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Opinion

Haïti transition: QUI REMPORTERA LA MISE ?

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Le projet accouché au forceps le week-end dernier par « l’Alternative consensuelle » est-elle conforme à la constitution ? L’opposition n’est-elle pas en train de réinventer la roue en proposant l’organisation d’une « conférence nationale » et l’élaboration d’une « réforme constitutionnelle » ? Et qui aura la plus grosse part dans cette âpre lutte pour le pouvoir ? Voici trois sujets qui méritent d’être scrupuleusement étudiés.

Depuis des mois, des manifestations de rue occupent le devant de la scène politique et le mot d’ordre est le départ du Président Jovenel Moïse avant la fin de son mandat constitutionnel de cinq ans. Sous l’obédience de la « Passerelle », l’opposition, de son côté, tente de chercher une formule consensuelle pour contraindre le locataire du palais national à abandonner le pouvoir, comme s’il y avait une vacance présidentielle, un vide de pouvoir.

L’agitation de nos « chefs de bande » défie le bon sens. Est-ce de l’ignorance ou de la haine qui anime nos hommes politiques et qui les conduit à la bêtise répétitive ?

Un secteur de l’opposition propose de se tourner vers la Cour de Cassation pour remplacer l’actuel Président encore en fonction. Cette solution préconisée aura des conséquences tant sur le plan juridique que politique. Toute action politique doit avoir une cohésion ou une logique interne. On ne renverse pas un Président par consensus : on l’évacue soit par le vote des citoyens, soit par la force. Quels moyens forts dont dispose l’opposition pour évincer le chef de l’État ? À quel exercice se livre l’opposition : est-il de nature démocratique ou révolutionnaire ?

En droit constitutionnel, et surtout dans un État de droit constitutionnel démocratique, les détenteurs du pouvoir décident par délégation du peuple. Une fraction du peuple ne peut pas se poser comme peuple en extorquant la souveraineté nationale. Nous appartenons à une république dont la forme repose sur l’égalité des droits civils et politiques pour tous. Si nous avons les mêmes droits, il me semble que nous n’ayons pas les mêmes chances d’en faire usage. Il ne faut pas qu’au sein de cette table de concertation, l’égalité des droits se réduise au droit de quelques-uns.

Somme toute, le pouvoir du citoyen ou la souveraineté du peuple s’épuise dans le choix démocratique de ses représentants. (Articles 58 et 59 de la Constitution). C’est à la Constitution qu’il revient de donner un cadre juste du pouvoir. La solution à laquelle nous recourons nous ouvre une voie sans retour.

Deux points de trop

Au niveau des élites politiques et économiques, sans que l’on puisse parler d’échec, l’unité nationale autour d’un projet commun n’est pas aussi facile à réaliser comme certains le croient. Deux grands points du programme de la transition – la conférence nationale et la réforme constitutionnelle – mériteraient d’être analysés.

L’idée de la réalisation d’une conférence nationale pour refonder la nation n’est pas l’approche à privilégier. Une conférence nationale nous projette un futur imprécis, chargé de virtualités douteuses quant à l’avenir des recommandations qui y seront adoptées. Elle est une illusion du passé qui n’habite que les esprits en retard. Notre monde globalisé vit au rythme de la démocratie, du multilatéralisme et du libéralisme triomphant. Notre monde, on le répète, est celui de la démocratie, de l’État de droit, de la bonne gouvernance et des droits de l’homme. Ces concepts forment aujourd’hui ce que nous appelons l’idéologie dominante. La société haïtienne, comme toute société humaine aspirant à la modernité, ne peut fonctionner en dehors de cette réalité globale.

Le projet de conférence nationale souveraine apparaît comme une réponse facile d’élites en panne d’inspiration face à des problèmes complexes. La mondialisation nous place devant des choix difficiles. Il se révèle donc impossible de gouverner aujourd’hui sans recourir au savoir, à la technologie et au savoir-faire, conditions indispensables à la transformation du monde.

Le savoir est d’abord culturel. Il proclame la post – modernité, en réaction à la pensée moderne occidentale ayant dominé le monde pendant des siècles. Aujourd’hui la question qui est posée aux intellectuels haïtiens est la suivante : en quoi la dimension culturelle du savoir nous permettrait -elle de construire un savoir et un savoir-faire haïtiens déliés de toute domination pour répondre aux besoins du développement d’ Haïti, tout en assumant notre appartenance au monde globalisé ?

En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, est-elle la réforme de l’État ? Parler de réforme constitutionnelle revient d’abord à se demander quelle est la meilleure constitution pour Haïti, c’est-à-dire par quelle disposition, quelle organisation, quelle structure du pouvoir d’État, les buts de l’État peuvent être le plus sûrement atteints ?

Je l’ai souligné à maintes fois que le pays n’a pas un problème de lois et de constitution. Celles qui se révèlent les meilleures dans notre arsenal juridique et constitutionnel n’ont jamais été appliquées dans le sens du renforcement de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance. L’application de la Constitution ne dépend pas seulement de sa valeur juridique, politique et idéologique, donc de sa valeur intrinsèque, mais de la volonté des gouvernants et des gouvernés de la respecter. L’obéissance à la loi est d’abord une question d’éducation. Pour appliquer la loi, il faut apprendre à vouloir la loi et à l’aimer.

L’homme n’est ce qu’il doit être que par l’éducation, par l’entraînement. L’animal termine bien vite sa formation. L’homme ne bénéficie pas ce bienfait de la nature. Il faut mettre les élites haïtiennes à l’école de la démocratie et à l’école tout court.

La dyarchie installée au sein du Pouvoir exécutif n’a pas diminué l’institution présidentielle. Au contraire, la Constitution de 1987 accorde de réels pouvoirs au Président de la République. L’article 136 de la Constitution, qui est une sorte de dérogation au principe de la séparation des pouvoirs, hisse le Chef de l’État au rang d’arbitre neutre des conflits et des contradictions pouvant surgir dans le fonctionnement régulier des pouvoirs de l’État. Le Président de la République, l’élu du peuple, a de réels pouvoirs, ce qui est important, c’est de savoir « comment les exercer », comme disait feu Leslie Manigat.

En dernière analyse, on peut dire que la Constitution de 1987 accouche un régime politique dans lequel les pouvoirs doivent faire preuve de modération et acceptent l’existence des contre-pouvoirs. La dictature ne peut venir que de l’exécutif. C’est pourquoi les peuples ont mis plusieurs siècles à réduire l’arbitraire du détenteur de ce pouvoir par la construction de l’État de droit. La Constitution de 1987 était venue résoudre un problème : la crainte d’un retour de l’autoritarisme présidentiel.

Le déséquilibre créé au profit du pouvoir législatif est la preuve de la rationalité du régime politique haïtien. Il n’y a pas de loi sans raison. Il y a toujours une raison à la loi. On n’élabore pas une Constitution dans un vide factuel. Toute loi vient pour résoudre un problème. La raison de la Constitution de 1987 est historique et politique. Sur ce point, elle a accompli son travail historique. La méconnaissance de l’histoire est un obstacle à la connaissance du droit et à la connaissance tout court.

En opposition à ces idées un peu boiteuses, ma compréhension du problème est que les élites haïtiennes entretiennent un rapport difficile au droit et à la loi. De ce fait, elles se révèlent incapables d’évoluer dans une société haïtienne moderne dominée par les principes de l’État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie. En ce sens, ne faut-il pas regarder du côté des générations plus jeunes, des citoyens plus responsables, modernes, mieux formés et informés ? Pour ces jeunes, férus d’Internet et de technologies modernes, la fin du système n’est-elle pas la fin de la domination de la classe dirigeante, opposition et pouvoir confondus ? Qui sont les partants et quels sont les nouveaux arrivants ?

Il ne fait l’ombre de doute que la population donne une certaine forme de soutien à l’opposition mais rejette du même coup ses méthodes violentes. Quelle issue reste-t-il au peuple ? Dispose-t-il d’une réelle avant-garde? Les contradictions sont multiples. L’absence d’une voix forte, rassurante et légitime est fortement regrettable, pour ne pas dire inquiétante. Nous sommes devant la complexité des problèmes posés par un possible départ du Président Jovenel Moise et son remplacement par un juge à la Cour de Cassation. L’entente apparaît difficile parce que la cupidité des uns et des autres au sein de cette opposition les empêche de trouver la formule consensuelle pour arriver à ce partage de pouvoir hors de l’onction populaire.

Le partage du gâteau


Qui aura la plus grande portion du gâteau ? Assurément « L’Alternative consensuelle ». Cette entité fractionnelle de l’opposition réclame la plus grande part du pouvoir parce qu’elle estime que son niveau d’engagement sur le terrain est plus fort que les autres. Elle fait valoir à ses concurrents qu’elle compte beaucoup de victimes dans ce combat engagé contre le pouvoir en place il y a plus d’une année. Par son rôle d’avant-gardiste, l’Alternative se considère comme la plus grande force politique actuelle. En conséquence, elle ne saurait se mesurer à l’aune des autres, ni avoir le même niveau de responsabilité dans la nouvelle gouvernance publique qui sera instaurée à la tête du pays après le départ du Président Jovenel Moïse. Prenant le contre pied de de la déclaration de l’aile dure de l’opposition, Madame Edmonde Supplice Beauzile a rétorqué si le nombre de morts était devenu un indicateur de pouvoir, d’engagement ou de manifestation de puissance ?

Quoiqu’il en soit, un problème subsiste de part et d’autre. Mais la question est celle-ci : que faudrait-il pour avoir le pouvoir, la force politique et la légitimité pour négocier une part importante du pouvoir ? La déclaration de l’Alternative consensuelle est un message codé dans la langue des prix. Le mort est le prix de la légitimité sur le marché politique. Ce marché qui, pour l’heure, prend le pas sur la vie. Qu’auront donc ces morts déclarés après leur mort organisée dans cette bataille politique ? Avaient-ils été tout simplement liquidés sur l’autel des prix du marché libre de la politique concurrentielle des autres ?

La Cheffe de la Fusion des sociaux-démocrates devrait-elle reconsidérer ses méthodes de combat pour mobiliser les sentiments et les engagements pour avoir plus d’efficacité dans la bataille politique ou se tenir à sa force de conviction ? Une politique contre la vie et l’intérêt humain est-ce vraiment ce qu’il nous faut ? La politique en Haïti chez nous se limite-t-elle seulement à garantir un environnement social et économique à haut risque ? En politique, il y a toujours des intérêts personnels mais il ne faut que ceux-ci deviennent égoïstes et mesquins, a-t-elle insisté.

L’espoir s’effrite avec la politique de la corde raide. Dans le secteur de l’opposition, les violons ne s’accordent pas. Ces tiraillements internes ne servent-ils pas le pouvoir qui ne peut que les entretenir à son profit ? Chacun se croit le seul détenteur de la vérité qu’il cherche à monopoliser à son seul et unique profit. Voilà pourquoi rien ne garantit que la proposition commune que « l’opposition plurielle » vient d’accoucher, tiendra la route. Il me semble que chacun se replie dans son état chronique d’hyper-conscience de son moi et dans une subjectivité ne jouissant plus que d’elle-même. Tout se passe comme si nous serions entrés dans une nouvelle barbarie de la réflexion politique ?

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Économie

ANSE-ROUGE, ENTRE PÉNURIE ET ABONDANCE

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Anse-Rouge, située à environ 50 kilomètres des Gonaïves, est l’une des communes de l’arrondissement de Gros-Morne, au niveau du département de l’Artibonite.  Elle se divise en deux grandes sections communales: Une partie de la Plaine- de-l’Arbre, la première; Sources-Chaudes, la seconde.  Celles-ci comportent, à elles seules, 75 localités.  Il y existe plusieurs petites étendues de terre fertiles et cultivables dont la somme des superficies est évaluée à plus de 3500 hectares. 

Productions et potentialités d’Anse-Rouge

En fait, on y cultive plusieurs denrées: petit-mil, maïs, échalotte, poireau, légumes…  C’est une agriculture de subsistance.  Alors, houes, machettes, piques sont les principaux outils rudimentaires utilisés.  Quant à l’arrosage des jardins de la première section communale, les cultivateurs.rices ne comptent que sur les eaux tombées des cieux,  les eaux de la pluie; mis (es) à part celles et ceux des localités telles La-Tête-Bête et Oranger où il y a des sources à très faibles débits.  Voilà qui fait constater des sols qui ne sont pas mis en valeur.  Pour ce qui est de la deuxième section communale, les sources de Petite-Place arrosent les jardins de celle-ci, de Gros-Gaïac, de Petite-Saline et de Bonal.  Puis, un système de pompage à énergie solaire, se trouvant à Hatte-Petit Louis, procure une certaine quantité d’eau aux jardins de Bois-Blanc; un autre système de pompage du même genre, à Carenage, arrose les terres se situant entre celui-ci et Pointe-des-Mangles.

Par ailleurs, la production de sel et la pêche sont pratiquées au  centre même de la commune d’Anse-Rouge, et puis dans des localités comme Coridon, Pointe-des-Mangles et L’Étang.  Cependant, malgré l’existence de cette quantité de terre, l’extraction de sel à partir de plus de 1 000 marais salants et les pratiques  de la petite pêche, la faim est encore le lot, le leitmotiv du plus grand nombre des gens.  Celle-ci se rue sur eux!  Celle-ci les malmène jusqu’à  leurs dignités.  Quel paradoxe! Quelle aberration! Quelle ineptie!  Pour s’en rendre compte, il suffit de séjourner pendant une semaine à Anse-Rouge, à l’une de ses localités.  Alors, quelles explications exhaustives à cela ?  Quelles sont les causes de cette pénurie alimentaire là où l’abondance est susceptible de surgir ?

Enchantement et désarroi

Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous a-t-il déclaré.

Pour Paul Nérémy CHÉRY, enseignant au niveau fondamental, vétérinaire et cultivateur, le manque d’eau pour l’arrosage des champs pourrait tout expliquer.  “Il faut d’autres systèmes de pompage, il n’en existe que deux.  D’ailleurs, ils ne fonctionnent pas à longueur de journée, c’est-à-dire 24 heures sur 24.  Si les autorités de l’État s’évertuaient à doter Anse-Rouge de moyens pouvant favoriser l’arrosage effectif de nos jardins, les gens mangeraient à leurs faims tout en trouvant l’excédent pour vendre ailleurs”.  Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous-a-t-il déclaré.  En outre, il a dit pouvoir en récolter plus s’il y avait plus d’eau pour mouiller à temps les jardins.

L’alternative…

D’après de telles affirmations et notre observation, il nous est donné à comprendre que plusieurs facteurs sont explicatifs de cette situation: le manque d’eau, l’absence de matériels agricoles modernes, l’absence de lois pouvant encourager l’investissement dans ce domaine…  Alors, il faut des politiques publiques visant le développement du secteur agricole.  Celles-ci auraient comme points saillants: 1- Le renforcement et l’augmentation des systèmes de pompage pour remédier au manque d’eau; 2-L’ irrigation de grands canaux pour une grande distribution des eaux; 3- Le reboisement, après étude, de certains espaces clés pour alimenter la nappe d’eau souterraine; 4- La distribution organisée et contrôlée de grands matériels agricoles aux associations de planteurs pour des besognes en un temps record; 5- Des lois sur la question foncière pour éviter, prévenir tout conflit susceptible d’être préjudiciable à une bonne exploitation de ces terres; 6- Des lois sur les risques liés à l’investissement dans le secteur pour encourager les filles et fils d’Anse-Rouge vivant tant en Haïti qu’à l’étranger à y investir leurs moyens pécuniaires; 7- La modernisation de la question des marais salants et de la pêche; 8- Des mécanismes pour inciter les ONGs se disant oeuvrer contre l’insécurité alimentaire à y conformer leurs projets; 9- L’ asphaltage de la tronçon de route Gonaïves-Anse-Rouge.

En effet, l’exploitation efficiente, à bon escient de ces sols excessivement fertiles, de ces nombreux salins et de la pêche permettrait aux Anse-Rougiens.ennes non seulement de se rassasier, mais aussi de se faire une bonne santé économique.  Outre cela, l’assiette fiscale de l’État haïtien serait magnifiée.  Oui, Anse-Rouge, avec ses 434, 4 Km2 et sa population de 43 945 habitants (depuis 2015), renferme suffisamment de terre pour nourrir ses progénitures, pour exporter vers d’autres régions du pays, voire du monde.  En d’autres mots, disons-le sans borborygmes, répétons-le  clairement: À côté des communes du Bas-Artibonite qui pourraient produire du riz jusqu’à pouvoir en exporter pour la bonne santé de notre économie, il y en a d’autres qui, comme Anse-Rouge, au niveau du Haut-Artibonite, pourraient fournir du maïs et du petit-mil enclins à l’exportation pour notre économie également.  Ce n’est pas du fantasme, ni du dithyrambe!  Oui, cela est possible lorsqu’on tient compte du fait que deux marmites de maïs ou de petit-mil sont plantées sur moins d’un hectare de terre.  Oui, cela est possible parce qu’il faut 3 mois pour récolter du maïs et du petit-mil.  Voilà qui permettrait 3 récoltes au moins par an.

État et bourgeoisie : un mariage qui tue la paysannerie  

À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

Il importe de mentionner que le développement d’un secteur d’activité requiert un plan global, un plan prenant en compte ses hauts et ses bas; bref, un plan qui en tient compte dans toute son acuité. Cela étant, il est compris que les politiques publiques sur  le secteur en question viseraient le plein essor de celui-ci pour le pays dans son entier, lesquelles politiques publiques tiendraient compte d’Anse-Rouge.  Malheureusement, les autorités de l’État ne songent pas à cela, à des affaires aussi importantes pour nous autres haïtiens.ennes.  Bien au contraire, dans leur connivence avec la “bourgeoisie”, elles mettent en application des décrets portant la création des zones franches dans les régions les plus productives.  Le dernier en date est celui concernant la localité de Savane Diane, non loin de Saint-Michel de l’Attalaye, dans l’Artibonite.  Donc, il paraît clair qu’il s’agit d’un État conçu, façonné pour servir les plus nantis, pour les enrichir davantage.  Il n’ y a aucun projet de développement réel, donc, aucun projet d’aide réel aux paysans.annes pour les sortir du bourbier, des gouffres du sous-développement éhonté.  Que faire alors? À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

En définitive, nous vous préconisons illico, vous qui avez en tête de vous candidater soit à la députation, soit au sénat de la République, l’élaboration des projets de lois, des projets de développement du secteur de l’agriculture pour le pays à part entière.  Nous autres, au niveau de la société civile, nous allons exercer pas mal de pressions, dès votre arrivée au parlement, pour  l’obtention de votes favorables à la transformation de ces derniers en lois, à leurs mises en application.  Ainsi la vocation agricole d’Haïti, dont on parle souvent, se concrétisera-t-elle pour notre bien-être.

Francky BRUTUS (Roberto)

Étudiant mémorand en sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (UEH)

Membre de l’Organisation des Jeunes Progressistes d’Anse-Rouge(OJPA)

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Opinion

Construction d’un mur sur la frontière haïtiano-dominicaine, Michelet Nestor écrit au président dominicain

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Une île, deux pays et un mur

Nous avons été malheureusement surpris lorsque le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a annoncé la construction d’un mur de plus de 300 kilomètres pour diviser artificiellement deux pays qui partagent la même île et des siècles d’histoire. Ces dernières années, un sentiment xénophobe et raciste s’est développé dans ce pays frère; sentiment qui met à rude épreuve les relations bilatérales et empêche une réflexion commune sur des stratégies pour résoudre les problèmes que nous partageons, tels la migration illégale, la déforestation, la contrebande, et tant d’autres.

Étonnamment, le président Abinader annonce que le financement de la construction de cette muraille sera entièrement assuré par  son pays. Une construction qui alourdirait le fardeau fiscal des citoyens dominicains, tout en laissant de côté les véritables problèmes qui les rongent.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la xénophobie et le racisme ont fait des migrants haïtiens le bouc émissaire de tous les problèmes dont souffre la République voisine. Nos frères et sœurs sont blâmés pour la criminalité élevée, le trafic de drogue, la contrebande, la migration illégale, les vols, etc. S’il est vrai qu’il peut y avoir des Haïtiens qui causent des problèmes dans le pays voisin, il est également vrai qu’ils sont une minorité et que, bien sûr, les dominicains participent également à commettre des meurtres, des vols et d’autres actes criminels.

L’idée de construire un mur ne peut être vue comme autre chose qu’une offre politique fantaisiste du gouvernement de cette nation sœur, tout en mettant en question les capacités exécutives de cette administration concernant un tel projet. 60% de la population de la République dominicaine vivent dans la pauvreté, et en faisant mention de l’état désirable de différents services publics pour hisser la République Dominicaine au rang des pays développés. Le président Abinader a des obligations plus immédiates et plus pressantes envers son peuple.

Concernant les relations avec Haïti, nous voulons faire une série de propositions qui, nous en sommes convaincus, profiteront aux peuples des deux nations.

Une façon de régulariser le problème des frontières est de procéder à la signature d’un accord de libre-échange entre les deux pays. Il ne faut pas oublier qu’après les États-Unis, Haïti est le deuxième partenaire commercial de la République Dominicaine et vice versa. Il existe une base de départ pour développer davantage cette relation commerciale qui favorise grandement le peuple voisin.

En outre, la mise en place d’une identification aux frontières pour les citoyens des deux pays favoriserait un transit gratuit qui, sans aucun doute, serait d’un immense avantage pour l’île. En outre, cela contribuerait à un rapprochement des deux cultures, à surmonter les problèmes séculaires et à accroître la confiance entre les deux peuples.

Déjà lors du tremblement de terre de 2010, la République Dominicaine a montré sa solidarité envers Haïti en envoyant toutes sortes d’aide pour aider à atténuer la crise. En outre, il a servi de centre d’opérations pour les groupes de secours qui sont arrivés de différentes parties du monde.

Partager le même espace géographique engage les deux pays à rechercher des actions communes pour maintenir un environnement menacé par la déforestation et le réchauffement climatique. Des politiques communes visant à résoudre ces problèmes environnementaux permettraient de retrouver un développement durable dans toute l’île et que l’action d’un pays cesse d’être une menace pour l’autre.

Depuis cette plateforme, j’appelle le Président dominicain à œuvrer ensemble avec les autorités haïtiennes pour des solutions communes à des problèmes communs. Ce n’est pas par des actions unilatérales, voire irréalisables, que des progrès peuvent être émergés, mais plutôt à partir de la construction d’un modus vivendi propice au développement conjoint de nos sociétés. La régularisation des échanges commerciaux entre les deux pays peut aider à mettre de l’ordre et ainsi éviter que notre frontière soit perméable aux groupes criminels des deux pays.

Le développement de nos villes frontalières contribuera à former des pôles de développement dans lesquels nous pourrons construire en synergie des projets collaboratifs qui font converger le meilleur des deux sociétés, nous aidant du coup à lutter contre la pauvreté et à doter nos peuples des infrastructures nécessaires pour une meilleure qualité de vie.

Monsieur le Président, un mur ne construira pas deux îles. Les murs appartiennent au passé. Ce qui fait bouger le monde en ces temps de mondialisation, c’est la coopération et non l’isolationnisme. Un mur nécessite de nombreuses ressources pour sa construction; ressources qui pourraient être très utiles à des besoins plus pressants et vitaux. En outre, le mur nécessitera, pour être efficace, une surveillance permanente de la part des forces armées qui ont des choses plus importantes à faire en matière de défense que l’entretien d’un mur.

Une fois de plus, Monsieur le Président, le rêve du XXIe siècle pour notre île est une communauté de deux nations dont les sociétés grandissent et se développent dans cet espace géographique partagé que nous sommes obligés de protéger et de promouvoir. Agissons en tant que leaders de ce siècle qui exige de l’être humain une meilleure compréhension de son environnement et un plus grand engagement en faveur du développement harmonieux et soutenu de la société dans un processus durable.

Michelet Nestor

Leader du Mouvman Rèv Ayisyen

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Actualités

La marche vers le 7 février 2021 fait ressortir davantage les ressemblances entre le pouvoir et l’opposition

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Depuis que la question du mandat du président fait débat, la Constitution, surtout les articles tablant sur les mandats des élus, est utilisée à tort et à travers. Le pouvoir à tout prix donne lieu à des interprétations les unes plus bizarres que les autres. Dépendamment du clan en question, la Constitution a un sens différent. Et les articles disent parfois des choses complètent différentes de ce que le législateur dit.

Peut-être qu’il s’agit de l’herméneutique du droit. Mais une question se pose : est-ce que l’interprétation permet de tout supposer et de tout dire ? La Constitution ne devrait-elle pas être le pacte juridique sur lequel nous tablons tous pour aborder la réalité sociale, politique et administrative ?

Derrière ce Cheval de Troie juridique cache la démagogie des clans qui s’investissent dans le pouvoir à tout prix en oubliant le fondement même de l’intérêt général et les principes réagissant le fonctionnement de la société. Chacun son argument. Mais au lieu de faire progresser le débat politique, cela plonge le public dans une confusion. L’idée est de renforcer les points d’ombres au lieu de les éclairer.

Le pouvoir en place utilise un article. L’opposition utilise un autre. Tout en oubliant que la Constitution est un tout et que chaque article constitue un élément qui prend sens à l’intérieur de l’ensemble.  

Pour se camoufler, le président de la République eut à dire que : c’est un élu qui doit être remplacé un élu ; alors qu’il a procédé à la nomination des agents intérimaires à la tête des mairies en remplaçant des élus locaux. Pendant qu’il lui revient la charge d’organiser les élections. Le président Jovenel Moise en s’attachant à son mandat qu’il n’arrête de clamer sa fin en 2022 s’était empressé, lundi 13 janvier 2020 à minuit deux, de déclarer la caducité du parlement.

L’opposition, quant à elle, soutient et maintient en vertu de l’article 134-2 que le mandat du président Jovenel Moise prendra fin 7 février 2021. Alors que la nécessité n’a jamais été ressentie du côté de l’Assemblée nationale de convoquer le président élu de venir prêter et qu’il n’a pas besoin d’attendre le 7 février 2017. Même l’équipe du président n’a pas pris la peine de lui lire la Constitution sur laquelle il a prêté serment en jurant de la respecter et de la faire respecter. On dirait que le président a prêté serment sans vraiment lire la Constitution.  

Chaque groupe fait appel à la constitution quand la situation lui est favorable. L’enjeu est que l’opposition et le pouvoir en place partagent les mêmes fondements de la politique. Ce sont deux cabris made in tomazo. Même s’ils empruntent des chemins différents, ils aboutissent au même primat politique : celui de bénéficier de l’ingérence de la communauté internationale au profits de leurs propres intérêts en occultant la question de l’intérêt collectif.

Les acteurs politiques ne sont aucunement légalistes. Chaque groupe s’assure que la démagogie se fait en ses propres intérêts. D’ailleurs, l’opposition qui n’a cessé de critiquer l’Organisation des États Américains (OEA) pour son support au pouvoir PHTK, cherche désespérément l’accord de cet organisme pour l’aider à préparer une transition pour assurer l’après-Jovenel.

Dans une correspondance samedi 2 janvier 2021 adressée au secrétaire général de l’OEA, Louis Almagro, les organisations politiques membres de la Direction politique de l’opposition avaient demandé au secrétaire de supporter la logique d’une transition le 7 février 2021. « Les partis et regroupements politiques sont en train de préparer l’après-Jovenel : la marche inévitable vers la transition. Ils dénoncent de toutes leurs forces le mépris envers le peuple ayitien. Le 7 février 2021 sonnera le glas de ce régime tyrannique, sanguinaire. À partir de cette date, débutera en Ayiti une ère nouvelle. Au nom des principes démocratiques, l’OEA se doit d’apporter sa contribution sans faille », lit-on dans la correspondance de l’opposition.

Depuis quand l’OEA s’investit dans la démocratisation des petits pays – pays périphériques dépendants – où l’organisation matérialise son hégémonie ? De quels principes démocratiques s’agit-il ? En quoi les organisations internationales travaillent-elles au profit des principes dits démocratiques ?  

Fidèle à un pouvoir qui l’a soutenir dans le raz-de-marée américain contre le Venezuela de Nicolas Maduro, Louis Almagro a rejeté la demande de l’opposition. Le secrétaire réaffirmait son soutien à l’organisation des élections pour renouveler le personnel politique ; signe de la revitalisation de la démocratie en Ayiti. À rappeler que c’est l’OEA qui a donné naissance au pouvoir PHTK en 2011.

Pourquoi solliciter l’aide de l’OEA pendant que l’on critique l’ingérence de cette institution dans les affaires internes du pays ? N’est-ce pas là de l’incongruence, de l’indécence et de l’inconséquence ? L’appel à l’OEA ne traduit-il pas une légitimation de l’ingérence ?

Les acteurs politiques ayitiens veulent avoir leur blanc pour les aider à réaliser leur plan machiavélique. Il n’y a aucun problème avec l’ingérence, mais plutôt avec la position de l’étranger (du blanc) en ce qu’elle est en faveur d’un clan. L’idée est de pactiser avec le diable pour notre bien-être, et ce, advienne que pourra.

Pendant que l’opposition tâtonne et réclame la transition, le pouvoir en place fonce vers les élections.  

Ce jeudi 7 janvier 2021, le Conseil électoral provisoire du président Jovenel Moise vient d’annoncer son calendrier pour la réalisation des élections locales, législatives et présidentielles. Selon le calendrier du Cep contesté, d’ailleurs il faut souligner que tous les CEPs depuis 1988 ont toujours été contestés, les élections devraient avoir lieu le 19 septembre 2021 pour le premier tour, le 21 novembre pour le deuxième tour. Les résultats définitifs devraient être publiés le 22 janvier 2022.  

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