les réseaux sociaux, l’indignation semble ne pas consumer les gens comme ce fut le cas pour les danseurs Nancy Droléans et Sébastien Petit. De l’indignation sélective, dit-on.

Depuis quelques semaines, l’insécurité continue de faire pleurer des familles. Pendant que des personnes se font tuées, le pouvoir en place s’attèle à publier des décrets, les uns plus bizarres que les autres. Comme si le pouvoir PHTK veut attirer l’attention du public sur d’autres choses que les véritables problèmes du pays.

À chaque assassinat, l’on a l’impression que l’indignation pourrait atteindre son apogée.

Les réseaux sociaux s’enflamment après la mort du danseur Sébastien Petit (20 ans) et de la danseuse Nancy Droléans (25 ans) en date du 23 juin 2020. Revenus d’une répétition à Petion-Ville pour le spectacle live de l’artiste Misty Jean, ces deux jeunes n’ont pu rentrer chez eux. Au contraire, ils ont été retrouvés morts calcinés à Tabarre.

Une situation qui plongerait les internautes haïtiens dans une colère. Colère ! Tout le monde semble s’indigner de voir des vies disparues aussi facilement comme si la vie humaine n’a aucun sens.

Samedi 27 juin 2020, Norvella Bellamy, 56 ans, cadre de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Daphnée Fils-Aimé, la mère de son fils de quatre ans, et un homme dont l’identité est encore inconnue ont été tués par balle, à la rue Lespinasse, Delmas 75, presqu’en face de l’hôpital Espoir

Le juge de paix Jean Flaury Raymond, citant le témoignage d’une femme de ménage, a indiqué que les victimes participaient à « une réunion politique du parti Regroupement patriotes responsables (RPR) quand une discussion a éclaté et des coups ont été tirés », a rapporté le quotidien Le Nouvelliste.

Le jeudi 25 juin 2020, un fusillade a fait six morts à Ganthier. Selon les informations, un “malade mental” au nom de Jimmy Charles s’est emparé de l’arme régulièrement enregistrée d’un commerçant avec laquelle il a tué 5 personnes au centre ville de Ganthier.

Pris en chasse, Jimmy Charles a été intercepté et lynché par des membres de la population. Dans ce fusillade, trois autres personnes ont été blessées et transportées à l’hôpital.

Bien avant, soit le 15 juin 2020, l’éducatrice Martine Lherisson ainsi que son mari ont été assassinés chez eux.

Pour déplorer ces assassinats, quelques personnes ont organisé un sit-in le 29 juin 2020 devant le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) avec des banderoles indiquant: Nou vle viv. Nou gen dwa viv. Très pacifique, ce sit-in a été balayé de très tôt par des agents de la Police Nationale qui faisait usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes.

Pourquoi la police n’empêche pas plutôt les bandits de tuer nos proches ?, disent certains pour protester contre les agissements de la PNH.

Toutefois, ces situations semblent ne pas trop ébranler la société haïtienne. Elles apparaissent comme des faits parmi tant d’autres!

Autant que la sensibilité de certaines catégories de la population s’exprime, autant que l’insensibilité du pouvoir en place s’affiche. Cette posture coïncide à la façon dont Norman Ajari (2019) définit l’insensibilité, comme étant “la capacité à infliger des souffrances à un autre humain, où à en être témoin, sans éprouver le moindre désir de la faire cesser ou de la diminuer”.

Si tant est que l’insensibilité soit comprise comme l’une des conditions de possibilité d’une production de l’indigne, il convient d’évoquer que la société haïtienne serait frappée par une négation de la dignité humaine qui consiste non seulement à couper l’individu de sa communauté et de ses appartenances, mais également à nier sa singularité et son unicité, pour paraphraser Norman Ajari.

Tellement en chute libre, le pays semble devenir un espace défriché où l’humanité n’habite presque personne. Le pouvoir vole les ressources du pays. Nous constatons. Des personnes se font tuées presque chaque jour. Nous constatons.

À chaque meurtre, assassinat, enlèvement, kidnapping, les enquêtes judiciaires se poursuivent et n’aboutissent jamais. En effet, les enquêtes sur la mort de Jean Dominique, Jacques Roches, Brignole Lindor, et plus récemment Vladjimir Legagneur sont classées sans suites, sans oublier de nombreux citoyens sans notoriété, sans voix qui ont succombé sous les balles des assassins.

La justice comme pouvoir n’arrive pas à se conduire comme tel. Elle laisse le champ libre aux groupes armés d’imposer leur propre loi à la population.

Les groupes armés ont tellement de latitudes, certains d’entre eux arrivent même à faire une coalition appelée “G9 an fanmi” pour montrer leur force par rapport à celle publique. L’insécurité est entrain de se normaliser, comme si cela n’inquiète en rien qu’une personne se fasse tuée. N’arriverait-on un jour où tuer une personne se résumerait à un simple jeu de cartes ?

Notre rapport à la mort traduit une banalisation de la vie humaine qui à son tour résulte d’une forme d’insensibilité où la vie ne vaudrait même pas la peine d’être vécue.

Au-delà de cette insensibilité se développe une indignation, très superficielle qui tenterait de prouver notre humanité devant des crimes, des injustices, en un mot devant l’indigne.

Cette indignation est tellement sectaire et sélective pour parvenir à donner le résultat qu’a donné le mouvement Petrochallenge qui fut lancé sur les réseaux sociaux avant d’atterrir dans les rues pour forcer les autorités, surtout les juges de la Cour des Comptes, à enquêter sur la dilapidation des fonds du PetroCaribe.

Au lieu d’être concrète, réelle, l’indignation est virtuelle, et elle devient virale sur les réseaux sociaux à chaque injustice, meurtre.

Sur les réseaux sociaux, la majorité des haïtiens/haïtiennes exprime leur colère, leur frustration envers les autorités étatiques par rapport à la situation du pays. Ils/elles en profitent parfois pour les injurier avec des commentaires, tweets ou autres.

Avec quelques caractères, l’on manifeste nos désarrois, nos mécontentements. L’on a le sentiment d’être sidéré face à de telles atrocités. À quel point l’est-on vraiment ?
Comme si cela suffirait à résoudre les problèmes du pays, ou plutôt à un premier niveau, à insuffler une dose de conscience à nos dirigeants malhonnêtes.

Manifester sa sidération sur les réseaux sociaux évoquerait le sentiment d’avoir fait quelque chose. Pendant que des commentaires, des publications expriment la rage, la vie de tous les jours suit son cours, dirait-on, normalement. Peu importe que l’odeur des cadavres nous parfume. Peu importe que l’on pleure nos proches disparus. Peu importe que la population s’appauvrit de jour en jour.

L’indignation est éphémère et sélective. Et l’on a vite oublié les raisons pour lesquelles l’on a été sidéré. À dieu les victimes! Tant qu’il ne s’agit pas de nos proches, pas la peine de s’en soucier.

“Dessalines avait fait la révolution, parce qu’il n’avait pas de téléviseurs pour l’amadouer, pour lui faire peur de la mort, pour lui faire croire que révolter, manifester, s’indigner pour sa dignité humaine était un acte de terrorisme”, disait sur un ton ironique un professeur à la Faculté des Sciences Humaines, en signe de critiques à la passivité de la population haïtienne par rapport au nombre de problèmes auxquels elle fait face.

Après tout, peut-être que l’inaction viserait en ce sens à se protéger. Et ce, peu importe que la tempête de l’insécurité détruit “tout” sur son passage. Il faudrait se protéger avant de s’intéresser aux autres, en oubliant que l’insécurité, les malheurs des autres nous frapperont un jour en plein visage. La question de survie plonge les haïtiens, les haïtiennes dans une posture pour le moins bizarre par rapport à l’autre. En ce sens, l’éthique de la responsabilité citoyenne se noie dans les arcanes du fleuve du Stygx.

Il est nécessaire d’évoquer encore Norman Ajari qui disait ceci: “Pour les opprimés, la dignité est un concept synonyme d’entrée dans le domaine de la politique selon leurs propres termes, qui implique un questionnement sur la vivabilité même de la vie. La dignité apparaît alors comme un effort pour vivre une vie authentiquement humaine, consubstantiel d’une revendication de l’histoire de ces efforts .” (Norman Ajari 2019).

La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des gens de bien, disait Edmund Burke.

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Actualités

Port-au-Prince : Les groupes armés terrorisent et forcent la population à se confiner

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Après la panique et la peur engendrées par la pandémie Covid-19, la population, surtout celle fréquentant et habitant le côté sud de la capitale haïtienne (Port-au-Prince) est terrorisée par les groupes armés qui l’imposent leurs propres lois.

Si les autorités étatiques n’arrivent pas à convaincre la population à rester chez elle malgré l’alerte rouge du nouveau coronavirus, les autorités déclarées du Bicentenaire, de Village de dieu, de Martissant forcent les gens à s’enfermer chez eux.

Depuis le début de cette semaine, ces groupes continuent à semer la terreur. Plusieurs journaux ont même rapporté qu’il y a beaucoup de morts dans cette guerre de gangs. Selon des riverains qui commencent déjà à fuir leur maison pour aller habiter chez des proches, les groupes armés qui s’affrontent entre eux et avec la Police ont fait, une semaine avant, cette déclaration de guerre, alors que le gouvernement ne prenait aucune disposition pour empêcher une telle situation.

Cette guerre débute d’un désaccord entre “Baz Pilat”, et les groupes armés de Village de dieu pour la gestion du territoire.

Les tirs résonnent. Le Portail de Léogâne, surtout une partie du boulevard Jean Jacques Dessalines et de la rue Oswald Durand, devient un espace abandonné. Des personnes, obligées de laisser leur maison à la recherche du pain quotidien, sortent avec la peur au ventre.

“Je ferais mieux d’aller habiter chez ma fille qui vit à Nazon, parce que la situation devient vraiment insupportable”, soutient une marchande.

“Si cela reste ainsi, je laisse la maison pour aller ailleurs” affirme un homme de la rue Fleury Bastier qui craigne ce mardi 14 avril 2020 l’arrivée des groupes armés dans sa zone. Il faisait référence à l’opération des groupes armés à la 5eme avenue ce 14 avril.

Confinement forcé. Situation désastreuse. C’est en ces thèmes qu’un chauffeur de taxi moto comprend la situation. Le taximan s’inquiète de ses journées dans ce circuit. “Déjà avec la question du coronavirus, la circulation était ralentie, avec les échanges de tirs, elle s’aggrave encore plus”, avance-t-il, indiquant qu’il ne va pas trouver de clients. Les recettes diminuent considérablement. “Pa gen lari monchè”, dit-il. Les petits commerces et le transport public ralentissent.

Pourquoi l’État ne se prononce pas sur cette situation ? Cela fait aussi partie de la protection de la vie de la population, au même titre qu’on veut le faire pour la crise sanitaire (COVID-19), se questionne un autre jeune homme.

Pour résoudre ce problème de sécurité publique, l’on doit trouver les sources de financement, les sources d’approvisionnement des bandits, pense un riverain de la ruelle Alerte.

Il faut rappeler que plusieurs institutions d’État au Bicentenaire ne fonctionnaient pas, ou fonctionnaient au ralenti, à cause des guerres de gangs, et ce, bien avant la crise de la pandémie Covid-19. Carl Murat Cantave, président de l’Assemblée nationale d’alors, avait déclaré qu’il allait louer un espace dans un hôtel à Pétion-Ville pour loger quelques bureaux, jugés importants, pour que le Sénat puisse fonctionner. Juste pour fuir les balles des bandits.

La loi des groupes armés est plus forte que celle du Parlement, pourrait-on dire. Nul n’est censé ignorer la loi des bandits. Si bien que des magistrats, avocats du Parquet de Port-au-Prince s’étaient obligés de laisser leur espace de travail sous ultimatum des bandits du Bicentenaire.

Les groupes armés avaient l’habitude de forcer les gens qui travaillent à la Primature, au Parlement, au Parquet de Port-au-Prince et aux Archives Nationales à se confiner.

Autrement dit, même les autorités de l’État fuient leur espace de travail sous pression des balles des bandits. Et qu’en est-il de ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester dans ces endroits ? Il faut mentionner la fameuse déclaration de Carl Murat Cantave, ancien président du Sénat: “habiter à La Saline est un choix”. Comme si tout le monde aurait le choix d’habiter des quartiers chics, des espaces luxueux ou des quartiers déclarés zones défavorisées.

En tout cas, si les autorités établies n’arrivaient pas à imposer le confinement, qu’il soit total ou méso, les autorités déclarées du côté sud de la capitale sembleraient rendre un grand service au gouvernement. Et la pandémie Covid-19 qui a déjà fait 3 morts pour 40 cas confirmés dans le pays, selon les chiffres officiels, semble ne pas effrayer les groupes armés qui continuent à terroriser la population.

Francisco BONHOMME et Brunel Duméus

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