Connect with us

Opinion

La mort de l’esprit : les élites haïtiennes sont-elles frappées de caducité ?

Published

on

En guise de réponse à Lionel Trouillot, un immense intellectuel, un modèle de qualité et d’excellence

Le bonheur du peuple, dans une société haïtienne réconciliée avec elle-même, devrait passer par un État qui fonde sa raison d’être sur l’expression de l’intérêt général.

Mais pourquoi reste-t-on insensible à la détresse populaire ? Et l’on en devine bien la raison : c’est la mort de l’Esprit. C’est déjà une difficulté de parler de progrès si le peuple n’a pas conscience de ce qu’il est et s’il s’écarte de la raison. Les élites dans une société a des responsabilités, celles d’élever la nation vers des buts supérieurs. « La vocation de l’élite » dont parlait Price Mars au siècle dernier ne doit pas être de vaines paroles en 2019.

À cet égard, j’attire l’attention sur le manque de sincérité dans le discours politique en Haïti. Tout le monde essaie de tromper tout le monde. Il ne peut être seulement question de démontrer l’excès d’immoralité dans le discours politique mais de discerner la vérité et de quel côté elle se trouve. On dit qu’on est pour l’ouverture tandis qu’on organise la fermeture. On affirme qu’on est pour la démocratie, en même temps on se livre à des actions autoritaires et totalitaires. On prétend vouloir combattre la corruption alors qu’elle est partout. On ne pourra pas résoudre ce problème d’insincérité en politique sans la rééducation et la reconversion des élites haïtiennes.

Cette crise a montré combien nos hommes politiques sont passés maîtres dans l’art de manipuler la conscience populaire. Nous sommes contre le libéralisme et l’ouverture des marchés alors que nous avons liquidé les entreprises publiques haïtiennes au nom du néolibéralisme triomphant. Nous défendons le peuple et en même temps nous multiplions par milliers les laissés-pour-compte par nos décisions économiques injustes. Nous exigeons le changement, comme si nous n’avons aucune responsabilité dans la débâcle actuelle, a commenté Valéry Numa.

Nous sommes très étranges dans notre manière de dire, de faire et de concevoir la politique chez nous. Quand le bateau du système coule, chacun a ses bourgeois, ses nantis, ses oligarques, ses corrompus, ses bandits à protéger. On n’est pas contre le mal mais on veut seulement en profiter. On est corrompu ou on ne l’est pas, ça dépend du camp où l’on se retrouve pour l’instant

Dans cette société, tout passe et on ne sanctionne pas. On pille l’État après on passe à l’opposition. J’apprends beaucoup de nos crises, de nos déboires, de notre imagination fertile à tromper la réalité. L’opposition est un purgatoire, un lieu où l’on efface les fraudes, les vols et les corruptions de nos gouvernants d’hier. Passer à l’opposition est une façon de se faire oublier, ou pour ne pas à rendre des comptes de sa gestion à la nation. Dans ce pays, faites-vous opposants et tout ira bien. Car le peuple, par crainte d’un retour au totalitarisme et par manque de confiance dans toute autorité constituée, vilipende toujours le pouvoir mais fait toujours grâce aux opposants. Tout le monde cherche la bonne grâce du peuple ou s’en réclame. Une fraction du peuple est toujours le peuple au nom duquel tout se règle et tout se fait. Dans ces conditions, il est difficile pour que le peuple connaisse le beau, le vrai, la qualité et l’excellence. C’est avec les naïfs qu’on construit les montres et les renouvelle au pouvoir, comme si, en dehors d’eux, il n’y avait pas d’alternative. C’est ainsi que la politique haïtienne se joue, avec des monstres recyclés. Le peuple, dans son innocence et sa méconnaissance de l’histoire, construit ses propres monstres. Il ne peut que renouveler le pire parce qu’on l’infantilise pour qu’il n’atteigne pas le stade de la raison. L’esprit du peuple n’est pas actif. On lui raconte tout et il gobe tout. C’est cette reconduction sans fin – cette terrible répétition – des dirigeants corrompus qui autorise les étrangers à déclarer que la nation haïtienne est maudite.

Le diagnostic est biaisé. La terre d’Haïti n’est pas maudite. Nous sommes dans une situation de caducité de l’Esprit du peuple. Cette mort naturelle de l’Esprit du peuple se manifeste par la nullité politique. Le peuple haïtien continue son existence, sans vie, sans esprit.

Ceci vient de ce que la nation haïtienne a une élite irresponsable. Le peuple haïtien ne peut devenir fort avec cette élite qui n’est que nullité politique et ne l’éclaire pas. Par cette mort spirituelle, nous sommes devenus province dominicaine, arrière-cour des États-Unis d’Amérique, les parias du monde civilisé.

C’est bien vrai que nous sommes en train de dépérir dans la corruption et la médiocrité. Si le peuple périt dans la corruption, il nous reste qu’à espérer renaîtra par l’esprit parce qu’on lui cherche une assomption, une rédemption dans un Esprit supérieur.

Chaque époque a son Esprit. Le système a atteint sa limite historique, tout comme l’Esprit l’ayant animé, arrive lui aussi à sa caducité. Il faut l’idée et la détermination pour faire naître une plus haute Idée de l’Esprit. Aussi devons-nous rompre et réconcilier avec la caducité et proposer provisoirement quelque chose capable de tempérer les appétits qui se déchaînent. Les élites cherchent leur pain mais qui prend soin du peuple et de la patrie ?

Comment expliquer la délocalisation de deux grands pouvoirs pour cause d’insécurité au bas de la ville? Comment priver des citoyens qui y habitent de sécurité ? Comment ne pas reconnaître l’humanité de ces gens ? C’est comme si on admettait que ceux-ci ne sont pas des humains.

Quelle est donc la raison d’être de ces pouvoirs ? Quel impact cette délocalisation apportera en termes de résultats, d’efficacité, de performance et de rendement dans le travail parlementaire ? Comment continuer à payer des parlementaires qui ne sont pas utiles à la République ? Pourquoi les juges continuent-ils à recevoir leur salaire pendant que la justice en tant que service public n’est pas rendue ?

Dans le combat politique, il y a une dimension éthique. La politique, pour atteindre ses buts ultimes, ne peut pas se passer des vertus. Ceci est fondamental. Un peuple qui n’est pas vertueux ne peut espérer avoir des dirigeants avec un comportement éthique.

Cette crise est le fait de l’irresponsabilité des élites dirigeantes. La responsabilité est la destination absolue de l’homme. Celle-ci lui permet de faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. Seul l’animal est irresponsable. Quand on renonce à sa responsabilité, on devient bête.
À gauche comme à droite, c’est l’irresponsabilité, mais à partir de quoi il ne faut point désespérer ?

Délégitimé par plus d’un, miné par une crise sociale et économique sans précédent, le président Jovenel Moïse tient ferme à la barre et s’accroche à la légalité constitutionnelle selon laquelle il doit arriver au terme de son mandat de cinq ans. Comment a-t-il pu résister jusqu’à présent à tous ces assauts ? La faiblesse morale de l’opposition serait-elle sa force ? Quelle heureuse fatalité de la création !

De cette crise, aucune figure politique n’émerge. Au bout du compte, cette crise nous amène à une crise de la vérité. Une crise sur la manière de sortir de la crise. Qui a la solution à cette crise ? À qui revient donc la légitimité de trancher ?

Les patriotes haïtiens doivent anticiper les événements pour ne pas perdre le contrôle de l’avenir. La possibilité d’un dialogue inter haïtien pour mettre fin à la crise est difficile. Les Haïtiens n’ont pas la pratique des échanges libres. Dans le comportement de l’Haïtien, on retrouve deux sentiments forts : la jalousie et le rejet systématique de l’autre. En ce sens, la culture du refus rend difficile toute solution humaine, c’est-à-dire négociée, à la crise actuelle. Les jusqu’au-boutistes qui sont au pouvoir comme dans l’opposition ne mesurent pas la dimension humaine de la crise. Leur ignorance du mal et la méconnaissance du bien nous dirigent tout droit vers notre perte.

Dans cette course vers la fin, il y a certains droits qui sont bafoués, comme celui de circuler librement. Le citoyen ne peut pas quitter son espace pour se procurer ce qui est nécessaire à ses besoins. C’est notre liberté qui est menacée. Car personne n’a le droit de disposer ainsi d’une autre personne et de contrôler ses possibilités d’action au point que celle-ci soit dépendante et se voit privée d’une part essentielle de sa liberté.

Les forces de sécurité qui enlèvent les barricades obstruant le passage des citoyens ne prennent pas position en faveur d’un camp. Elles favorisent simplement l’application d’un principe de l’État de droit qui est celui de l’égale jouissance des droits des citoyens.

Lorsque l’anarchie se substitue à l’ordre, tous les scénarios sont possibles dans la conjoncture actuelle. Il est un fait que les forces publiques ne rassurent pas les citoyens. Des groupes armés capturant le territoire défient la police. L’État réel ne demande pas aux citoyens d’accepter l’ordre, il doit être accepté. En cas de résistance, on l’impose par la contrainte, c’est classique. La fonction du maintien de l’ordre public et de la sécurité intérieure est liée à l’existence même de l’État. Sinon, celui-ci perd le monopole de la violence légitime.

Cette débâcle est rendue possible parce que l’union entre l’État et le citoyen s’est effritée. Cette absence rend impossible toute action consciente de l’État. L’ordre républicain est sur le point d’être renversé. Le processus démocratique encadré par l’international depuis des années est interrompu avec le non renouvellement à temps du personnel politique. Les institutions républicaines sont carrément disloquées sous le poids de l’insécurité. L’État d’Haïti est effondré sous le regard – indifférent ou complice ? – des Nations-Unies dont la mission principale était pourtant d’assurer un environnement politique sûr et stable dans le pays. La réalité ne peut pas être dopée, car après avoir dépensé tant d’argent pour un bilan aussi désastreux, comment pourraient-elles admettre aujourd’hui, au nom de la démocratie, l’établissement d’un gouvernement en dehors des normes démocratiques, donc du suffrage universel ?

Cette communauté internationale n’est-elle pas aussi dos au mur ? Quel a été son véritable projet pour Haïti ? Les Haïtiens vont découvrir très tard que derrière chaque projet, il y a un mensonge et derrière chaque mensonge, il y a un projet macabre.

Du côté de l’international, l’échec est total et sans appel. Cet échec est toutefois partagé entre le pouvoir et la communauté internationale. C’est un bilan particulièrement insignifiant. Décevant. C’est un désaveu total qui, à mon avis, devrait inviter l’International à revoir sa stratégie en Haïti. Sa crédibilité est mise à rude épreuve. La déclaration de l’ancien envoyé des Nations Unies en Haïti, Edmond Mulet, selon laquelle il faudrait envisager une autre force militaire en Haïti peut être considérée comme un aveu d’échec de toutes les missions onusiennes dépêchées chez nous ces dernières années.

Sur le terrain, chaque jour, on se rend à l’évidence que le gouvernement éprouve toutes les difficultés à contrôler les espaces territoriaux de l’État malgré les annonces faites dans le sens du rétablissement de la paix.

L’opposition ne contrôle ni la rue ni les événements, encore moins le pouvoir. C’est la catastrophe qui nous guette. Deux occupations étrangères en dix ans, trois en moins d’un siècle, c’est plus qu’un désastre national. Laisser à d’autres le soin de remplir nos tâches nationales, celles qui reviennent aux élites de ce pays, c’est plus que de la déchéance : c’est la dégénérescence, la disgrâce, le déshonneur.

Le pourrissement de la situation oblige les acteurs politiques à mettre fin aux passions, aux émotions, à la déraison et surtout à l’orgueil. Aucune des parties en présence n’a les moyens de réaliser ses objectifs politiques. Ce constat suffit pour les convaincre de composer l’une avec l’autre pour que cessent la destruction des biens publics et privés, les tueries derrière les barricades enflammées érigées en embuscades, véritables tombeaux de policiers et de paisibles citoyens en quête du pain quotidien.

C’est la mort partout, celle des consciences, de l’esprit et du patriotisme. Cette odeur de mort et de corruption qui se diffuse dans tous les coins et recoins de notre société, ne date pas d’aujourd’hui. Mais il se trouve qu’aujourd’hui, les nouveaux morts se mêlant aux ossements d’anciens effacés de notre mémoire, répandent une odeur nauséabonde qui nous prend à la gorge. Mais nous avons encore cette éternelle soif de vivre. Sans qu’on le dise, il existe dans notre société un état de barbarie et de sauvagerie que notre Esprit ne saurait accepter. On la voit dans la brutalité des actes de violence qui peuplent notre quotidien. Nous sommes devenus de grands producteurs de morts pour la consommation locale – et l’étranger n’a de cesse de le rappeler à bout de reportages – parce que la mort de l’Esprit dans la cité nous empêche de penser l’humanité et de nous élever aux sentiments supérieurs. Notre animalité, c’est la passion du pouvoir et l’amour de l’argent, véritables obstacles à l’évolution de la vie du citoyen vers une forme supérieure.

Dans un État dominé par les lois, la citoyenneté n’a de signification que si elle permet d’exercer des droits. Le mépris du citoyen et de son bien-être collectif ne date pas d’hier. Mais on a l’impression qu’aujourd’hui, l’éthique et la responsabilité de l’État se sont évanouies.

Qu’est-ce qui relie le citoyen à l’État ? Le pays n’a pas de gouvernement légitime et fonctionnel depuis la démission du Premier Ministre Jean-Henri Céant à cause d’une crise politique qui ne fait qu’empirer jour après jour. Le Chef de l’État à qui la constitution octroie le rôle de garantir le bon fonctionnement des institutions, a toutes les peines du monde pour former un gouvernement, comme le réclame la communauté internationale, faute de trouver un consensus avec les différents secteurs de la population contestant son pouvoir. Face à l’érosion de sa légitimité, le Président est dans l’obligation de trouver une formule politique inclusive qui lui permettra de gouverner le pays dans le calme et la sérénité, conditions indispensables pour remettre le pays au travail.

Nous sommes dans une communauté d’existence, c’ est-à-dire, la recherche du bien-être collectif ne dépend pas seulement d’un individu ou d’un groupe de citoyens. La recherche de solutions à nos problèmes individuels et collectifs ne sera pas seulement l’œuvre du Président de la République. L’opposition politique doit en raison de cela évoluer en maturité et changer de tactique. Elle doit nous offrir une direction précise et claire à sa démarche. Soit, par une logique de force, elle renverse l’ordre républicain établi, soit elle accepte démocratiquement d’avoir des échanges libres avec le Président de la République. L’accord de Marriott a été un échec politique et n’a résolu aucun problème. Le temps passe et les problèmes restent entiers. Il faut dialoguer, notre monde est celui de la démocratie et de l’état de droit. Pourquoi veut-on rendre caduques les institutions de la démocratie et de l’État de droit et organiser une conférence nationale souveraine ? C’est quoi une conférence nationale souveraine ?

La démocratie se définit comme le traitement des conflits. Ceux-ci ne disparaîtront jamais dans une société. Ils naissent, grandissent, disparaissent et réapparaissent. Dans une société démocratique, les conflits ne peuvent être résolus que par le dialogue. Il n’ y a pas d’autre voie. Il faut cesser de gaspiller le temps dans des activités improductives. Ce que fait un individu est toujours conforme au sentiment habitant en lui.

Comment désigner un juge de la Cour de cassation pour remplacer un Président en exercice, sans obtenir la démission volontaire ou forcée de celui-ci ? L’article 173 de la Constitution précise que la gouvernance du pouvoir judiciaire est assurée par les cours et les tribunaux. Comment de simples individus peuvent-ils passer en entrevue les membres d’un pouvoir de l’État ? Où est passé l’honneur des juges ?

En fonction de quoi cette Commission spéciale décidera que tel juge avait été “bien nommé”, tel autre, non ? Qu’en adviendra-t-il des arrêts que ces juges “mal nommés” avaient pris ?
Quel est l’état d’esprit de nos juges ? Dans quel état d’esprit seront-ils lorsqu’ils soumettront leurs dossiers devant la Commission spéciale aux fins d’examen ?

Avec cet examen imposé et accepté, le pouvoir judiciaire se trouvera dans une sorte d’aliénation. “L’Esprit n’est que ce qu’il fait, et il se fait ce qu’il est en soi”, pour répéter Hegel dans son ouvrage “La raison dans l’histoire”. Cette régression de l’Esprit traduit aussi celle de l’individu. Le pouvoir judiciaire est en déchéance parce que les juges sont aussi frappés de déchéance et de caducité. Nous sommes dans une situation de régression à tous les niveaux. Nous évoluons dans une régression de l’Esprit qui traduit une détermination du négatif.

De même, comment choisir un Premier Ministre en l’absence d’un Parlement fonctionnel ? Le poste de Premier Ministre traîne derrière lui une logique constitutionnelle et institutionnelle. Comment peut-on créer une instance autre que le Parlement pour contrôler l’action du gouvernement ? La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif reconnaîtra-t-elle cette instance de contrôle et à partir de quelle loi ? Il faut avoir à l’esprit que cette Cour est un organe technique de contrôle placé sous la dépendance du Parlement. C’est le bras technique du parlement dans sa mission de contrôle

La gestion de l’État ne va pas sans le principe de la reddition de comptes. Doter l’administration publique d’un Premier Ministre en absence d’un Parlement est un malentendu juridique. Qui donnera décharge aux ministres de la transition ? Que fait-on de la souveraineté nationale ?

Dans un État de droit démocratique fonctionnant sous l’empire d’une constitution, les partis politiques concourent au suffrage universel. En démocratie, quand il y a un problème, c’est au peuple qu’il faut s’adresser pour trancher. On ne peut pas confisquer la volonté populaire. L’article 58 de la constitution indique que la souveraineté du peuple réside dans l’universalité des citoyens.
Une entente des partis politiques ou des groupes de citoyens, aussi représentatifs qu’ils soient, ne saurait remettre en question ni soustraire cette souveraineté nationale.

Je pense qu’à la base cette entente, il n’ y avait aucune réflexion politique et intellectuelle. Cette mésaventure politique traduit tout simplement une grande fatigue de la classe politique haïtienne. En effet, dans l’état actuel des choses, il n’y a aucune chance pour que cet accord produise des fruits. La cohabitation politique me semble être la formule la plus plausible à envisager dans le cadre de la résolution de cette crise. Il faut cohabiter avec le Président Jovenel Moise contre lui pour le bien de la nation. La cohabitation ne mettra pas tout de suite fin au système actuel mais elle permettra au pays de sortir de sa torpeur.

Le pays souffre terriblement à cause des effets désastreux de la crise. Les politiques doivent montrer qu’ils ont la hauteur de leurs ambitions, car la solution risque risque de leur échapper totalement. Devant la faillite nationale, la force réelle sur le terrain est ni plus ni moins celle de la communauté internationale qui contrôle tout. De cette faiblesse originelle face à l’étranger, on n’est pas toujours en mesure de défendre l’intérêt national. Dans cette déchéance organisée et entretenue, l’Esprit nous commande de replier afin de pouvoir cerner dans le contexte international un nouveau futur pour nos populations locales.

Dans cette mort de l’Esprit, le peuple veut reprendre la vie de l’Idée, celle du bien, de l’existence conforme à vie supérieure. Le pays n’est ni à gauche ni à droite. Dans les contestations populaires actuelles, il y a quelque chose de positif à retenir : le peuple proclame la caducité du système, parce qu’il tient le changement pour la seule chose la plus importante. Le peuple exige la mise en place d’un système de gouvernance qui prend en compte ses intérêts. C’est pourquoi le système actuel est déclaré caduc.

Dans la caducité, il y a la mort et l’évolution de l’Esprit. La Mort de l’Esprit est le point de départ de l’évolution et de la renaissance. Sans une renaissance spirituelle, nous risquons de passer à coté de la vérité que nous cherchons tous ensemble. Dans l’Esprit, chacun poursuit sa fin et c’est en tenant compte de la fin de chaque individu qu’il nous faut raisonnablement construire une humanité plurielle, objectivement universelle, où la vie de chaque citoyen serait conforme aux principes de l’Esprit, donc de la loi. Et la violence déchaînée et arbitraire des individus n’aurait donc plus sa raison d’être.

Économie

ANSE-ROUGE, ENTRE PÉNURIE ET ABONDANCE

Published

on

Anse-Rouge, située à environ 50 kilomètres des Gonaïves, est l’une des communes de l’arrondissement de Gros-Morne, au niveau du département de l’Artibonite.  Elle se divise en deux grandes sections communales: Une partie de la Plaine- de-l’Arbre, la première; Sources-Chaudes, la seconde.  Celles-ci comportent, à elles seules, 75 localités.  Il y existe plusieurs petites étendues de terre fertiles et cultivables dont la somme des superficies est évaluée à plus de 3500 hectares. 

Productions et potentialités d’Anse-Rouge

En fait, on y cultive plusieurs denrées: petit-mil, maïs, échalotte, poireau, légumes…  C’est une agriculture de subsistance.  Alors, houes, machettes, piques sont les principaux outils rudimentaires utilisés.  Quant à l’arrosage des jardins de la première section communale, les cultivateurs.rices ne comptent que sur les eaux tombées des cieux,  les eaux de la pluie; mis (es) à part celles et ceux des localités telles La-Tête-Bête et Oranger où il y a des sources à très faibles débits.  Voilà qui fait constater des sols qui ne sont pas mis en valeur.  Pour ce qui est de la deuxième section communale, les sources de Petite-Place arrosent les jardins de celle-ci, de Gros-Gaïac, de Petite-Saline et de Bonal.  Puis, un système de pompage à énergie solaire, se trouvant à Hatte-Petit Louis, procure une certaine quantité d’eau aux jardins de Bois-Blanc; un autre système de pompage du même genre, à Carenage, arrose les terres se situant entre celui-ci et Pointe-des-Mangles.

Par ailleurs, la production de sel et la pêche sont pratiquées au  centre même de la commune d’Anse-Rouge, et puis dans des localités comme Coridon, Pointe-des-Mangles et L’Étang.  Cependant, malgré l’existence de cette quantité de terre, l’extraction de sel à partir de plus de 1 000 marais salants et les pratiques  de la petite pêche, la faim est encore le lot, le leitmotiv du plus grand nombre des gens.  Celle-ci se rue sur eux!  Celle-ci les malmène jusqu’à  leurs dignités.  Quel paradoxe! Quelle aberration! Quelle ineptie!  Pour s’en rendre compte, il suffit de séjourner pendant une semaine à Anse-Rouge, à l’une de ses localités.  Alors, quelles explications exhaustives à cela ?  Quelles sont les causes de cette pénurie alimentaire là où l’abondance est susceptible de surgir ?

Enchantement et désarroi

Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous a-t-il déclaré.

Pour Paul Nérémy CHÉRY, enseignant au niveau fondamental, vétérinaire et cultivateur, le manque d’eau pour l’arrosage des champs pourrait tout expliquer.  “Il faut d’autres systèmes de pompage, il n’en existe que deux.  D’ailleurs, ils ne fonctionnent pas à longueur de journée, c’est-à-dire 24 heures sur 24.  Si les autorités de l’État s’évertuaient à doter Anse-Rouge de moyens pouvant favoriser l’arrosage effectif de nos jardins, les gens mangeraient à leurs faims tout en trouvant l’excédent pour vendre ailleurs”.  Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous-a-t-il déclaré.  En outre, il a dit pouvoir en récolter plus s’il y avait plus d’eau pour mouiller à temps les jardins.

L’alternative…

D’après de telles affirmations et notre observation, il nous est donné à comprendre que plusieurs facteurs sont explicatifs de cette situation: le manque d’eau, l’absence de matériels agricoles modernes, l’absence de lois pouvant encourager l’investissement dans ce domaine…  Alors, il faut des politiques publiques visant le développement du secteur agricole.  Celles-ci auraient comme points saillants: 1- Le renforcement et l’augmentation des systèmes de pompage pour remédier au manque d’eau; 2-L’ irrigation de grands canaux pour une grande distribution des eaux; 3- Le reboisement, après étude, de certains espaces clés pour alimenter la nappe d’eau souterraine; 4- La distribution organisée et contrôlée de grands matériels agricoles aux associations de planteurs pour des besognes en un temps record; 5- Des lois sur la question foncière pour éviter, prévenir tout conflit susceptible d’être préjudiciable à une bonne exploitation de ces terres; 6- Des lois sur les risques liés à l’investissement dans le secteur pour encourager les filles et fils d’Anse-Rouge vivant tant en Haïti qu’à l’étranger à y investir leurs moyens pécuniaires; 7- La modernisation de la question des marais salants et de la pêche; 8- Des mécanismes pour inciter les ONGs se disant oeuvrer contre l’insécurité alimentaire à y conformer leurs projets; 9- L’ asphaltage de la tronçon de route Gonaïves-Anse-Rouge.

En effet, l’exploitation efficiente, à bon escient de ces sols excessivement fertiles, de ces nombreux salins et de la pêche permettrait aux Anse-Rougiens.ennes non seulement de se rassasier, mais aussi de se faire une bonne santé économique.  Outre cela, l’assiette fiscale de l’État haïtien serait magnifiée.  Oui, Anse-Rouge, avec ses 434, 4 Km2 et sa population de 43 945 habitants (depuis 2015), renferme suffisamment de terre pour nourrir ses progénitures, pour exporter vers d’autres régions du pays, voire du monde.  En d’autres mots, disons-le sans borborygmes, répétons-le  clairement: À côté des communes du Bas-Artibonite qui pourraient produire du riz jusqu’à pouvoir en exporter pour la bonne santé de notre économie, il y en a d’autres qui, comme Anse-Rouge, au niveau du Haut-Artibonite, pourraient fournir du maïs et du petit-mil enclins à l’exportation pour notre économie également.  Ce n’est pas du fantasme, ni du dithyrambe!  Oui, cela est possible lorsqu’on tient compte du fait que deux marmites de maïs ou de petit-mil sont plantées sur moins d’un hectare de terre.  Oui, cela est possible parce qu’il faut 3 mois pour récolter du maïs et du petit-mil.  Voilà qui permettrait 3 récoltes au moins par an.

État et bourgeoisie : un mariage qui tue la paysannerie  

À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

Il importe de mentionner que le développement d’un secteur d’activité requiert un plan global, un plan prenant en compte ses hauts et ses bas; bref, un plan qui en tient compte dans toute son acuité. Cela étant, il est compris que les politiques publiques sur  le secteur en question viseraient le plein essor de celui-ci pour le pays dans son entier, lesquelles politiques publiques tiendraient compte d’Anse-Rouge.  Malheureusement, les autorités de l’État ne songent pas à cela, à des affaires aussi importantes pour nous autres haïtiens.ennes.  Bien au contraire, dans leur connivence avec la “bourgeoisie”, elles mettent en application des décrets portant la création des zones franches dans les régions les plus productives.  Le dernier en date est celui concernant la localité de Savane Diane, non loin de Saint-Michel de l’Attalaye, dans l’Artibonite.  Donc, il paraît clair qu’il s’agit d’un État conçu, façonné pour servir les plus nantis, pour les enrichir davantage.  Il n’ y a aucun projet de développement réel, donc, aucun projet d’aide réel aux paysans.annes pour les sortir du bourbier, des gouffres du sous-développement éhonté.  Que faire alors? À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

En définitive, nous vous préconisons illico, vous qui avez en tête de vous candidater soit à la députation, soit au sénat de la République, l’élaboration des projets de lois, des projets de développement du secteur de l’agriculture pour le pays à part entière.  Nous autres, au niveau de la société civile, nous allons exercer pas mal de pressions, dès votre arrivée au parlement, pour  l’obtention de votes favorables à la transformation de ces derniers en lois, à leurs mises en application.  Ainsi la vocation agricole d’Haïti, dont on parle souvent, se concrétisera-t-elle pour notre bien-être.

Francky BRUTUS (Roberto)

Étudiant mémorand en sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (UEH)

Membre de l’Organisation des Jeunes Progressistes d’Anse-Rouge(OJPA)

Continue Reading

Opinion

Construction d’un mur sur la frontière haïtiano-dominicaine, Michelet Nestor écrit au président dominicain

Published

on

Une île, deux pays et un mur

Nous avons été malheureusement surpris lorsque le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a annoncé la construction d’un mur de plus de 300 kilomètres pour diviser artificiellement deux pays qui partagent la même île et des siècles d’histoire. Ces dernières années, un sentiment xénophobe et raciste s’est développé dans ce pays frère; sentiment qui met à rude épreuve les relations bilatérales et empêche une réflexion commune sur des stratégies pour résoudre les problèmes que nous partageons, tels la migration illégale, la déforestation, la contrebande, et tant d’autres.

Étonnamment, le président Abinader annonce que le financement de la construction de cette muraille sera entièrement assuré par  son pays. Une construction qui alourdirait le fardeau fiscal des citoyens dominicains, tout en laissant de côté les véritables problèmes qui les rongent.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la xénophobie et le racisme ont fait des migrants haïtiens le bouc émissaire de tous les problèmes dont souffre la République voisine. Nos frères et sœurs sont blâmés pour la criminalité élevée, le trafic de drogue, la contrebande, la migration illégale, les vols, etc. S’il est vrai qu’il peut y avoir des Haïtiens qui causent des problèmes dans le pays voisin, il est également vrai qu’ils sont une minorité et que, bien sûr, les dominicains participent également à commettre des meurtres, des vols et d’autres actes criminels.

L’idée de construire un mur ne peut être vue comme autre chose qu’une offre politique fantaisiste du gouvernement de cette nation sœur, tout en mettant en question les capacités exécutives de cette administration concernant un tel projet. 60% de la population de la République dominicaine vivent dans la pauvreté, et en faisant mention de l’état désirable de différents services publics pour hisser la République Dominicaine au rang des pays développés. Le président Abinader a des obligations plus immédiates et plus pressantes envers son peuple.

Concernant les relations avec Haïti, nous voulons faire une série de propositions qui, nous en sommes convaincus, profiteront aux peuples des deux nations.

Une façon de régulariser le problème des frontières est de procéder à la signature d’un accord de libre-échange entre les deux pays. Il ne faut pas oublier qu’après les États-Unis, Haïti est le deuxième partenaire commercial de la République Dominicaine et vice versa. Il existe une base de départ pour développer davantage cette relation commerciale qui favorise grandement le peuple voisin.

En outre, la mise en place d’une identification aux frontières pour les citoyens des deux pays favoriserait un transit gratuit qui, sans aucun doute, serait d’un immense avantage pour l’île. En outre, cela contribuerait à un rapprochement des deux cultures, à surmonter les problèmes séculaires et à accroître la confiance entre les deux peuples.

Déjà lors du tremblement de terre de 2010, la République Dominicaine a montré sa solidarité envers Haïti en envoyant toutes sortes d’aide pour aider à atténuer la crise. En outre, il a servi de centre d’opérations pour les groupes de secours qui sont arrivés de différentes parties du monde.

Partager le même espace géographique engage les deux pays à rechercher des actions communes pour maintenir un environnement menacé par la déforestation et le réchauffement climatique. Des politiques communes visant à résoudre ces problèmes environnementaux permettraient de retrouver un développement durable dans toute l’île et que l’action d’un pays cesse d’être une menace pour l’autre.

Depuis cette plateforme, j’appelle le Président dominicain à œuvrer ensemble avec les autorités haïtiennes pour des solutions communes à des problèmes communs. Ce n’est pas par des actions unilatérales, voire irréalisables, que des progrès peuvent être émergés, mais plutôt à partir de la construction d’un modus vivendi propice au développement conjoint de nos sociétés. La régularisation des échanges commerciaux entre les deux pays peut aider à mettre de l’ordre et ainsi éviter que notre frontière soit perméable aux groupes criminels des deux pays.

Le développement de nos villes frontalières contribuera à former des pôles de développement dans lesquels nous pourrons construire en synergie des projets collaboratifs qui font converger le meilleur des deux sociétés, nous aidant du coup à lutter contre la pauvreté et à doter nos peuples des infrastructures nécessaires pour une meilleure qualité de vie.

Monsieur le Président, un mur ne construira pas deux îles. Les murs appartiennent au passé. Ce qui fait bouger le monde en ces temps de mondialisation, c’est la coopération et non l’isolationnisme. Un mur nécessite de nombreuses ressources pour sa construction; ressources qui pourraient être très utiles à des besoins plus pressants et vitaux. En outre, le mur nécessitera, pour être efficace, une surveillance permanente de la part des forces armées qui ont des choses plus importantes à faire en matière de défense que l’entretien d’un mur.

Une fois de plus, Monsieur le Président, le rêve du XXIe siècle pour notre île est une communauté de deux nations dont les sociétés grandissent et se développent dans cet espace géographique partagé que nous sommes obligés de protéger et de promouvoir. Agissons en tant que leaders de ce siècle qui exige de l’être humain une meilleure compréhension de son environnement et un plus grand engagement en faveur du développement harmonieux et soutenu de la société dans un processus durable.

Michelet Nestor

Leader du Mouvman Rèv Ayisyen

Continue Reading

Actualités

La marche vers le 7 février 2021 fait ressortir davantage les ressemblances entre le pouvoir et l’opposition

Published

on

Depuis que la question du mandat du président fait débat, la Constitution, surtout les articles tablant sur les mandats des élus, est utilisée à tort et à travers. Le pouvoir à tout prix donne lieu à des interprétations les unes plus bizarres que les autres. Dépendamment du clan en question, la Constitution a un sens différent. Et les articles disent parfois des choses complètent différentes de ce que le législateur dit.

Peut-être qu’il s’agit de l’herméneutique du droit. Mais une question se pose : est-ce que l’interprétation permet de tout supposer et de tout dire ? La Constitution ne devrait-elle pas être le pacte juridique sur lequel nous tablons tous pour aborder la réalité sociale, politique et administrative ?

Derrière ce Cheval de Troie juridique cache la démagogie des clans qui s’investissent dans le pouvoir à tout prix en oubliant le fondement même de l’intérêt général et les principes réagissant le fonctionnement de la société. Chacun son argument. Mais au lieu de faire progresser le débat politique, cela plonge le public dans une confusion. L’idée est de renforcer les points d’ombres au lieu de les éclairer.

Le pouvoir en place utilise un article. L’opposition utilise un autre. Tout en oubliant que la Constitution est un tout et que chaque article constitue un élément qui prend sens à l’intérieur de l’ensemble.  

Pour se camoufler, le président de la République eut à dire que : c’est un élu qui doit être remplacé un élu ; alors qu’il a procédé à la nomination des agents intérimaires à la tête des mairies en remplaçant des élus locaux. Pendant qu’il lui revient la charge d’organiser les élections. Le président Jovenel Moise en s’attachant à son mandat qu’il n’arrête de clamer sa fin en 2022 s’était empressé, lundi 13 janvier 2020 à minuit deux, de déclarer la caducité du parlement.

L’opposition, quant à elle, soutient et maintient en vertu de l’article 134-2 que le mandat du président Jovenel Moise prendra fin 7 février 2021. Alors que la nécessité n’a jamais été ressentie du côté de l’Assemblée nationale de convoquer le président élu de venir prêter et qu’il n’a pas besoin d’attendre le 7 février 2017. Même l’équipe du président n’a pas pris la peine de lui lire la Constitution sur laquelle il a prêté serment en jurant de la respecter et de la faire respecter. On dirait que le président a prêté serment sans vraiment lire la Constitution.  

Chaque groupe fait appel à la constitution quand la situation lui est favorable. L’enjeu est que l’opposition et le pouvoir en place partagent les mêmes fondements de la politique. Ce sont deux cabris made in tomazo. Même s’ils empruntent des chemins différents, ils aboutissent au même primat politique : celui de bénéficier de l’ingérence de la communauté internationale au profits de leurs propres intérêts en occultant la question de l’intérêt collectif.

Les acteurs politiques ne sont aucunement légalistes. Chaque groupe s’assure que la démagogie se fait en ses propres intérêts. D’ailleurs, l’opposition qui n’a cessé de critiquer l’Organisation des États Américains (OEA) pour son support au pouvoir PHTK, cherche désespérément l’accord de cet organisme pour l’aider à préparer une transition pour assurer l’après-Jovenel.

Dans une correspondance samedi 2 janvier 2021 adressée au secrétaire général de l’OEA, Louis Almagro, les organisations politiques membres de la Direction politique de l’opposition avaient demandé au secrétaire de supporter la logique d’une transition le 7 février 2021. « Les partis et regroupements politiques sont en train de préparer l’après-Jovenel : la marche inévitable vers la transition. Ils dénoncent de toutes leurs forces le mépris envers le peuple ayitien. Le 7 février 2021 sonnera le glas de ce régime tyrannique, sanguinaire. À partir de cette date, débutera en Ayiti une ère nouvelle. Au nom des principes démocratiques, l’OEA se doit d’apporter sa contribution sans faille », lit-on dans la correspondance de l’opposition.

Depuis quand l’OEA s’investit dans la démocratisation des petits pays – pays périphériques dépendants – où l’organisation matérialise son hégémonie ? De quels principes démocratiques s’agit-il ? En quoi les organisations internationales travaillent-elles au profit des principes dits démocratiques ?  

Fidèle à un pouvoir qui l’a soutenir dans le raz-de-marée américain contre le Venezuela de Nicolas Maduro, Louis Almagro a rejeté la demande de l’opposition. Le secrétaire réaffirmait son soutien à l’organisation des élections pour renouveler le personnel politique ; signe de la revitalisation de la démocratie en Ayiti. À rappeler que c’est l’OEA qui a donné naissance au pouvoir PHTK en 2011.

Pourquoi solliciter l’aide de l’OEA pendant que l’on critique l’ingérence de cette institution dans les affaires internes du pays ? N’est-ce pas là de l’incongruence, de l’indécence et de l’inconséquence ? L’appel à l’OEA ne traduit-il pas une légitimation de l’ingérence ?

Les acteurs politiques ayitiens veulent avoir leur blanc pour les aider à réaliser leur plan machiavélique. Il n’y a aucun problème avec l’ingérence, mais plutôt avec la position de l’étranger (du blanc) en ce qu’elle est en faveur d’un clan. L’idée est de pactiser avec le diable pour notre bien-être, et ce, advienne que pourra.

Pendant que l’opposition tâtonne et réclame la transition, le pouvoir en place fonce vers les élections.  

Ce jeudi 7 janvier 2021, le Conseil électoral provisoire du président Jovenel Moise vient d’annoncer son calendrier pour la réalisation des élections locales, législatives et présidentielles. Selon le calendrier du Cep contesté, d’ailleurs il faut souligner que tous les CEPs depuis 1988 ont toujours été contestés, les élections devraient avoir lieu le 19 septembre 2021 pour le premier tour, le 21 novembre pour le deuxième tour. Les résultats définitifs devraient être publiés le 22 janvier 2022.  

Continue Reading

LES PLUS LUS