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Politique

Le cynisme de Jovenel Moïse devient dangereux

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Après plus de deux ans au pouvoir à ternir l’image du pays, à vulnérabiliser encore plus la vie sociale, à piétiner la fonction de président, et surtout à mentir à longueur de journée, Jovenel Moïse, conscient être au bord du gouffre, décide de s’attaquer à des gens du secteur privé, en procédant à l’annulation des contrats juteux signés entre l’État haïtien et le secteur privé.

Se réclamant d’être émané de ce secteur, Jovenel Moïse a été élu grâce à ce secteur qui lui a donné de l’argent pour faire campagne pendant environ deux ans, sans mentionner la bonne contribution de l’OEA qui a même donné naissance au pouvoir PHTK en 2011.

Pourquoi s’attaquer à ces contrats maintenant ? Pourquoi ne pas les annuler avant cette crise ? N’avait-t-il pas connaissance desdits contrats? Mais la question consiste à savoir en quoi l’annulation de ces contrats va être bénéfique pour la population. Dans quel secteur va-t-on investir pour résoudre cette crise? Ou simplement que va faire le président pour résoudre la crise ?

Au lieu de donner des garanties sur la reprise des activités dans le pays, le président se conforte dans sa position cynique en disant qu’il existe uniquement que de grandes villes où la réouverture des classes n’est pas effective. C’est comme si la situation n’est pas grave, et que l’on peut s’accommoder. Il préfère miminiser l’état actuel du pays, pendant que de nombreux Haïtiens constatent, avec le plus grand désespoir, de voir partir en fumée leurs rêves, leurs projets. Personne ne peut faire des projections en Haïti. Pour minimiser la crise, Jovenel Moïse s’acharne à parler d’annulation de contrats, de franchises qui, en fait, sont de bonnes mesures. Mais en quoi cela permet-on de sortir la crise? En quoi cela favoriserait la reprise des activités ?

D’autre part, se dessine une forme de partisanerie dans la décision du président de la République. Pourquoi annuler les contrats des gens du secteur privé qui manifestent et protestent contre lui et non pas ceux des gens de ce secteur qui le soutiennent encore ? Peut-être que les contrats signés avec ses amis qui le supportent encore ne sont pas juteux. Du pur folklorisme !

L’annulation de ces contrats se fait uniquement dans l’objectif de rester au pouvoir. Sa prétendue bonne volonté à travailler pour le bien-être du pays laisse à désirer. Depuis quand la vie de la population intéresse le président qui a passé à ne rien faire? D’ailleurs, il le reconnaît bien, lorsqu’il soutient que “la machine se démarre maintenant”. “La réforme commence maintenant”. Que faisait-il avant dans ses différents programmes : caravane du changement, et tous ses trucs bòdègèt (restaurants communautaire, etc.) ?

Affirmant lors de sa campagne électorale qu’il allait relancer la production agricole, surtout celle du riz dans la vallée de l’Artibonite, Jovenel Moïse ne cesse de faire appel à d’autres pays pour un aide en produits alimentaires. Incongruence! Incompétence ! Indécence ! Tout s’imbrique chez lui.

Le pays s’écroule. La gourde se déprécie à un rythme sans précédent. L’extrême pauvreté devient plus criante. La recrudescence de l’insécurité fait pleurer de nombreuses familles. Haïti figure dans toutes les listes des pays les plus vulnérables en toute matière. Sans prendre aucune mesure capable de remédier à cette situation, Jovenel Moïse soutient qu’il a fait de son mieux, comme s’il était à la tête du pays pour ne rien faire, ou seulement pour jouir des privilèges que procure chèrement le pouvoir d’État.

Ce qui est certain, c’est le folklorisme et le cynisme de Jovenel Moïse. Pire encore, il croit qu’il défend l’intérêt du peuple. Quelle belle illusion !!! Pourquoi tarde-t-il à défendre l’intérêt du peuple, comme il le prétend ?

Or, son parfait cynisme explicite l’occultation du bien commun en s’accrochant à son pouvoir et en ignorant les cris du peuple ces temps-ci qui réclament sa démission. Démissionner serait irresponsable, dit-il, alors que tous les secteurs de la vie nationale ne demandent que cela. Dans la soi-disant interview accordée à la Radio Télé Métropole, lundi 28 octobre 2019, Jovenel Moïse détache les secteurs de la population haïtienne, lorsqu’il admettait qu’il travaille au profit du peuple, et qu’il n’a pas l’intention d’entendre les secteurs.

Pour s’accrocher à son pouvoir qu’il ne cesse de réclamer sa légitimité au moment où tous les secteurs en ont ras le bol de sa mauvaise administration, Jovenel Moïse croit encore qu’il est lui-même capable d’exploiter la crise en opportunité. Il se réclame de promoteur de réforme. Pendant qu’il a passé plus de deux ans à détériorer la vie des citoyens et citoyennes et à plonger le pays dans un chaos à nulle autre pareille. Peut-être que le changement dont parle Jovenel Moïse a le sens de régression.

La posture de Jovenel Moïse cadre bien avec la thèse de Hannah Arendt qui disait qu’à force de mentir, le menteur finit par croire en ses propres mensonges. D’ailleurs, Jovenel Moïse se persuade qu’il dit la vérité tout en faisant des promesses non honorées. Il se persuade qu’il peut diriger le pays malgré les lueurs d’espoir de la majorité partent en fumée. D’où le malaise de son populisme délétère qui pourrait se transformer en totalitarisme, en dictature, en anarchie en ce que sa croyance le pousserait à tout faire, même à exterminer des gens, pour conserver son pouvoir. Une situation qui pourrait engendrer la perte du monde, la désolation, la solitude, et l’incapacité d’agir à cause de la terreur, pour reprendre Hannah Arendt.

Cela dit, le cynisme de Jovenel Moïse est dangereux. Il casse tout. Nos relations diplomatiques. Nos relations historiques. Surtout avec le Venezuela. Nos institutions, surtout en sollicitant l’expertise de l’OEA dans le dossier PetroCaribe, malgré l’existence des rapports de la Cour des Comptes. Il participe à décrédibiliser les travaux des institutions républicaines du pays, pendant qu’il a la noble tâche de garantir le bon fonctionnement de ces institutions.

“J’assume toute la misère du peuple”, dit Jovenel Moïse lors de cette soi-disant interview.

Exemple parfait du cynisme, Jovenel Moïse s’enlise dans les méandres de l’indécence et l’indifférence. Un héritage historique que nous a légué le populisme où le chef d’État est indifférent au bien-être de la nation. À cet effet, la politique consiste en ce jeu d’intérêts dénué de toute dimension morale; elle se comprend comme espace d’enrichissement et d’abnégation du bien collectif. L’indécence enlève aux politiques (hommes et femmes) leur capacité d’avoir honte, pour répéter Hérold Toussaint, où le courage d’habiter Haïti en ces temps-ci pour les plus démunis, les plus conscients et soucieux du bien commun, se révèle d’un exercice périlleux comme les tragédies d’Homère. Le pouvoir d’État ne sert qu’à une réalisation de soi (individuel). Jovenel Moïse traduit bien cette réalité lorsqu’il refuse de démissionner au moment où tous les secteurs le réclament.

Jovenel Moïse se contente de se réaliser soi-même en tant que personne, et non en tant que président. Il laisse présager une forme de fierté, alors que son administration est jusqu’à présent l’une des pires administrations qu’a connu le pays. S’il était capable de faire appel à la morale, au bon sens, il aurait dû voir le “peuple” qu’il l’a soi-disant élu président en a ras le bol de son administration. Au lieu de favoriser le bien-être de la population, il s’acharne à exploser, avec son incompétence exemplaire, toutes les valeurs de la République.

S’enfermant dans ses bulles, il refuse de voir que tout s’écroule autour de lui. Il fait la promotion de la logique du “Je m’en foutisme”, logique qui fait abstraction de la vie des autres. Autant que cela rapporte, la vie des autres importe peu, pourrait-on dire. Son cynisme arrive même à déclarer inconcevable le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986, et de Jean Bertrand Aristide en 2004 malgré toutes les horreurs, atrocités engendrées et commises par ces deux pouvoirs, juste pour montrer les méfaits des luttes politiques et les pouvoirs de transition.

Autrement dit, Jovenel Moïse normalise le pouvoir de Duvalier et celui Aristide, et du coup légitime les atrocités de ces pouvoirs.

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Opinion

Haïti transition: QUI REMPORTERA LA MISE ?

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Le projet accouché au forceps le week-end dernier par « l’Alternative consensuelle » est-elle conforme à la constitution ? L’opposition n’est-elle pas en train de réinventer la roue en proposant l’organisation d’une « conférence nationale » et l’élaboration d’une « réforme constitutionnelle » ? Et qui aura la plus grosse part dans cette âpre lutte pour le pouvoir ? Voici trois sujets qui méritent d’être scrupuleusement étudiés.

Depuis des mois, des manifestations de rue occupent le devant de la scène politique et le mot d’ordre est le départ du Président Jovenel Moïse avant la fin de son mandat constitutionnel de cinq ans. Sous l’obédience de la « Passerelle », l’opposition, de son côté, tente de chercher une formule consensuelle pour contraindre le locataire du palais national à abandonner le pouvoir, comme s’il y avait une vacance présidentielle, un vide de pouvoir.

L’agitation de nos « chefs de bande » défie le bon sens. Est-ce de l’ignorance ou de la haine qui anime nos hommes politiques et qui les conduit à la bêtise répétitive ?

Un secteur de l’opposition propose de se tourner vers la Cour de Cassation pour remplacer l’actuel Président encore en fonction. Cette solution préconisée aura des conséquences tant sur le plan juridique que politique. Toute action politique doit avoir une cohésion ou une logique interne. On ne renverse pas un Président par consensus : on l’évacue soit par le vote des citoyens, soit par la force. Quels moyens forts dont dispose l’opposition pour évincer le chef de l’État ? À quel exercice se livre l’opposition : est-il de nature démocratique ou révolutionnaire ?

En droit constitutionnel, et surtout dans un État de droit constitutionnel démocratique, les détenteurs du pouvoir décident par délégation du peuple. Une fraction du peuple ne peut pas se poser comme peuple en extorquant la souveraineté nationale. Nous appartenons à une république dont la forme repose sur l’égalité des droits civils et politiques pour tous. Si nous avons les mêmes droits, il me semble que nous n’ayons pas les mêmes chances d’en faire usage. Il ne faut pas qu’au sein de cette table de concertation, l’égalité des droits se réduise au droit de quelques-uns.

Somme toute, le pouvoir du citoyen ou la souveraineté du peuple s’épuise dans le choix démocratique de ses représentants. (Articles 58 et 59 de la Constitution). C’est à la Constitution qu’il revient de donner un cadre juste du pouvoir. La solution à laquelle nous recourons nous ouvre une voie sans retour.

Deux points de trop

Au niveau des élites politiques et économiques, sans que l’on puisse parler d’échec, l’unité nationale autour d’un projet commun n’est pas aussi facile à réaliser comme certains le croient. Deux grands points du programme de la transition – la conférence nationale et la réforme constitutionnelle – mériteraient d’être analysés.

L’idée de la réalisation d’une conférence nationale pour refonder la nation n’est pas l’approche à privilégier. Une conférence nationale nous projette un futur imprécis, chargé de virtualités douteuses quant à l’avenir des recommandations qui y seront adoptées. Elle est une illusion du passé qui n’habite que les esprits en retard. Notre monde globalisé vit au rythme de la démocratie, du multilatéralisme et du libéralisme triomphant. Notre monde, on le répète, est celui de la démocratie, de l’État de droit, de la bonne gouvernance et des droits de l’homme. Ces concepts forment aujourd’hui ce que nous appelons l’idéologie dominante. La société haïtienne, comme toute société humaine aspirant à la modernité, ne peut fonctionner en dehors de cette réalité globale.

Le projet de conférence nationale souveraine apparaît comme une réponse facile d’élites en panne d’inspiration face à des problèmes complexes. La mondialisation nous place devant des choix difficiles. Il se révèle donc impossible de gouverner aujourd’hui sans recourir au savoir, à la technologie et au savoir-faire, conditions indispensables à la transformation du monde.

Le savoir est d’abord culturel. Il proclame la post – modernité, en réaction à la pensée moderne occidentale ayant dominé le monde pendant des siècles. Aujourd’hui la question qui est posée aux intellectuels haïtiens est la suivante : en quoi la dimension culturelle du savoir nous permettrait -elle de construire un savoir et un savoir-faire haïtiens déliés de toute domination pour répondre aux besoins du développement d’ Haïti, tout en assumant notre appartenance au monde globalisé ?

En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, est-elle la réforme de l’État ? Parler de réforme constitutionnelle revient d’abord à se demander quelle est la meilleure constitution pour Haïti, c’est-à-dire par quelle disposition, quelle organisation, quelle structure du pouvoir d’État, les buts de l’État peuvent être le plus sûrement atteints ?

Je l’ai souligné à maintes fois que le pays n’a pas un problème de lois et de constitution. Celles qui se révèlent les meilleures dans notre arsenal juridique et constitutionnel n’ont jamais été appliquées dans le sens du renforcement de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance. L’application de la Constitution ne dépend pas seulement de sa valeur juridique, politique et idéologique, donc de sa valeur intrinsèque, mais de la volonté des gouvernants et des gouvernés de la respecter. L’obéissance à la loi est d’abord une question d’éducation. Pour appliquer la loi, il faut apprendre à vouloir la loi et à l’aimer.

L’homme n’est ce qu’il doit être que par l’éducation, par l’entraînement. L’animal termine bien vite sa formation. L’homme ne bénéficie pas ce bienfait de la nature. Il faut mettre les élites haïtiennes à l’école de la démocratie et à l’école tout court.

La dyarchie installée au sein du Pouvoir exécutif n’a pas diminué l’institution présidentielle. Au contraire, la Constitution de 1987 accorde de réels pouvoirs au Président de la République. L’article 136 de la Constitution, qui est une sorte de dérogation au principe de la séparation des pouvoirs, hisse le Chef de l’État au rang d’arbitre neutre des conflits et des contradictions pouvant surgir dans le fonctionnement régulier des pouvoirs de l’État. Le Président de la République, l’élu du peuple, a de réels pouvoirs, ce qui est important, c’est de savoir « comment les exercer », comme disait feu Leslie Manigat.

En dernière analyse, on peut dire que la Constitution de 1987 accouche un régime politique dans lequel les pouvoirs doivent faire preuve de modération et acceptent l’existence des contre-pouvoirs. La dictature ne peut venir que de l’exécutif. C’est pourquoi les peuples ont mis plusieurs siècles à réduire l’arbitraire du détenteur de ce pouvoir par la construction de l’État de droit. La Constitution de 1987 était venue résoudre un problème : la crainte d’un retour de l’autoritarisme présidentiel.

Le déséquilibre créé au profit du pouvoir législatif est la preuve de la rationalité du régime politique haïtien. Il n’y a pas de loi sans raison. Il y a toujours une raison à la loi. On n’élabore pas une Constitution dans un vide factuel. Toute loi vient pour résoudre un problème. La raison de la Constitution de 1987 est historique et politique. Sur ce point, elle a accompli son travail historique. La méconnaissance de l’histoire est un obstacle à la connaissance du droit et à la connaissance tout court.

En opposition à ces idées un peu boiteuses, ma compréhension du problème est que les élites haïtiennes entretiennent un rapport difficile au droit et à la loi. De ce fait, elles se révèlent incapables d’évoluer dans une société haïtienne moderne dominée par les principes de l’État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie. En ce sens, ne faut-il pas regarder du côté des générations plus jeunes, des citoyens plus responsables, modernes, mieux formés et informés ? Pour ces jeunes, férus d’Internet et de technologies modernes, la fin du système n’est-elle pas la fin de la domination de la classe dirigeante, opposition et pouvoir confondus ? Qui sont les partants et quels sont les nouveaux arrivants ?

Il ne fait l’ombre de doute que la population donne une certaine forme de soutien à l’opposition mais rejette du même coup ses méthodes violentes. Quelle issue reste-t-il au peuple ? Dispose-t-il d’une réelle avant-garde? Les contradictions sont multiples. L’absence d’une voix forte, rassurante et légitime est fortement regrettable, pour ne pas dire inquiétante. Nous sommes devant la complexité des problèmes posés par un possible départ du Président Jovenel Moise et son remplacement par un juge à la Cour de Cassation. L’entente apparaît difficile parce que la cupidité des uns et des autres au sein de cette opposition les empêche de trouver la formule consensuelle pour arriver à ce partage de pouvoir hors de l’onction populaire.

Le partage du gâteau


Qui aura la plus grande portion du gâteau ? Assurément « L’Alternative consensuelle ». Cette entité fractionnelle de l’opposition réclame la plus grande part du pouvoir parce qu’elle estime que son niveau d’engagement sur le terrain est plus fort que les autres. Elle fait valoir à ses concurrents qu’elle compte beaucoup de victimes dans ce combat engagé contre le pouvoir en place il y a plus d’une année. Par son rôle d’avant-gardiste, l’Alternative se considère comme la plus grande force politique actuelle. En conséquence, elle ne saurait se mesurer à l’aune des autres, ni avoir le même niveau de responsabilité dans la nouvelle gouvernance publique qui sera instaurée à la tête du pays après le départ du Président Jovenel Moïse. Prenant le contre pied de de la déclaration de l’aile dure de l’opposition, Madame Edmonde Supplice Beauzile a rétorqué si le nombre de morts était devenu un indicateur de pouvoir, d’engagement ou de manifestation de puissance ?

Quoiqu’il en soit, un problème subsiste de part et d’autre. Mais la question est celle-ci : que faudrait-il pour avoir le pouvoir, la force politique et la légitimité pour négocier une part importante du pouvoir ? La déclaration de l’Alternative consensuelle est un message codé dans la langue des prix. Le mort est le prix de la légitimité sur le marché politique. Ce marché qui, pour l’heure, prend le pas sur la vie. Qu’auront donc ces morts déclarés après leur mort organisée dans cette bataille politique ? Avaient-ils été tout simplement liquidés sur l’autel des prix du marché libre de la politique concurrentielle des autres ?

La Cheffe de la Fusion des sociaux-démocrates devrait-elle reconsidérer ses méthodes de combat pour mobiliser les sentiments et les engagements pour avoir plus d’efficacité dans la bataille politique ou se tenir à sa force de conviction ? Une politique contre la vie et l’intérêt humain est-ce vraiment ce qu’il nous faut ? La politique en Haïti chez nous se limite-t-elle seulement à garantir un environnement social et économique à haut risque ? En politique, il y a toujours des intérêts personnels mais il ne faut que ceux-ci deviennent égoïstes et mesquins, a-t-elle insisté.

L’espoir s’effrite avec la politique de la corde raide. Dans le secteur de l’opposition, les violons ne s’accordent pas. Ces tiraillements internes ne servent-ils pas le pouvoir qui ne peut que les entretenir à son profit ? Chacun se croit le seul détenteur de la vérité qu’il cherche à monopoliser à son seul et unique profit. Voilà pourquoi rien ne garantit que la proposition commune que « l’opposition plurielle » vient d’accoucher, tiendra la route. Il me semble que chacun se replie dans son état chronique d’hyper-conscience de son moi et dans une subjectivité ne jouissant plus que d’elle-même. Tout se passe comme si nous serions entrés dans une nouvelle barbarie de la réflexion politique ?

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Editorial

Sommes nous en guerre? En guerre contre qui?

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“Des bougies, des lumières et des prières pour ces jeunes disparus”.

Trop de morts, trop de jeunes sont partis pour cette course lointaine. Il faut fermer ce robinet de sang. Trop de pleurs dans les yeux, trop de douleur dans les cœurs, trop de cris des mères qui perdent leurs enfants. J’ ai ressenti la douleur de ma mère défunte à travers le cri de ces femmes désespérées et sans consolation. Ces cris montent jusqu’au ciel et font la tristesse du maitre de la vie. Ce sont des crimes sauvages et inutiles qui arborent la conscience humaine. Haiti, mère de la liberté et promotrice des valeurs des droits de l’ homme ne doit pas avoir une telle conduite envers ses fils. Elle ne peut pas faucher la vie de ses enfants en quête d’espoir et d’ un mieux être.

Cette situation n’ est pas digne de la première république noire indépendante du monde. Elle nous ridiculise. Elle nous dément chaque jour.

La police nationale, la seule force publique en activité sur le territoire a l’ obligation constitutionnelle et légale de protéger les vies et les biens des citoyens. On attend d’ elle un comportement qui soit conforme et respectueux des droits de la personne humaine.

Suivant l’ article 263- 1 de la Constitution de 1987, ” aucun corps armé ne peut exister sur le territoire national, à part la Police et l’ Armée. Le Président Jovenel Moise, est – il entrain de suivre la trace de Jean Bertrand Aristide, comme c’ était le cas en 2004, où celui-ci faisait intervenir des étrangers dans son équipe de sécurité en violation des lois de son pays ?

Le Président Jovenel Moise doit peser ses décisions. Il risquera, comme Jean Bertrand Aristide de subir en silence le jugement de l’ histoire, pour avoir sollicité l’ occupation de son propre pays par les forces étrangères dans le seul but de récupérer un pouvoir perdu par sa propre faute. Le pouvoir n’ est pas fait pour durer. Il ne durera point quand surtout il est exercé contre l’ intérêt humain. L’ amour du pouvoir est le commercement de la tyrannie.

Le Chef de l’ État pourrait être inquiét pour sa sécurité personnelle et celle de famille, inquiétude ou pas, dans un État organisé, la sécurité du Président de la République doit être prise en charge par les forces de sécurité nationale.

La sécurité du Président, tout comme sa santé est une question qui relève de la sécurité nationale. Nous ne pouvons pas confier à d’ autres tous les attributs qui relèvent de la souveraineté nationale. Nous ne sommes pas sérieux.
Car, le premier devoir d’ un État, c’ est d’ assurer la sécurité de ses citoyens. Comment le Président peut – il assurer la sécurité de son peuple, s’ il n’ est pas lui même en sécurité, ou s’ il ne fait pas confiance à nos forces de sécurité publique?
Ces comportements récurrents démontrent clairement que nos dirigeants ne sont traversés par aucune onde patriotique. Il nous faut donc chercher d’ autres modèles de fierté et de patriotisme qui peuvent inspirer les générations futures.
En effet, ce sont là autant d’ actes attentatoires à la souveraineté nationale. Leurs auteurs peuvent être accusés de crime de haute trahison. Un État ne doit pas soumette ses citoyens à la violence des étrangers ou à celle d’ un autre État. Il ne doit pas manquer à son droit de protection. Seul l’ État national détenteur de la puissance publique et de la violence légitime peut restreindre certains droits; mais il faut que cette restriction soit justifiée dans le cadre de la loi. Nous ne sommes pas protégés. Nous existons que par procuration.

Au delà de l’ irresponsabilité de nos gouvernants dans la gestion de l’ État, nous ne devons pas banaliser la vie. ” il faut aimer la vie. Tout moun se moun”. La vie est un don de Dieu, un cadeau du créateur. En ce sens, la vie doit être protégée et respectée. Ceux qui y portent atteinte doivent être recherchés et poursuivis partout ils iraient se cacher. Ces crimes quotidiens, ne doivent – ils pas nous interpeller en tant que patriotes et citoyens?. Haiti ne peut descendre plus bas. Elle atteint les tréfonds de l’ abîme. Ça arrive trop loin, il faut un sursaut national pour sauver ce pays en détresse. On ne peut plus continuer à vivre dans ce environnement stressant, et de plus en plus menacé.
Pourquoi veut – on s’attaquer à la vie d’ un chef d’ État en exercice ?


A qui profite la multiplication de ces cadavres à chaque manifestation populaire ? Combien en faut – il encore pour s’arrêter ? Sommes – nous devenus fous?

Des bougies, des lumières et des prières à ces jeunes disparus. C’ est avec émotion que je salue leur mémoire. Que le Dieu de consolation vienne en aide à ces familles durement éprouvées.

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Politique

Par complicité ou lâcheté, le president fait des cachotteries

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Image credit: RFI

Si l’on se réfère à ses discours antérieurs, le président de la république Jovenel Moïse se présente comme un président légitimement élu par le peuple et pour le peuple. Le fait de préciser qu’il est légitime laisse présager l’idée de son illégitimité. À force de dire que l’évidence est évidente, cela paraît suspect. Comme dans ses promesses de campagne, il se présente comme le sauveur et qu’il a la clé des maux qui rongent la nation haïtienne.

Au début de son mandat il préfère s’attaquer aux protagonistes qui imposent cette misère au peuple haïtien, même s’il a été lui aussi soutenu par ces gens, qui maintenant réclament sa démission.

Maintenant le président de la république connaît, si l’on croit son discours, les rongeurs de ce pays, et affirme du coup son impuissance face à ce système. Plus généralement, c’est au Président de la République qui incombe de veiller au respect de la Constitution, d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire. Il est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire, alors qu’il s’acharne à s’apitoyer sur son sort d’incapable.

Avec la phrase “Suivez mon regard” il affiche le comportement de lâche pour un président dit légitime et qui se donne pour mission de combattre en faveur de la population.

Selon Marc André un etudiant en Agronomie ” il est temps pour que vienne les grandes décisions, s’il y a une raison de ne pas citer des noms, c’est que vous êtes incapable de diriger le pays, alors votre démission nous conviendrait plus que votre complicité ou lâcheté. ”

Le comédien “Matyas” dans une vidéo révèle que le président Jovenel Moïse dans son discours a craché sur le peuple haïtien. “Jovenel Moïse est le fruit du système, à travers son discours prouve que cette série de mobilisation qui paralyse le pays ne représente rien.” De cet fait le comédien annonce une réponse dans les jours qui viennent, et demande à la Police Nationale de déposer les armes s’ils ne veulent pas responsable de la mort de nos concitoyens. Conclut Matyas.

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