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Mort d’une fillette de 14 ans au Cap-Haïtien, le silence de la société devient complice

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Mamoune Régis, fillette de 14 ans, a été assassinée par un agent de sécurité du restaurant Cap Deli, le 18 juin 2020.

À son âge, elle débrouillait pour trouver de quoi se nourrir pour ne pas mourir de faim.
“Elle tenait comme moyen de survie une corbeille de surettes. Parfois, pour mieux joindre les deux bouts, pour ne pas mourir de faim, elle s’essayait à épousseter les voitures qui sillonnent le boulevard du Cap-Haïtien, dans l’espoir de quelques gourdes”, rapporte le journal Port-au-Prince Post.

C’est en cherchant à joindre les deux bouts qu’elle a été tuée. Selon les informations, Mamoune Régis attendait devant le restaurant la gratification d’un boss après avoir essuyé sa voiture. Pendant l’attente, l’agent de sécurité (Lions Sécurité) lui hurlait dessus pour qu’elle s’en aille. Mamoune lui a demandé : ‘’pourquoi tu me gueules dessus ? Te prends-tu pour un chef ?’’ Alors, rouge de colère, l’agent de sécurité, sans hésiter, dégaine son arme et tire à bout portant. Mamoune n’en sortira pas vivant. Elle rendit l’âme ! Pour un rien …», lit-on dans les colonnes de Port-au-Prince Post.

Pour compenser la vie de cette fille qui ne valait rien aux yeux de la société, à ce qu’il paraît, les responsables du restaurant ont sorti une note de presse pour dénoncer l’action de leur agent de sécurité, tout en la qualifiant d’incident.

« La direction du restaurant Cap Deli a le vif regret d’informer qu’un incident grave s’est produit cet après-midi devant son local au cours duquel un agent de sécurité a lâchement assassiné une fillette dans des circonstances tragiques ». Après deux jours de fermeture, le restaurant reprend service comme si la vie de Mamoune Régis n’avait aucune importance. D’ailleurs, la société ne s’intéresse pas au sort de cette fillette qui, plongé dans la misère, essayait de s’en sortir dignement en faisant des boulots jugés dégradants.

Et pour se conforter, un responsable du restaurant disait que la responsabilité pénale est personnelle. Sachant que l’agent de sécurité a pris la fuite.

Malgré la photo de la fillette circulait sur les réseaux sociaux, l’indignation semble ne pas consumer les gens comme ce fut le cas pour les danseurs Nancy Droléans et Sébastien Petit. De l’indignation sélective, dit-on.

Depuis quelques semaines, l’insécurité continue de faire pleurer des familles. Pendant que des personnes se font tuées, le pouvoir en place s’attèle à publier des décrets, les uns plus bizarres que les autres. Comme si le pouvoir PHTK veut attirer l’attention du public sur d’autres choses que les véritables problèmes du pays.

À chaque assassinat, l’on a l’impression que l’indignation pourrait atteindre son apogée.

Les réseaux sociaux s’enflamment après la mort du danseur Sébastien Petit (20 ans) et de la danseuse Nancy Droléans (25 ans) en date du 23 juin 2020. Revenus d’une répétition à Petion-Ville pour le spectacle live de l’artiste Misty Jean, ces deux jeunes n’ont pu rentrer chez eux. Au contraire, ils ont été retrouvés morts calcinés à Tabarre.

Une situation qui plongerait les internautes haïtiens dans une colère. Colère ! Tout le monde semble s’indigner de voir des vies disparues aussi facilement comme si la vie humaine n’a aucun sens.

Samedi 27 juin 2020, Norvella Bellamy, 56 ans, cadre de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Daphnée Fils-Aimé, la mère de son fils de quatre ans, et un homme dont l’identité est encore inconnue ont été tués par balle, à la rue Lespinasse, Delmas 75, presqu’en face de l’hôpital Espoir

Le juge de paix Jean Flaury Raymond, citant le témoignage d’une femme de ménage, a indiqué que les victimes participaient à « une réunion politique du parti Regroupement patriotes responsables (RPR) quand une discussion a éclaté et des coups ont été tirés », a rapporté le quotidien Le Nouvelliste.

Le jeudi 25 juin 2020, un fusillade a fait six morts à Ganthier. Selon les informations, un “malade mental” au nom de Jimmy Charles s’est emparé de l’arme régulièrement enregistrée d’un commerçant avec laquelle il a tué 5 personnes au centre ville de Ganthier.

Pris en chasse, Jimmy Charles a été intercepté et lynché par des membres de la population. Dans ce fusillade, trois autres personnes ont été blessées et transportées à l’hôpital.

Bien avant, soit le 15 juin 2020, l’éducatrice Martine Lherisson ainsi que son mari ont été assassinés chez eux.

Pour déplorer ces assassinats, quelques personnes ont organisé un sit-in le 29 juin 2020 devant le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) avec des banderoles indiquant: Nou vle viv. Nou gen dwa viv. Très pacifique, ce sit-in a été balayé de très tôt par des agents de la Police Nationale qui faisait usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes.

Pourquoi la police n’empêche pas plutôt les bandits de tuer nos proches ?, disent certains pour protester contre les agissements de la PNH.

Toutefois, ces situations semblent ne pas trop ébranler la société haïtienne. Elles apparaissent comme des faits parmi tant d’autres!

Autant que la sensibilité de certaines catégories de la population s’exprime, autant que l’insensibilité du pouvoir en place s’affiche. Cette posture coïncide à la façon dont Norman Ajari (2019) définit l’insensibilité, comme étant “la capacité à infliger des souffrances à un autre humain, où à en être témoin, sans éprouver le moindre désir de la faire cesser ou de la diminuer”.

Si tant est que l’insensibilité soit comprise comme l’une des conditions de possibilité d’une production de l’indigne, il convient d’évoquer que la société haïtienne serait frappée par une négation de la dignité humaine qui consiste non seulement à couper l’individu de sa communauté et de ses appartenances, mais également à nier sa singularité et son unicité, pour paraphraser Norman Ajari.

Tellement en chute libre, le pays semble devenir un espace défriché où l’humanité n’habite presque personne. Le pouvoir vole les ressources du pays. Nous constatons. Des personnes se font tuées presque chaque jour. Nous constatons.

À chaque meurtre, assassinat, enlèvement, kidnapping, les enquêtes judiciaires se poursuivent et n’aboutissent jamais. En effet, les enquêtes sur la mort de Jean Dominique, Jacques Roches, Brignole Lindor, et plus récemment Vladjimir Legagneur sont classées sans suites, sans oublier de nombreux citoyens sans notoriété, sans voix qui ont succombé sous les balles des assassins.

La justice comme pouvoir n’arrive pas à se conduire comme tel. Elle laisse le champ libre aux groupes armés d’imposer leur propre loi à la population.

Les groupes armés ont tellement de latitudes, certains d’entre eux arrivent même à faire une coalition appelée “G9 an fanmi” pour montrer leur force par rapport à celle publique. L’insécurité est entrain de se normaliser, comme si cela n’inquiète en rien qu’une personne se fasse tuée. N’arriverait-on un jour où tuer une personne se résumerait à un simple jeu de cartes ?

Notre rapport à la mort traduit une banalisation de la vie humaine qui à son tour résulte d’une forme d’insensibilité où la vie ne vaudrait même pas la peine d’être vécue.

Au-delà de cette insensibilité se développe une indignation, très superficielle qui tenterait de prouver notre humanité devant des crimes, des injustices, en un mot devant l’indigne.

Cette indignation est tellement sectaire et sélective pour parvenir à donner le résultat qu’a donné le mouvement Petrochallenge qui fut lancé sur les réseaux sociaux avant d’atterrir dans les rues pour forcer les autorités, surtout les juges de la Cour des Comptes, à enquêter sur la dilapidation des fonds du PetroCaribe.

Au lieu d’être concrète, réelle, l’indignation est virtuelle, et elle devient virale sur les réseaux sociaux à chaque injustice, meurtre.

Sur les réseaux sociaux, la majorité des haïtiens/haïtiennes exprime leur colère, leur frustration envers les autorités étatiques par rapport à la situation du pays. Ils/elles en profitent parfois pour les injurier avec des commentaires, tweets ou autres.

Avec quelques caractères, l’on manifeste nos désarrois, nos mécontentements. L’on a le sentiment d’être sidéré face à de telles atrocités. À quel point l’est-on vraiment ?
Comme si cela suffirait à résoudre les problèmes du pays, ou plutôt à un premier niveau, à insuffler une dose de conscience à nos dirigeants malhonnêtes.

Manifester sa sidération sur les réseaux sociaux évoquerait le sentiment d’avoir fait quelque chose. Pendant que des commentaires, des publications expriment la rage, la vie de tous les jours suit son cours, dirait-on, normalement. Peu importe que l’odeur des cadavres nous parfume. Peu importe que l’on pleure nos proches disparus. Peu importe que la population s’appauvrit de jour en jour.

L’indignation est éphémère et sélective. Et l’on a vite oublié les raisons pour lesquelles l’on a été sidéré. À dieu les victimes! Tant qu’il ne s’agit pas de nos proches, pas la peine de s’en soucier.

“Dessalines avait fait la révolution, parce qu’il n’avait pas de téléviseurs pour l’amadouer, pour lui faire peur de la mort, pour lui faire croire que révolter, manifester, s’indigner pour sa dignité humaine était un acte de terrorisme”, disait sur un ton ironique un professeur à la Faculté des Sciences Humaines, en signe de critiques à la passivité de la population haïtienne par rapport au nombre de problèmes auxquels elle fait face.

Après tout, peut-être que l’inaction viserait en ce sens à se protéger. Et ce, peu importe que la tempête de l’insécurité détruit “tout” sur son passage. Il faudrait se protéger avant de s’intéresser aux autres, en oubliant que l’insécurité, les malheurs des autres nous frapperont un jour en plein visage. La question de survie plonge les haïtiens, les haïtiennes dans une posture pour le moins bizarre par rapport à l’autre. En ce sens, l’éthique de la responsabilité citoyenne se noie dans les arcanes du fleuve du Stygx.

Il est nécessaire d’évoquer encore Norman Ajari qui disait ceci: “Pour les opprimés, la dignité est un concept synonyme d’entrée dans le domaine de la politique selon leurs propres termes, qui implique un questionnement sur la vivabilité même de la vie. La dignité apparaît alors comme un effort pour vivre une vie authentiquement humaine, consubstantiel d’une revendication de l’histoire de ces efforts .” (Norman Ajari 2019).

La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des gens de bien, disait Edmund Burke.

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Un Mbappé brillantissime éclipse le Barça et tue tout espoir de remontada

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L’on n’est pas besoin d’être fan du ballon rond pour entendre parler de ce duel opposant le PSG et le Barça. Ces deux clubs qui ont l’habitude de s’affronter en Ligue des champions. Et l’histoire retiendra que le Barca a été très souvent sorti vainqueur de ce duel qui fait toujours le bonheur des spectateurs de ce sport magnifique.  

Cette année, la roue tourne. Le PSG a beau été secoué mais se qualifie pour le quart de finale de la Ligue des champions ce mercredi 10 mars 2021 avec un nul (1-1) au Parc des princes. 

Et c’est grâce à un grand et brillantissime Kylian Mbappé que PSG doit cette qualification en marquant à lui seul 4 buts pour l’ensemble des deux matchs. Un bouffé d’oxygène pour les parisiens qui attendaient impatiemment ce moment. Surtout après leur grande défaite historique face aux Blaugranas le 8 mars 2017, (6-1) au Camp Nou, après s’être imposé (4-0) à l’aller.

Les fans du Barca croyaient que l’histoire allait se répéter comme on aime dire : les mêmes faits produisent les effets. Mais ils oublient qu’ils n’ont plus Neymar, l’homme de la grande remontada du 8 mars 2017. Ane a farin nan pa vin nan menm sak.

Les parisiens croquent à pleines dents le Barça de la même manière que l’on  mord dans une framboise au beau printemps avec ses 5 buts contre 2 sur l’ensemble des deux matchs de la huitième de finale. 

Assurant le leadership en l’absence de la star brésilienne, Neymar Junior, Mbappé a été énormissime devant un Barça pas au meilleur de sa forme, malgré les efforts de Léo Messi, au match retour, jouant aux cotés des joueurs sans grande motivation.  

Mbappé tue tout espoir de remontada pour les Blaugranas, et sort ses griffes pour bouffer tout cru les poulains de Ronald Koeman.

En course pour le C1 le PSG et le Barça, cette fois sous ses caprices, Fortuna la déesse du hasard a dû enfin remettre pour une fois le Barça à Morphée,  le Dieu du sommeil.

Si tant est que le Barça soit grisé par l’ivresse du score aller , il est maintenant cuit par la chaleur de Mbappé et brûlé  par le soleil de Navas qui a stoppé de fort belle manière un penalty de Messi, envoyant un signal fort aux catalans leur disant qu’ils allaient être éliminés.

Le Barça se laisse emporter par le PSG comme un voilier se laisse emporter par le vent.

Le jeune français a permis au PSG de devenir le premier club français à s’imposer sur la pelouse du Camp Nou en Ligue des Champions depuis 1984.

Si le match aller était comme de l’eau à boire pour le PSG de Mbappé, le match retour était toute autre chose. Les protégés de Pochetino étaient moins performants. Aussi l’équipe était-elle très prenable. Mais le sauveur dieu Mbappé était encore là pour tuer tout espoir d’une nouvelle  remontada des espagnols.

Jero Marie Scolastique PIERRE

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Un projet de coup d’État ayant à sa tête Marie Louise Gauthier avorté

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Des membres haut-gradés de la Police nationale et de la Cour de Cassation ont élaboré, sous les ordres des autorités du Département d’État américain, un projet de coup d’État pour forcer Jovenel Moise à quitter le Palais national le 7 février 2021 sous l’égide de l’article 134-2 de la Constitution.

L’idée était de procéder à une arrestation déguisée de Jovenel Moise par les services de sécurité du Palais national. Une arrestation qui conduirait Jovenel Moise à l’habitation Petit Bois, plus bas de l’ambassade américaine.

Selon des informations recueillies auprès des sources fiables, le mandat émis par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire s’acheminerait à l’ambassade américaine pour approbation avant d’arriver aux mains du chef de la sécurité du Palais national, Dimitri Herard. Ce dernier, via des audios sur WhatsApp indiquant une conversation avec Marie Louise Gauthier, confirmait avoir été contacté par des autorités du Département d’État sur le projet de coup d’État.
Après l’arrestation de Jovenel Moise jusqu’à le forcer à quitter le pays, les complotistes procéderaient lundi 8 février à l’installation du pouvoir de transition. Toutefois, ce projet se réaliserait si Jovenel Moise restait au Palais jusqu’au matin du 7 février 2021.

Au courant de ce projet, le pouvoir en place a procédé ce dimanche 7 février 2021, aux environs de deux du matin, à l’arrestation de l’inspectrice Marie Louise Gauthier, le juge de la Cour de Cassation Yvickel Dieujuste Dabrésil et plusieurs autres personnes pour complot contre la sureté de l’État.

Il faut rappeler que ce bras de fer entre le pouvoir et l’opposition sur la fin du mandat du président Moise a engendré ce 7 février un pays en ébullition. Plusieurs personnes gagnent les rues dans plusieurs villes du pays pour manifester contre le pouvoir. Des routes bloquées. Des tirs résonnent partout dans le centre-ville de Port-au-Prince.

Pendant que le pays est au bord de l’explosion, Jovenel Moise se rend à Jacmel pour le carnaval. Jovenel Moise dans un tweet annonce qu’il s’adressera ce dimanche à la nation pour présenter au peuple ayitien le bilan de ses quatre ans au pouvoir. Parallèlement, le président du tiers du Senat Joseph Lambert soutient qu’il va également s’adresser à la nation ce dimanche. Par ailleurs, l’opposition crie haut et fort la fin du mandat de Jovenel Moise ce dimanche 7 février.

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Le propriétaire du Supermarché « Sen Yo La » Jacques Pierre Matilus tué à Delmas 40b.

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Des hommes non identifiés et lourdement armés ont abattu, le propriétaire du mini market « Sen Yo La » à 40 B. Selon les témoins les hommes armés ont ordonné à l’homme d’affaires de monter à bord de leur véhicule aux fins de kidnapping, ce qu’il a refusé de faire.

Refusant de monté à bord d’un Nissan Patrol d’immatriculation Service de l’Etat, les hommes lourdement armés l’ont assassiné de plusieurs balles devant son mini market à Delmas 40B.

Signalons que, la victime a été un cadre au niveau du Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes, et serait un potentiel candidat à la députation de l’Estère, sa ville natale. En réponse à cet acte jugé barbare les riverains ont entamé un mouvement de protestation dans la zone.

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