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Justice-Faits Divers

La mort de Me Monferrier Dorval est d’une violence révoltante

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N’ayez pas peur de ce qui arrivera demain ! Révoltons-nous contre l’inacceptable ! Contre l’inadmissible ! Haïti ne peut pas sortir du sous-développement chronique dans lequel il se trouve sans le savoir. Sans la connaissance. En broyant les cerveaux, en intimidant les hommes et les femmes de valeur, que restera-t-il de cette République déjà en carence de tout ?

L’exécution de Me Monferrier Dorval ne doit être ni possible ni normale. Un bâtonnier est un symbole et inspire le respect. Il est une autorité intellectuelle et morale. On s’incline devant l’autorité du savoir qui que vous soyez. On ne touche pas à un symbole. À l’Université, on m’a appris à me courber devant celui qui incarne l’autorité du savoir. La nation est secouée dans ses fondements. Le symbole de la vraie autorité est brutalement anéanti. Les repères sont perdus. Nous sommes en train de vivre la fin de quelque chose.

Deux questions lancinantes taraudent tout un chacun : qui a donné ce contrat d’exécution à cet assassin ? Pourquoi cette personne – ou ces personnes ? – l’a appliqué si froidement et sans état d’âme ? De ces deux premières questions, surgit une troisième : pourquoi ignorons – nous le mal politique et le mal tout court ?

La vie est sacrée. Elle est un cadeau de Dieu. Elle doit être respectée et protégée. Ceux qui y portent atteinte doivent être poursuivis, partout où ils iraient se cacher.

Je suis révolté contre la barbarie, contre les crimes abominables dont sont victimes les pauvres, les femmes, les filles dans nos quartiers précaires. C’est avec émotion que je salue leur mémoire. Il n’y a pas de vie supérieure à une autre. Toutes les vies se valent, mais on ne s’attaque pas à un scientifique, à un homme comme le docteur Monferrier Dorval. Ce crime perpétré dans un environnement délétère où les assassins bénéficient de l’impunité, est porteur d’un message. D’un message terrifiant. La communauté internationale, notamment les États-Unis favorable au pouvoir en place, lancent de temps en temps des alertes sur ces crimes commis par les groupes armés qu’ils considèrent comme étant très graves contre les populations civiles. Mais ils s’y conforment par réalisme politique tandis que sur le terrain où la raison de la force brutale
devient chaque jour nécessairement la meilleure. En tout cas, le régime en place évite de parler de justice pour les victimes et n’offre pas de garanties pour l’organisation des procès justes et
équitables. Il se pourrait dans un avenir proche, le modèle hybride combinant le droit interne et les éléments internationaux va constituer une option face à la carence de la justice locale. Le colonialisme judiciaire est à nos portes

L’assassinat de Me Dorval a une particularité qui ne va pas sans poser quelques questions. Notre Bâtonnier n’avait ni arme, ni argent ni pouvoir. Il n’avait que les idées à défendre. Sa satisfaction était la recherche de l’honneur dans le travail bien fait pour le compte de son pays.
Je suis vexé et indigné, ravagé. On détruit une voix forte, légitime et professionnelle. Dans notre cité, les citoyens sans défense meurent en quantité et en qualité. L’État, notre souverain bien, à qui revient la fonction régalienne de protéger la vie et les biens, est détourné de sa vraie mission. L’État n’est gouverné, ni administré, avait expliqué le juriste au pays. Il a payé le prix fort de son choix de vivre au milieu de ceux-là à qui il cherchait constamment à donner une humanité mais qui ont oublié la sienne.

LE PEUPLE S’EST TROMPÉ
Il fut un Mapou du droit constitutionnel haïtien qui s’est implanté dans le sol d’Haïti devenu ingrat de ses sacrifices de patriote. Au-delà de son sang inutilement versé, la mort de Me Monferrier Dorval traduit une immense faillite d’idéal. Elle nous porte à nous poser de lancinantes interrogations sur notre choix de société. À questionner notre moralité publique qui semble plutôt recommander l’élimination physique d’adversaires et de contradicteurs plutôt qu’un débat d’idées, susceptible de déboucher sur un consensus large et véritable entre toutes les composantes de la nation. Peu importe l’ origine cette tragédie humaine, la question de l’ éthique reste totalement posée dans toute son acuité dans notre société.

Notre grande faute, c’est d’avoir trop longtemps confié dans notre république le pouvoir de décider à des âmes animales. Et le résultat, c’est cette faillite collective à laquelle nous assistons. Des intellectuels comme nous font tout pour confier le pouvoir à des nuls dans le but d’en avoir le contrôle souterrain. Nous sommes trop jaloux. Cette jalousie qui nous habite de façon permanente nous amène à ignorer constamment le mal ou à choisir le mal à la place du bien au détriment de nous-mêmes. Nous ne souhaitons pas que nos frères aillent aux astres. Finalement nous détestons le Vrai, le Beau, la Qualité et l’Excellence. Le seul point sur lequel nous faisons consensus au cours de ces trois décennies, c’est la médiocrité. Nous nous obstinons chaque jour à barrer la route à la compétence, à l’intégrité et au patriotisme. L’installation des régimes incompétents à la direction de l’État n’est pas seulement une erreur mais un choix de société que nous supportons joyeusement.

Nous avons joué dangereusement avec l’avenir du pays. L’histoire politique récente est là pour témoigner nos errements. L’Esprit du peuple est le résultat de son activité politique. Notre déchéance est le résultat d’une succession d’erreurs. Grattons les souvenirs les plus récents sans complaisance ! L’élection de René Préval en 2006 consacrant son retour au pouvoir pour une deuxième fois et celle de Michel Martelly furent deux grandes erreurs historiques qui conduisent le pays à sa perte. En histoire, deux erreurs consécutives ne donnent jamais droit à une troisième. Or, voilà que nous en sommes à une troisième. Un homme peut se tromper, un dirigeant peut se tromper, mais quand c’est tout un peuple qui se trompe sur des questions d’intérêt national, le pays va plus vite à sa perte. Notre ère est celle d’un peuple déchu qui a perdu conscience de ce qu’il est. L’absence de son sens d’humanité et de sa solidarité agissante expliquent cet état de déchéance. Ce n’est pas seulement l’exécution sommaire de cet homme de grande culture qui m’attriste mais aussi la méconnaissance du peuple du Beau, du Vrai, de l’Éthique et du Juste.

Que veulent dire ces trois journées de deuil décrétées par le pouvoir quand c’est le gouvernement qui lâche littéralement les assassins dans l’air en ce qu’il ne fait quasiment rien pour les retenir ? Contournement, ruse et cynisme ? L’État a la responsabilité de protéger les vies et anticiper les actions des gangs. L’a-t-il fait pour notre Bâtonnier ? Le fait-il pour le reste de la population vivant sous la menace des gangs de toutes sortes ? La réponse coule de source.

Je comprends les notes d’indignation. Il ne faut pas dire seulement un simple « non » à la barbarie de l’intelligence. Il faut acter raisonnablement et profondément. Notre « non » catégorique aura un sens quand le peuple de manière collective cessera d’honorer de ses suffrages l’incompétence et l’incivisme au pouvoir. C’est à ce moment-là seulement que tout ira bien.

Dans l’état actuel des choses, on ne sortira pas sans l’émergence d’une radicalité ordonnée. Nous rentrons dans la phase de la caducité de l’Esprit. La caducité traduit la fin et l’évolution de l’Esprit. Il faut casser quelque chose pour que l’Esprit haïtien renaisse.

En effet, le signe de la haute destination absolue du peuple, c’est de savoir ce qui est bien et ce qui est mal et de faire le choix entre le bien et le mal. Lorsqu’on parle d’un peuple, il faut expliquer ou expliciter les formes dans lesquelles il se particularise. Ce sont l’histoire, la culture, la Constitution, le système juridique, les arts, la science, la religion, par lequel chaque peuple se distingue des autres.

NOUS N’AVONS PAS UN PROBLÈME DE CONSTITUTION
Je n’ai pas été toujours d’accord avec Me Monferrier Dorval et Madame Mirlande Manigat sur les justifications qu’ils ont présentées pour un changement de régime politique en Haïti. Il y a entre nous des désaccords importants. La beauté d’une thèse est qu’elle fonctionne à l’intérieur d’une autre. Ruiner une thèse, c’est d’abord montrer sa fonction extra théorique. Il ne s’agit pas ici de démolir mais d’offrir une autre explication.

La mise en œuvre d’une Constitution dépend de l’état d’esprit des gouvernants et des gouvernés et de leur rapport au droit et à la loi. En effet, la Constitution la mieux élaborée, politiquement correcte ne sera jamais appliquée en Haïti. Le pays n’a pas réellement un problème de constitution parce que nos bonnes lois ne sont jamais appliquées. La raison fondamentale est qu’Haïti possède des élites rétrogrades et barbares, incapables d’évoluer dans une société haïtienne moderne dominée par les principes de l’État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie représentative. Le respect de la Constitution d’un pays est d’abord une question d’éducation.

La Constitution donne à l’État ses formes, son mode de gouvernement. L’État vit dans le citoyen. L’action de l’État doit être celle du citoyen dans lequel il cherche sa fin historique. L’État, sa Constitution, ses lois et institutions appartiennent au peuple. Un chef d’État ne peut pas détourner l’État et se l’approprier à lui tout seul. C’est par la mise en œuvre de la Constitution que la fin de l’État peut être le plus sûrement atteinte. Or depuis son adoption en 1987, notre loi mère n’a jamais été mise en œuvre. Elle a été souvent ignorée, violée et mise de côté.

Le changement constitutionnel est un moment important dans la vie d’un peuple. L’adoption d’une constitution doit être le résultat d’un choix absolument libre et déterminé par la réflexion. La meilleure Constitution est celle d’un État dans lequel règne le plus de liberté. En ce sens, la Constitution de 1987 répond à cette exigence. Le texte de 1987 est parvenu à concilier de façon heureuse la liberté des citoyens et les pouvoirs des gouvernants.

Pourquoi cet engouement à vouloir changer la Constitution ? Ne soyons pas dupes !
La Constitution de 1987 est le résultat du changement inauguré le 7 février 1986. Elle ne peut être le fruit de la déraison. Elle n’est pas irrationnelle. On n’élabore pas une constitution pour répondre aux passions des chefs amoureux du pouvoir autoritaire et totalitaire.

Contrairement à ce qu’expliquait Me Dorval, la dyarchie installée au sein de l’Exécutif haïtien n’est pas une source d’instabilité politique. Le partage du Pouvoir exécutif entre le Président de la République et un Premier Ministre était venu résoudre le problème de l’omnipotence du pouvoir présidentiel en Haïti, jusqu’ici incontrôlable. Il ne s’agit pas ici d’une sorte d’irréalisme constitutionnel mais plutôt d’un manque flagrant d’évolution des mentalités politiques de nos dirigeants. Sous l’empire de la Constitution de 1987, le Président dispose de réels pouvoirs mais ce qui est important, c’est de trouver la manière de les exercer. La Charte fondamentale de 1987 n’a pas affaibli ni diminué l’importance du pouvoir présidentiel en Haïti mais a essayé de supplanter la force du Président à celle de l’État de droit. C’est là que réside le dilemme de nos chefs d’État habitués à une culture de pouvoir personnel que le Professeur Claude Moise analyse comme un dilemme constitutionnel.

AMÉLIORONS PLUTÔT NOTRE CONSTITUTION !
Il y a toujours une raison à la loi. Le régime politique haïtien n’est donc ni déséquilibré ni irrationnel par le fait qu’il ne confère pas au Président de la république le droit de dissolution. Il n’y a pas un régime parlementaire mais plusieurs qui connaissent de nombreuses applications. Celui d’Haïti en est un.

Ce n’est pas l’esprit français ni celui des Américains qui se reflète à travers la Constitution de 1987 mais l’état du peuple haïtien. Chaque Constitution à sa manière de limiter les risques d’arbitraire. L’histoire a montré que la dictature ne peut venir que de l’Exécutif. C’est la raison pour laquelle nous avons pris des siècles avant de trouver la formule pour limiter le plus que possible l’arbitraire du pouvoir exécutif par la mise en place des freins que représentent les contre-pouvoirs.

Le régime présidentiel américain qu’on veut nous offrir comme modèle et qu’on veut reproduire en Haïti, n’est pas exportable en dehors des États-Unis. La réussite ou la pérennité du régime américain provient de quatre facteurs importants : la neutralisation réciproque des pouvoirs qui sous-entend l’irrévocabilité réciproque : le caractère fédéral de l’État où concentrent les pouvoirs, l’indépendance du pouvoir judiciaire qui n’a d’égal que son autorité morale.

Les juges de la Cour suprême, explique Robert Badinter, ont un devoir d’ingratitude à l’égard de leur autorité de nomination. Ces juges sont les gardiens impartiaux de la nation, de la règle de droit en qui le peuple place toute sa confiance. Enfin, c’est l’industrie qui favorise l’intelligence individuelle dans la recherche du bonheur d’ où l’ on sort où l’ on vient. C’est avec raison que certains professeurs de droit constitutionnel français expliquent que la Constitution américaine est une œuvre de fierté. C’est pourquoi le rêve américain -, donc l’esprit américain – est difficilement transportable hors du territoire des États-Unis. Le texte américain jouit d’un immense prestige dans le monde. Il demeure la plus grande œuvre que l’esprit humain n’ait jamais réalisée.

La Constitution haïtienne de 1987, la notre, peut être une réussite haïtienne. Travaillons -la ! Perfectionnons – la ! Revisitons les travaux intellectuels et remarquables du Professeur de droit Mirlande Manigat, ceux de Claude Moïse, les propositions de Me Dorval et d’autres travaux pondus par d’autres experts en la matière pour enfin découvrir « l’Esprit haïtien », afin que notre loi mère puisse être à l’avenir être un objet légitime de fierté pour les Haïtiens. Ne copiez pas l’Esprit américain ni celui de la France ! Si vous le faites, l’échec est consommé d’avance. Le savoir est culturel. C’est en cherchant la dimension culturelle du savoir que nous pouvons raisonnablement trouver la vérité que nous cherchons tous ensemble. La Constitution américaine traduit l’Esprit du peuple américain et l’évolution de cet Esprit dans l’évolution. Elle arrive à phase de maturité et de perfectionnement après 27 amendements. De notre coté, nous nous jetons, non dans la création mais dans la facilité, principale cause de la domination du pays, lorsque nous refusons de réfléchir sur des choses complexes dans un monde de plus en plus complexe.

CHERCHONS D’ABORD L’ESPRIT DU PEUPLE !
Ceci dit, les grands hommes et femmes de notre pays doivent chercher l’Esprit du peuple haïtien et se conformer à lui. C’ est en cherchant l’ Esprit général du peuple qu’ on peut lui élaborer une Constitution et des lois.

Dans la Constitution de 1987, il y a le meilleur. Le pire, c’est-à-dire ses imperfections, ses ambiguïtés, ses contradictions, est à corriger pour que ce texte puisse répondre aux exigences de clarté et de précision.

Je rêve d’un débat sérieux et ouvert sur la réforme constitutionnelle en Haïti. Le débat que mon grand ami, le Docteur Josué Pierre-Louis et moi avions souhaité avec Me Monferrier Dorval sur la réforme constitutionnelle annoncée maladroitement par le Président Jovenel Moïse, n’aura pas lieu à cause de cette disparition tragique. Les manœuvres du Chef de l’ État pour changer la Constitution ne sont que du délire qui lui fait oublier la notion du temps. Le President Moise ne peut plus intervenir dans un temps qui n’existe plus. Le Chef de l’État n’a malheureusement ni le pouvoir constitutionnel, ni l’autorité, encore moins la crédibilité, pour engager la nation dans une telle initiative.

Ceci dit, j’ai le profond regret de formuler ces critiques en son absence, les mêmes que j’adresse aussi à la professeure Mirlande Manigat, qui est à la fois une beauté du savoir et de nature. Nous souhaitons que l’espace du droit constitutionnel haïtien soit fréquenté de mieux en mieux par des universitaires de valeur.

Me Dorval, cette étoile universitaire s’est interrompue brutalement, constitue une perte aussi bien pour le droit haïtien que pour le droit constitutionnel. Il fut dans sa phase ascendante vers la consécration suprême. Il faut souligner que dans l’espace du droit constitutionnel haïtien, il s’est taillé une place prépondérante, ce qui fait qu’on l’appelait « Monsieur droit constitutionnel » et à ce titre qu’on dit qu’il n’y a pas deux sans lui.

Pendant qu’on y est, malgré l’immense différence qualitative existant entre nous et ces deux grandes figures du droit constitutionnel haïtien, qu’on espère pouvoir réduire avec l’effort dans le travail, en tant que semence de l’espoir, on ne manquera pas de donner notre pleine mesure à la communauté universitaire.

Le monde de la francophonie pleure le départ d’un éminent juriste, notamment les étudiants de la faculté de droit de l’ Université d’ État qui commencent à manquer sa science, son éloquence et surtout son sourire humain ravageur.

Il est quand même triste et navrant d’avoir à dire adieu dans ces conditions à un homme de grande culture, à un citoyen et à un patriote. On s’entend pour dire en vérité qu’il incarnait les trois.

L’État de droit reviendra, la parole redescendra, elle fera chair et prendra place à côté des victimes et des opprimés.

Mes condoléances aux étudiants et étudiantes de la Faculté de droit ainsi qu’aux avocats et avocates de la République, et à la nation.

Me Sonet Saint-Louis av.
Professeur de droit constitutionnel, Faculté de droit ( UEH)
30 août 2020
Tel 37368310
Sonet43@Hotmail.com.

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D’évadé de prison à chef de la police municipale de Petit-Goâve, Gerry Archange Anderson Leconte sème la terreur

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Ti Leconte, voilà le nom qui résonne dans les rues de la ville de Petit-Goâve. Depuis son installation en tête de la police municipale de Petit-Goave, Gerry Archange Anderson Leconte alias Ti Leconte se comporte comme un vampire.

Assoiffé, il boit le sang de plusieurs personnes. S’érigeant en maitre et seigneur, il décide sur la vie des personnes comme bon lui semble. Il sème la terreur. Il aime se faire peur. Et le plus beau dans tout cela, il se vante à longueur de journée d’être un franc-tireur.

Chaque semaine, Ti Leconte est au cœur de l’actualité.

Pour affirmer son pouvoir illimité, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2020, Gerry Archange Anderson Leconte a tiré dans la jambe gauche de Gérald Jean parce que ce dernier aurait refusé d’obéir à ses ordres. Selon les informations, Gérald Jean refuserait de déplacer sa voiture qui, d’après chef Leconte, a été mal parquée.

Au micro du journaliste Mathieu Guytho de la Radio Préférence FM, le chef de la police municipale dit avoir agi en légitime défense. « J’ai tiré pour neutraliser le type (Gérald Jean) qui m’a menacé de mort », argumente Leconte. Des jeunes ont bloqué la route nationale # 2 et certaines rues de la ville pour protester contre Leconte et exprimer leur solidarité à Gérald Jean.

Le 4 juin 2020, Leconte a criblé de balles Mydermeson Malbranche alias Ti Peter  parce que ce dernier serait un voleur. Ti Peter, accusé de vols et d’association de malfaiteurs, n’avait pas même la chance de se défendre devant un tribunal comme ce fut le cas pour Ti Leconte.

Se comportant comme un éléphant dans un magasin de porcelaines, le seigneur Leconte s’investit aussi dans la perversion. Sous le couvert de l’anonymat, certains riverains soutiennent que Leconte pratique la perversion sexuelle en ayant des relations amoureuses avec des mineurs.

Critiquer les actions du tout puissant Ti Leconte est un grand risque pour se faire tirer dessus, expliquent des gens avec la peur au ventre. Et ce feuilleton se déroule aux vues de tous. Maires. Commissaire du gouvernement. Les responsables de la police de la ville. De l’insécurité officialisée, dit-on.  

« Même si je suis en désaccord avec ce qu’il fait, je n’oserais le critiquer parce qu’il a la bénédiction de tous les hauts-gradés de la ville », dit une jeune femme.  « Parfois on aime Leconte parce qu’on a peur de lui », avance une autre.  C’est comme un monstre qui pavane dans les rues et qui hante l’esprit des gens.

Malgré les divers agissements combien douteux de ce type, qu’il emprunte l’étiquette tueur ou chef de la police municipale, des personnes témoignent leur reconnaissance à son égard. « Il n’a que des voleurs qui peuvent réclamer l’arrestation de Leconte. C’est grâce à lui si Petit-Goâve n’est pas encore devenu Port-au-Prince en matière d’insécurité », a posté un Petit-goâvien sur son compte Facebook.

« Il effectue un bon travail au sein de la ville. Mais il faut qu’il éprouve du respect pour la vie d’autrui. Parce qu’on ne peut jouer pas avec la vie des gens comme il le fait », a écrit un autre.

Ti Leconte fait l’objet de plusieurs accusations d’assassinat et de disparition de jeunes dans la ville. L’opposition politique de Petit-Goâve a même donné une conférence de presse en date du 23 octobre 2020 pour dénoncer les agissements de Leconte et de certains policiers. Agissements qui rentrent dans le cadre d’un plan du gouvernement visant à exterminer les dirigeants de l’opposition locale, affirme le porte-parole de la structure, M. Pierre Augustin, selon ce qu’a rapporté le journal Le National.

Gerry Archange Anderson Leconte a été arrêté le 13 décembre 2008 pour activités de kidnapping et associations de malfaiteurs, et évadé de prison lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Une situation qui a provoqué son éviction au sein du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO) de la Police nationale.

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Michelet Nestor : « La société est complice de l’assassinat de Evelyne Sincère »

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Âgée de 21 ans, Evelyne Sincère a été kidnappée, torturée, puis retrouvée morte à Delmas 24 à moitié nue sur un amas de détritus.

Son assassinat semble être un crime de trop en lisant les nombreuses publications des personnalités publiques, des femmes et hommes d’État sur les réseaux sociaux marquant leur colère et leur ras-le-bol. La recrudescence de l’insécurité inquiète.  

Contrairement à la majorité des gens qui imputent l’entière responsabilité à l’État ayitien d’être irresponsable et insensible à l’égard du sort des citoyennes et citoyens et en laissant carte blanche aux bandits d’imposer leur loi à la population, le leader du Mouvman Rèv Ayisyen, Michelet Nestor, jette sa dévolue sur la société.

“L’État n’est pas le seul responsable. La société est également complice de ta mort, Evelyne Sincère, en mettant au pouvoir des gens inaptes, dépourvus de tout sens de responsabilité”, affirme Michelet Nestor. Ces gens, dit-il, participent à affaiblir les institutions étatiques, et pervertir la justice, tout en approvisionnant les bandits en armes et en munitions.

Tout le monde se dit révolté, indigné une énième fois par l’insécurité grandissante et généralisée qui fait pleurer de nombreuses familles. On dirait que l’indignation serait sous le point d’atteindre son apogée.

Qu’avons-nous fait pour empêcher que de tels actes ne se reproduisent pas ?, se questionne le numéro 1 du Mouvman Rèv Ayisyen. 

Très touché par cet acte odieux, Michelet Nestor s’oppose à l’exploitation politique qui se fait de la mort de l’écolière,  d’ailleurs de toute personne morte. Michelet Nestor va encore plus loin en disant que les gens qui s’amusent à exploiter ces situations douloureuses, tristes sont pour la plupart ceux qui ont traîné le pays au bord de cet abîme.

“C’est indécent, malsain et inhumain en tentant de faire son capital politique à partir de la mort d’une personne.” Nous devons apprendre à respecter la dignité humaine, même lorsqu’une personne est morte, a-t-il ajouté.

“Evelyne Sincère, ton âme ne reposera jamais en paix, tant que la société ne prenne pas ses responsabilités, tant que les criminels, et les acteurs de ce système sanguinaire, meurtrier ne répondent pas de leurs actes devant la justice”, pense Michelet Nestor.

Dans cette lignée, Michelet Nestor se demande si l’indignation ressentie ne serait pas sélective. Combien de temps allons-nous garder les victimes dans notre mémoire tels que Mamoune, fillette de 14 ans tuée froidement par un agent de sécurité du restaurant Cap Deli, le 18 juin 2020 au Cap-Haitien, le bâtonnier Monferrier Dorval (28 août 2020), Grégory Saint-Hilaire (2 octobre 2020) jusqu’à ce que justice soit faite.

La société se sent-elle vraiment concernée par ce qui se passe dans le pays ? L’assassinat de Evelyne Sincère sera-t-elle la goutte qui fera renverser le  vase ? Et qui oblige la société à dire que s’en est trop ?

Pour Michelet Nestor : « Il revient à la société de prendre ses responsabilités, lorsque l’État ne répond pas à ses obligations ». Et « les morts ne seront jamais en paix, tant que la société ne prenne pas sa responsabilité, tant que les gens de ce système sanguinaire ne répondent pas de leurs actes devant la justice », affirme Michelet Nestor.  

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« Moïse Jean Charles, un monstre à déconstruire », selon Edmonde Supplice Beauzile

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Un bras de fer s’est déclaré entre Moïse Jean Charles et des leaders de l’opposition dite démocratique, après que le leader de Pitit Dessalines avait refusé de protester avec l’opposition dans la capitale haïtienne samedi 17 octobre, date marquant la mort du Père de la patrie, Jean Jacques Dessalines.

Dans ce bras de fer, un clash a eu lieu entre l’ancienne sénatrice Edmonde Supplice Beauzile et Moïse Jean Charles. Des dénonciations de travers. Des accusations de tout poils.

Lors d’une interview sur la radio Magik 9 vendredi 16 octobre 2020, Moïse Jean Charles a tiré à boulets rouges sur la présidente de la Fusion Socio-démocrate en lui reprochant d’avoir voté Laurent Salvador Lamothe comme premier ministre. Fait reconnu par la sénatrice. “Mon vote était publique, ce n’est pas un crime”, dit Madame Beauzile.

Ces personnes sont malhonnêtes pour me reprocher quoique ce soit, a évoqué Moïse Jean Charles.

Personne ne peut dire que j’ai participé dans des actes de corruption, affirme Edmonde Supplice Beauzile, ce lundi 19 octobre 2020 sur Magik 9.

Mme Beauzile soutient que Moïse Jean Charles fait le jeu du pouvoir en place. Elle a même révélé la campagne d’aspersion de la plateforme Pitit Dessalines au moment de la crise sanitaire du Covid-19 a été financée par le président Jovenel Moïse.

“Moïse Jean Charles est faux et il fait avaler des coulèvres à des personnes qui ne prennent pas le temps de le connaître”, fustige Mme Beauzile qui traite le secrétaire général de Pitit Dessalines de corrompu.

Son discours anti-impérialiste n’est qu’une farce. Lors d’une séance au sénat sur la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), le sénateur Moïse s’est opposé à moi parce que je constestais le fait que Bill Clinton co-dirige la commission, avance Edmonde Supplice Beauzile.

Mme Beauzile a aussi ajouté que sous la présidence de René Préval, l’ancien sénateur du Nord a reçu une somme de 120 millions de gourdes pour organiser des activités dans des quartiers populaires; activités pour lesquelles Moïse Jean Charles n’a pas encore donné de rapport. Par ailleurs, l’ancienne sénatrice remercie le président Préval d’avoir nommé Moïse Jean Charles comme sénateur de la République.

Si la justice faisait son boulot, Moïse Jean Charles ne pouvait en aucun cas être candidat parce qu’il est impliqué dans la mort de plusieurs personnes à Milot, soutient Mme Beauzile. Par ailleurs, l’ancienne sénatrice remercie le président Préval d’avoir nommé Moïse Jean Charles comme sénateur de la République.

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