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Haïti vit sous quel régime politique ?

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À la suite des commentaires du Premier ministre Joseph Jouthe recueillis à son insu et rendus publics relatifs au budget de l’État, un étudiant en sciences juridiques m’a écrit pour me demander si l’actuel Chef du gouvernement était un imbécile heureux, un radoteur ou bien était-il ce jour-là sous l’effet de l’alcool ?

Par un grossier glissement, il a dit que l’État d’Haïti n’existe pas. Si l’État n’existe pas comme bien commun, il l’est pour le Premier ministre, c’est sa propriété. Cette déclaration horrifiante a choqué beaucoup d’Haïtiens. Un Chef de gouvernement ne peut pas tout dire. Au nom de la raison d’État, il y a une barrière à ne pas franchir, une sorte d’interdit moral, bref à ce poste, il faut cultiver une attitude de réserve.

Outre les réactions de protestations collectives, les Haïtiens doivent vivre notre situation présente comme un moment d’échec de la nation. L’échec de la vie qui se manifeste dans cette réalité, où nous constatons la mort partout. La mort physique des hommes et des femmes, la mort de l’Esprit, la mort des consciences, la mort du civisme.

Face à ce sentiment de la mort, le pays a besoin d’une rédemption, d’une renaissance politique intellectuelle et morale. Pour cela, il doit se débarrasser de toutes les scories qui font obstacle à notre rêve de changement et de bien-être. En d’autres termes, nous devons mettre fin à la vertu négative (Schopenhauer) pour enfin librement agresser celui ou ceux que nous percevons comme dangereux pour l’État (Jürgen Habermas).

La déclaration de M. Joseph Jouthe n’est pas innocente. Elle nous dit que l’État que dirige le Président de la République dont il est le garant de la bonne marche n’existe pas. Quel désaveu public ! Il met donc Jovenel Moïse dans la peau d’une personne qui a failli pour n’avoir pas accompli ses responsabilités de Chef de l’État aux termes de l’article 136 de la Constitution.

Le Premier Ministre avait raté une occasion de se taire. Mais n’ayant aucune conscience de l’État, il avait cédé à la pression de pulsions divagantes. Malheureusement, dans cet État failli, il n’y a pas d’institutions fortes pour freiner ses dépositions déficientes et instinctives. Comme l’État que dirige le Président Moïse, il se trouve dans un état chronique d’hyper conscience de son moi.

La Constitution de 1987 était venue pour réguler et stabiliser ces comportements puissants. Trente quatre années après, nous constatons que la société haïtienne n’a pas su mobiliser des sentiments démocratiques et les institutions les unes après les autres s’effondrent. En effet, l’activité représentative est l’origine sacrale de l’autorité. S’il n’y a pas de mandat, il n’y a pas d’autorité. Le Premier ministre Joseph Jouthe n’a pas d’autorité parce qu’il n’a pas de mandat du Parlement pour exécuter l’action de son gouvernement. De ce fait, il n’a pas d’obligation envers le peuple. L’autorité est liée à l’obligation.

Le contrôle du budget est assuré par le Parlement
Quelle est la source constitutionnelle du gouvernement du Premier ministre Joseph Jouthe ? Peut-on avoir un budget sans des engagements, autrement comment s’assurer de la juridicité du budget de l’État ? Le budget n’est pas un document isolé. L’élaboration du budget fait suite à la déclaration de politique générale du gouvernement dans laquelle le Premier ministre définit l’action gouvernementale sous forme d’engagements politiques, sociaux et économiques. Ces engagements constituent le mandat du gouvernement. La réalisation de ce mandat sans faute est la conduite de l’obtention de la décharge administrative. Le gouvernement de Joseph n’a eu pas de mandat du Parlement, il n’y aura de décharge de sa gestion. Car, l’article 233 établit clairement que c’est la commission bicamérale qui accorde décharge aux membres du gouvernement.

Donc, le budget est au cœur de la juridicité des finances publiques. Le budget est une loi dans laquelle est concrétisée la vision du gouvernement dans la mise en œuvre d’un programme d’action publique. Le budget a un rôle politique social et économique. Ce n’est pas seulement une compilation des chiffres mais un document chiffré destiné à la mise en œuvre des politiques publiques. Le budget n’a de valeur que si la juridicité de la normativité budgétaire est établie par le Parlement. Il faut la juridicité des engagements économiques sociaux et politiques. La juridicité en droit est un fait d’être juridique (Kant, La doctrine du droit).

C’est le législateur qui pose le cadre juridique de la gestion des ressources de l’État. Le fait que le budget n’ait pas été voté par le Parlement, cela constitue une entrave juridique à l’action gouvernementale. Le vote du budget dans la forme prévue par la Constitution est une exigence fondamentale dont l’Exécutif doit s’accommoder. Elle est la règle suprême de son action. Le fait qu’elle soit adoptée par décret, cette loi de finances est dépourvue de juridicité. Entre la préparation, du moins, l’initiative du budget par l’Exécutif et son vote par le parlement, il y a une relation. Cette liaison est constitutionnelle et juridique et s’inscrit dans le balancier entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir législatif. Pour être valable, le budget de l’État doit être soumis à la compétence législative. Car, il appartient au Parlement de régler les comptes dans la loi de règlement après l’exécution du budget par le gouvernement. Donc, suivant la logique constitutionnelle, s’ il n’y a pas de Parlement, il ne peut pas y avoir de gouvernement, encore moins de budget. L’anéantissement de l’institution de contrôle entraîne automatiquement l’inexistence de l’action gouvernementale. Le gouvernement de Joseph Joute évolue dans un “état de corruption”. Un système sans contrôle est un système de corruption.

La corruption est l’absence de contrôle et de reddition de compte. Parce que, c’est la haute juridicité du budget qui assure la fiabilité de son exécution par l’administration, selon les règles du budget et de la compatibilité publique. Le contrôle du budget est assuré par le Parlement. On ne peut pas appliquer la loi à moitié. Ce n’est pas la Cour des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) qui étudie la conduite du gouvernement et qui accorde décharge administrative aux exécutants de cette loi annuelle mais le Parlement. Aucun Parlement ne pourra se prononcer dans l’avenir sur la demande de décharge qui sera produite par les membres du Gouvernement de Jouthe parce que ces derniers ne s’étaient pas engagés devant aucun Parlement mais bien devant le Président de la République qui s’attribue de la compétence législative en pareil cas.

Dans notre système politique, le Parlement est investi de la mission de contrôle (art 223 de la constitution) sur l’action du gouvernement. Il le fait par divers moyens : procédure des questions, commissions d’enquête, mise en cause de la responsabilité du gouvernement etc. L’évaluation des politiques publiques y est aussi attachée à partir des engagements qui ont pris été par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale.

Comme indiqué l’ article 223 de la Constitution, l’exécution de la loi de finance est assurée par le Parlement, la Cour des Comptes et et du contentieux administratif ainsi que les autres institutions prévues par la loi. Donc, la Constitution établit le Parlement comme instance exclusive de contrôle sur l’action gouvernementale. Il s’ agit là d’une caractéristique de l’État de droit et notre système de gouvernance publique. Le droit en définitive est une affaire de contrôles. Toujours selon cette clause, la gouvernance publique est basée sur un système de contrôles à plusieurs niveaux.

Un état de dictature
C’est l’occasion de rappeler que la décharge administrative participe à la fonction de contrôle qu’exerce le Parlement sur l’action gouvernementale. Contrairement, à ce que pense le Premier ministre Jouthe, son gouvernement ne peut définir aucune action en termes de politiques publiques en l’absence de l’institution de contrôle qui est le Parlement. Si cette relation théorique n’est pas établie, entre action et contrôle, il n’y aura pas de transparence dans l’exécution du budget. Donc, l’inexistence de l’un entraîne aussi l’inexistence de l’autre. L’action gouvernementale, de même que la fonction de contrôle législative, de règlement des comptes, exige une certaine continuité des institutions républicaines.

Le Président Jovenel Moise a hérité d’un précédent dangereux : la gouvernance sans contrôle. En effet, nous sommes si habitués à ce système corrompu qu’il est difficile de faire comprendre aux dirigeants actuels qu’ils font délibérément choix de la corruption. En ce qui concerne le Parlement, notre système politique a mis en place deux fonctions parfaitement complémentaires : une fonction de l’élaboration des normes (c’est l’ État de droit) et une fonction de contrôle (la bonne gouvernance). La confiscation de ces deux fonctions par le pouvoir exécutif nous place dans un “état de dictature “.

La connaissance des affaires de l’État implique par conséquent la reconnaissance d’une institution légitime détentrice de ce que nous pourrions appeler le “monopole normatif” dans le sens “positiviste” du terme. (art 111 de la constitution). L’Exécutif haïtien n’est pas habilité à prendre ces décrets qui sont en réalité des décrets-lois. Sous les régimes antérieurs, plus précisément, sous le régime des Duvalier, ces décrets ont été pris en vertu d’une habilitation législative dans les domaines relevant normalement du Parlement, et possédant force de la loi, c’est-à-dire susceptible de modifier les lois en vigueur. Ce procédé anti -démocratique était néanmoins constitutionnel mais avait permis à l’Exécutif de réaliser des réformes (souvent impopulaires) qu’il comptait adopter mais au prix du renoncement du Parlement à exercer réellement sa compétence. L’Exécutif peut prendre des décrets et non pas des décrets-lois ayant force de loi. (art 40, 159 de la constitution), le Parlement aussi (art 188-1, 276-1 de la Constitution).

La gouvernance à coups de décrets est illégale et anti- démocratique. Il n’ y a pas eu renoncement du Parlement à exercer sa compétence législative mais son absence organisée et provoquée. Son dysfonctionnement n’est pas justifié et doit être interprété comme une faillite du Chef de l’État qui n’ a pas su pétrifier les institutions dans la moule de la stabilité et de la continuité. En tout état de cause, le pouvoir d’adopter des décrets ayant force de loi inscrit au « Titre des dispositions transitoires » est juridiquement épuisé avec la disparition de l’organe investi, c’ est-à-dire le CNG, le 7 février 1988. (Mirlande Manigat, « Traité de droit constitutionnel haïtien »).

La décharge doit être régulière
Les décrets du Président Moïse découlent des circonstances arbitraires. Le Parlement dans un régime démocratique et représentatif est la source des lois, l’organe chargé de cette fonction exclusive (art 111 de la constitution). Notre régime politique est fondé sur un système dans lequel le Premier ministre et les membres de son cabinet ministériel sont responsables devant le Parlement, lequel établit un contrôle sur l’ensemble des activités du gouvernement (art. 156) C’est une exigence fondamentale faite par la constitution afin d’éviter le détournement de la puissance publique par ceux qui contrôlent l’administration. En ce sens, la décharge doit être accordée sous une base annuelle et régulière compte tenu du fait que le budget est une loi annuelle. Donc, ce n’est pas lorsqu’il en a besoin pour postuler un poste nominatif et électif que quelqu’un a été comptable de deniers publics devrait obtenir décharge : c’est une formalité annuelle (art 233 de la constitution). C’est la raison pour laquelle chaque année, la gestion des ordonnateurs et comptables des deniers publics doit être approuvée. Chaque année, le pouvoir législatif arrête les comptes. L’approbation du compte par le Parlement implique décharge de responsabilité (art. 228). Seul le Parlement devant lequel le gouvernement s’était engagé peut donner décharge à ses membres.

C’est par la multiplication des freins et des contre pouvoirs que la démocratie, l’État de droit, la bonne gouvernance et le respect des droits fondamentaux sont rendus possibles. C’est pourquoi les constituants de 1987, contrairement aux périodes précédentes, avaient éliminé la formule de pleins pouvoirs accordée à l’Exécutif pour décider sur des questions législatives. La Constitution de 1987 dispose qu’aucun pouvoir ne peut déléguer ses attributions en tout ou en partie à un autre pouvoir. C’est de la puérilité intellectuelle et une méconnaissance de la gouvernance publique de nos dirigeants qui conduisent le pays à ces impasses politiques. Selon l’article 150 de la Constitution, le Président de la République n’a pas d’autres pouvoirs que ceux qui lui sont attribués par la Constitution. Les décrets du Président Jovenel Moïse sont illégaux et doivent être combattus par des moyens légaux. Le droit est inattaquable dans ce qu’il dit et ce qu’il n’a pas dit.

Haïti se définit comme un État de droit démocratique. La gouvernance par décret rime très mal avec les principes de la démocratie représentative et de l’État de droit. Le droit est aujourd’hui une affaire de contrôles. L’absence de contrôle conduit à l’arbitraire des pouvoirs. Haïti est en pleine dictature. La dictature n’est pas examinée aujourd’hui à partir des références lointaines. La dictature c’est d’abord l’absence de démocratie. L’une chasse l’autre. C’est pourquoi le législateur, dans sa fiction, ne prévoit que l’État soit en vacance ni aucune de ses branches dysfonctionnelles.

Un véritable gâchis
Les impondérables générateurs de gouvernement de fait ne sont pas de nature à changer la nature constitutionnelle des choses. Si tel est le cas, alors n’importe quel Président pourrait s’amuser à rendre dysfonctionnelle la démocratie à son profit, comme c’est le cas aujourd’hui pour le Président Moise. Dans sa désinvolture, il rend dysfonctionnel le Parlement par le non renouvellement de la Chambre des députés et des deux tiers du Sénat. Il n’a pas non plus organisé des élections pour le renouvellement du personnel des collectivités territoriales afin de lui permettre de convoquer une Assemblée constituante pour enterrer définitivement la Constitution de 1987 qu’il a juré de respecter et de faire respecter. L’actuel Président est en infraction à la Constitution, ce qui le disqualifie en principe pour engager la nation sur de nouvelles initiatives politiques.

La gouvernance du Président Moïse s’est révélée au bout du compte comme un véritable gâchis. La communauté internationale, qui assiste le pouvoir en place à travers le BINUH, doit être raciste pour trouver normale cette situation. L’élite économique haïtienne doit être barbare et criminelle pour accepter de fonctionner dans une économie sans règle. L’élite intellectuelle doit être inculte pour prendre corps dans cette forme de barbarie de l’intelligence.

En effet, les imprudences ou les défauts originels de la Constitution, ses problèmes d’application, ses grandes générosités ouvrent cependant la voie à un débat sérieux sur sa valeur réelle, pratique dans le contexte haïtien. Mais le respect de la Constitution, comme l’a souligné la professeure de droit constitutionnel, Dr Mirlande Manigat, ne dépend pas seulement de sa valeur intrinsèque mais aussi de la volonté et de l’engagement collectif des gouvernants et des gouvernés de la respecter. Il faut souligner aussi que les élites haïtiennes entretiennent un rapport difficile à la loi et au droit. Et, c’est pourquoi le Professeur Leslie Manigat avait souligné avec raison que le respect de la loi est une question d’éducation. Pour respecter la loi, il faut apprendre à l’aimer et à la vouloir. Car, la Constitution la plus mieux préparée techniquement et politiquement correcte ne sera jamais appliquée en Haïti à cause de cette absence de culture légaliste chez les haïtiens. L’éducation demeure la première et la dernière partie de la politique. Faites des hommes et des femmes, tout ira bien, a écrit Jules Michelet, l’historien Français.

En conclusion, là où manque le droit, l’action politique commencée s’écroule et disparaît en silence. En dehors du Parlement, quelle instance responsabilise le gouvernement et par quel mécanisme ? En démocratie, il faut une instance de contrôle, un instrument régulateur de l’activité gouvernementale, qui assiste le Pouvoir exécutif et qui lui donne des avis pour l’accomplissement de ses prérogatives. La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a-t-elle le droit de jouer ce rôle, c’est-à-dire de se substituer au Pouvoir législatif, l’instance de contrôle de l’action gouvernementale prévue par la Constitution?

N’ayant pas de compte à rendre, les membres de ce gouvernement ne peuvent pas non plus être affectés par les actes qu’ils posent contraires à la loi. Le Parlement étant dysfonctionnel, la Haute
Cour de Justice, cette juridiction répressive composée de parlementaires des deux Chambres devant laquelle les membres du gouvernement sont justiciables, ne peut être constituée en cas de faute commise par ces derniers dans l’exercice de leurs fonctions (voir les articles 185 à 190 de la Constitution.

Pour une alternative progressiste, patriotique et morale
C’est une véritable chute vertigineuse. Une régression totale de l’idéal démocratique. La société haïtienne doit vivre cette situation comme un mal profond, un mal politique, pour répéter le philosophe Hannah Arendt. C’est, en effet, par une cascade d’échecs, d’initiatives médiocres que l’on est arrivé à ce point critique de non retour.

Faute de connaissance des affaires publiques, le Président Moise s’est entouré de personnes apparemment peu expérimentées. Comme s’il semble ne pas vouloir de résultats – ni d’institutions d’ailleurs -, il a choisi une équipe gouvernementale globalement inefficace et ce, en absence de tout contrôle que requiert une gestion transparence de l’État. Ainsi personne ne lui fera d’ombre dans sa gestion calamiteuse de la chose publique.

Certaines personnes du secteur privé qui vivent aux crochets de l’État et avec qui elles font souvent des affaires louches au détriment de l’intérêt général, n’y voient rien, acceptent tout sans scrupule. Cet État prédateur imposé par la communauté internationale, entretenu par les classes dominantes et dirigeantes, est aujourd’hui un haut de lieu de commerce et de politique illicites, où s’installent gangs armés considérés comme seul vis-à-vis du pouvoir en place. Tout se passe au vu et au su de la diplomatie onusienne en Haïti qui n’a pas su accomplir sa mission qui était de ramener la sécurité, encadrer la justice et les institutions responsables de la mise en œuvre de l’État de droit toujours en crise. La justice en tant que pouvoir de l’État, co-dépositaire de la souveraineté nationale, est en grève intermittente. Il existe trois syndicats au sein de la Police Nationale d’ Haïti, pourtant détentrice des fonctions de sécurité nationale. Cette immense faillite ressentie dans les âmes de la nation est celle des élites haïtiennes et de la communauté internationale. C’est une responsabilité lourdement partagée.

L’inacceptable progresse faute d’alternative progressiste patriotique et morale. En face de la fédération des groupes armés, il nous faut construire un partenariat des hommes et des femmes de bien, du savoir et de valeur pour orienter le combat du peuple. Nous sommes en train de toucher le fin fond du tréfonds de l’abîme, le pays ne peut plus descendre plus bas. Il faut un sursaut national pour mettre fin à l’inacceptable. Notre plus grande erreur, il faut l’avouer, c’est d’avoir confié le pouvoir de décider dans une République à des gens dépourvus de tout sens du devoir et de la responsabilité. La République Dominicaine fait des progrès économiques importants parce que ses institutions sont stables. Elle a su trouver la stabilité politique grâce à une classe politique professionnelle patriote et compétente. Haïti ne peut pas avancer ni sortir du sous-développement, de la pauvreté sans une élite éduquée, sans le savoir et la science.

Dans la corruption la plus abjecte qui aggrave la détresse populaire, ces messieurs et dames pètent dans la soie, mais le petit peuple dans sa misère affreuse crève de faim, est à bout de tout et à bout de souffle dans un pays totalement dévasté. En politique, l’échec n’a ni partisan ni de courtisan. Il faut espérer que ceux qui travaillent à la perte de la nation seront bientôt rares et que l’amère expérience que nous vivons depuis trente ( 33) ans ait définitivement une fin. Pour cela, il faut arrêter la bêtise en constituant un contre-pouvoir critique pour défendre le peuple et la nation !

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Justice-Faits Divers

La maison d’une personne infectée de COVID-19 attaquée à La Vallée de Jacmel

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Des habitants de La Vallée de Jacmel ont attaqué, ce dimanche 5 avril 2020, la maison d’une personne testée positive de COVID-19.

La personne revenait des États-Unis, pour assister aux funérailles de sa mère.

Après que les résultats de son test se sont révélés positifs, des individus, plongés dans la peur, la panique et furieux, ont attaqué sa maison, par le fait que de nombreux d’entre eux étaient en contact avec lui (la personne contaminée) au cours de son séjour.

Le magistrat de la ville lance un SOS au pouvoir central pour prendre en charge l’individu afin de sécuriser sa vie, et lui donner les soins que nécessite son cas.

L’édile a aussi exhorté les autorités du Ministère de la Santé publique à mettre en quarantaine toute la zone, selon ce que rapporte le journal Haïti Info Toutan.

Ce même dimanche, Haïti enregistre son premier décès de COVID-19. La victime faisait partie des 21 cas confirmés de Coronavirus dans le pays, fait savoir le MSPP, qui invite la population à respecter les principes hygiéniques ainsi que les consignes des autorités pour ne pas être infectée ou propagée le virus.

Il est utile de mentionner cette phrase de Me Michelet Nestor: “Tuer une personne parce qu’elle est infectée du virus, ne résoudra pas le problème sanitaire du pays”.

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COVID-19

COVID-19: “Tuer une personne parce qu’elle est infectée du virus, ne résoudra pas le problème sanitaire du pays” dixit Michelet Nestor

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Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, le fondateur de la Fondation Nestor pour le Développement (FONED), Michelet Nestor sensibilise la population à ne pas céder à la violence contre quiconque infecté du COVID-19.

D’ailleurs, dit-il, les autres pays confrontés à cette pandémie qui infecte plus de 500 000 personnes à travers le monde, n’ont pas cédé à la violence.

“Tuer une personne parce qu’elle est infectée du virus, ne résoudra pas le problème sanitaire du pays”

“Tuer une personne parce qu’elle est infectée du virus, ne résoudra pas le problème sanitaire du pays”, avance-t-il. Et d’ailleurs, la violence n’est pas une solution ni une arme pour lutter contre cette pandémie.

Si un chinois ou un italien participerait à tuer un autre parce qu’il est contaminé du Covid-19, le monde compterait plus de morts, en ce que chaque pays serait actuellement plongé dans une guerre civile, au lieu de s’unir et de travailler ensemble pour traiter la maladie, souligne le PDG de la compagnie Seco Sécurité.

Conscient de l’état défectueux du système sanitaire haïtien, Michelet Nestor invite la population à se serrer les coudes pour combattre le virus qui a déjà infecté 8 personnes en Haïti, pour reprendre les chiffres officiels.

“Être infecté du coronavirus ne veut pas dire qu’on va automatiquement mourir”.

Michelet Nestor, pour rassurer ses concitoyens, leur rappelle que les statistiques révèlent que la majorité des personnes atteintes du Covid-19 sont guéries. “Être infecté du coronavirus ne veut pas dire qu’on va automatiquement mourir”. Alors, selon lui, il n’y a pas raison de s’affoler, il suffit de se mettre ensemble, de faire appel à la solidarité pour protéger et conserver la vie humaine.

“Une maladie n’est pas une fatalité. N’importe qui peut être infecté”, ajoute Michelet Nestor d’un visage désolé, non seulement par rapport à la situation sanitaire du pays, mais aussi aux dégâts causés par ce virus dans le monde.

Il faut rappeler que des citoyens ont recouru à la violence à l’encontre des personnes qui auraient été infectées de Covid-19, par peur de ne pas attraper le virus, pensé comme un “virus mortel”.

Des personnes ont même failli perdre leur vie à cause de cette situation. En effet, une dame raconte dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux qu’elle a failli perdre sa vie à Pétion-Ville parce qu’elle utilisait sa pompe pour respirer un peu d’oxygène à cause de son problème d’asthme. Des gens la menaçaient, déchiraient croyant qu’elle était contaminée de Covid-19.

Une tentative d’assassinat a été perpétré sur Nelson Bellamy, professeur a l’Université Henri Christophe de Limonade, parce qu’il présentait des symptômes semblables à ceux du coronavirus.

Ce virus plonge la majorité de la population dans une peur bleue, en utilisant tout moyen pour éviter d’être contaminé sachant qu’il n’a pas assez d’infrastructures sanitaires pour faire face à cette pandémie.

Au courant de cette situation, Michelet Nestor encourage les citoyennes et citoyens haïtiens à épouser le sens de responsabilité et de la solidarité pour faire face au coronavirus, le véritable ennemi de la planète.

Notre ennemi n’est pas une sœur ou un frère contaminé, mais le virus lui-même, affirme Me Nestor, espérant qu’un jour le rêve haïtien soit devenu une réalité. Et qu’à ce moment, chaque haïtien aura droit à la santé, et qu’elle sera de qualité.

L’entrepreneur, dans ce message de sensibilisation de 2 minutes 45, tient à expliquer à ses compatriotes que le marché noir dont ils œuvrent à pratiquer “pour maximiser leurs profits” en ce temps de crise sanitaire et économique ne fait que fragiliser encore plus la vie des plus défavorisés, les couches les plus vulnérables. Donc, les personnes appartenant à la même classe sociale que les marchands (les petits détaillants).

Il suggère aux vendeurs et vendeuses d’éviter ces genres de pratiques qui risquent de causer beaucoup de torts aux membres de la population.

Se laver les mains régulièrement, rester chez soi, garder la distance sociale, sont les plus bons moyens pour combattre le virus.

À cet effet, une machine publicité avec des autocollants de la FONED sillonne les rues de la capitale haïtienne pour indiquer à la population les comportements à adopter pour ne pas être contaminée ou pour ne pas propager le virus.

“Nous sommes Haïti. Nous sommes des Haïtiens. Conjuguons nos forces et nos énergies dans ce combat contre le nouveau coronavirus” lance Michelet Nestor.

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Actualités

Coronavirus : Des haïtiens demandent à l’État de “lòk” le pays

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Si la majorité de la population haïtienne fut hostile au phénomène pays “lòk” en ce qu’il apportait de nombreuses conséquences néfastes, aujourd’hui l’inquiétude qu’engendre le coronavirus change la donne.

Inquiets par rapport à une éventuelle importation du COVID-19 en Haïti, des citoyennes et citoyens haïtiens demandent à l’État de “lòk” le pays. Fermer le pays. Les frontières, maritime et terrestre. Aucun contact avec l’étranger. Bloquer toutes les activités pendant au moins un jour. Voilà les mesures que devrait prendre l’État, selon des haïtiens, en signe de prévention et pour se prémunir du coronavirus qui ravage actuellement le monde.

Pour préparer une contre-offensive à ce virus, des haïtiens suggèrent des séances de simulation, par exemple, des jours de confinement, en vue de voir la réaction de la population par rapport à une telle situation. Ils mentionnent l’incident produit à l’hôtel Monte Cristo à Croix-des-Bouquets. Un dérapage a eu lieu sous prétexte que des personnes présentant des signes du coronavirus furent placées en quarantaine. Une information démentie par les autorités.  

Au fait, la simulation permettrait d’avoir une idée plus précise et claire de la réaction de la population, si le COVID-19 arriverait à pénétrer le sol haïtien.

“Je pense qu’il serait aussi important que nos dirigeants fassent une simulation nationale de Confinement total pendant 3 à 5 jours sur tout le territoire national. Cela nous permettrait d’évaluer et d’anticiper le comportement éventuel de nos compatriotes en cas de situation réelle et aussi d’évaluer l’impact de la  campagne de communication engagée”, suggère un citoyen.

Dans un tweet, Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste écrit : ” Pourquoi ne pas faire comme plusieurs autres pays et mettre Haïti en isolement pendant qu’il n’y a pas de cas connu sur le territoire” ?

Voulant la fermeture du pays dans toute son intégralité, des citoyennes et citoyens critiquent la manière de fermer la frontière haïtiano-dominicaine qui à leur avis fait état de défaillance, mais aussi la décision visant à accepter les vols en provenance des États-Unis qui comptent plusieurs cas confirmés de COVID-19. D’ailleurs, un professeur de l’Université Henri Christophe de Limonade, Nelson Bellamy, en provenance des États-Unis, annonce avoir mis sa tête en quarantaine après avoir ressenti quelques symptômes.

Le professeur demande à toute personne l’ayant fréquenté de se mettre en isolement et de se faire dépister. Il faut signaler que le résultat du test n’est pas encore disponible.

Les autorités haïtiennes attendent impatiemment l’arrivée du COVID-19 sur le sol haïtien pour pouvoir profiter des aides internationales. C’est la position de certaines personnes qui réclament le “lòk”, en évoquant le désintérêt des autorités pour une si bonne mesure, capable d’épargner le pays des dégâts du coronavirus. Ces personnes font référence à la forte somme d’argent gaspillée, détournée et pillée par les autorités haïtiennes après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Dit autrement, ces gens acceptent l’idée de confinement, mais se questionnent sur la responsabilité et l’intérêt de l’État par rapport à une mesure pareille.

Campagne de sensibilisation sur tout le territoire. Mise en place des matériels et des centres de dépistage. Accès à l’eau propre pour que la population puisse se laver les mains. Sont autant de mesures que doit prendre l’État pour protéger ses citoyens.

Me Michelet Nestor, quant à lui, s’inquiète de la situation du transport public. « Nous devons éviter de prendre le bus en étant empilé », dit-il, en conseillant à l’État de trouver un accord avec les syndicats de ce secteur afin d’éviter de transporter les gens de la même manière qu’auparavant.

Eu égard à l’idée de confinement, certaines personnes soulignent qu’ils n’ont rien dans leur grenier à consommer. Et un confinement risquerait de les tuer de faim.

Par ailleurs, d’autres contestent une idée pareille. Selon elles, il faut attendre l’arrivée du virus, et c’est à ce moment-là, l’isolement ou le confinement sera possible et nécessaire.

Pour éviter la propagation du virus, les autorités dominicaines ont annoncé une fermeture hermétique de leur pays pendant 15 jours. À rappeler qu’au moins une vingtaine de cas de coronavirus et un décès ont été confirmés sur le territoire dominicain.

Avec le coronavirus, le « lòk » n’est pas exclusif à Haïti, mais devient un phénomène mondial. La majorité des pays ferment leur territoire pour ne laisser entrer aucun étranger, surtout ceux en provenance des zones rouges, la Chine, l’Italie, la France, le Corée du Sud.  

Si le « lòk » était un phénomène politique né en Haïti pour capoter le pouvoir de Jovenel Moise, il devient un phénomène sanitaire préventif, avec le coronavirus.  

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