Connect with us

Opinion

Que faut – il faire quand les fondements de l’ État sont renversés ?

Published

on

Oser penser libre dans un foyer d’ intolérance.

Le mouvement de mobilisation contre le Président Jovenel Moise draine chaque jour des secteurs importants de la société. L e Chef d’ État, peut -il continuer à diriger le pays, s’il est isolé du peuple ?

Comment expliquer que tant de secteurs importants de la vie nationale lui tournent le dos en si peu de temps ?

Le pays vit actuellement une situation extrêmement difficile. L’ appel au dialogue lancé par la communauté internationale n’ arrive pas toujours aux oreilles des protagonistes de la crise. Dans les deux camps c’ est la corde raide. D’ un coté, le Président est fortement contrarié dans ses actions mais pas encore démis ni chassé du pouvoir. De l’ autre coté, l’ opposition fait des gains politiques considérables en empêchant le Président de gouverner mais ne parvient pas à mettre en oeuvre son agenda politique. De ce fait, nous assistons entre le pouvoir et l’ opposition, à une lutte à mort pour le contrôle du pouvoir et de l’ espace politique. Mais, au delà de cette lutte intestine, il y a la réalité quotidienne qui sonne plus fort que n’ importe quelle voix.

La situation économique d’ Haïti atteint aujourd’hui un niveau critique. Or, on ne saurait blâmer Jovenel Moise, ni le rendre responsable du sous – développement chronique dans lequel le pays est plongé depuis plus de deux siècles . Cette faillite actuelle de la société et de l’ État est le bilan de tous les gouvernements qui ont dirigé Haïti, et notamment ceux qui l’ ont gouvernée après 1986 . Cependant, le Président Jovenel Moise, comme ceux qui l’ ont précédé, ont leur part de responsabilité dans cette descente aux enfers. Le peuple vomit cette forme de gouvernance publique et on ne peut plus continuer à faire les choses de la même façon. Il nous faut vraiment du nouveau. mais comment imposer le nouveau modernisateur sans faire l’ inventaire des bêtises et des échecs de ces trente dernières années. ?

Du point de vue politique, la rupture est sur point d’ être consommée. Nous vivons un changement d’ époque. Le temps d’ un nouveau modèle de développement est arrivé. Les citoyens exigent que les cartes soient rebattues mais elles ne peuvent pas être rebattues d’ elles mêmes.

Depuis un certain temps,
des secteurs importants de la société appellent à la mise en place d’ un pouvoir de transition pour remplacer l’ actuel locataire du palais national. Pour y arriver, les protestations contre le gouvernement sont organisées dans tous les coins. Les citoyens, faute de mieux, semblent adhérer à ce projet de transition dont les contours et l’ agenda ne sont pas clairement définis. Il y a risque de se tromper une nouvelle fois. Face à cette incertitude, Il y a quand même des questions qui méritent d’ être légitimement posées. Qui seront les acteurs de cette transition? Qui seront les sortants et les entrants? Quelle sera la durée de cette transition? Quel sera le rôle de la communauté internationale dans cette transition ?

La montée en puissance de l’ ancien destructeur fait peur. La plus grande faiblesse de ce projet de transition est la crainte d’un retour offensif de l’ ancien désuet dans gestion de l’ État.
Pour plus d’ un, il y a des figures qui se projettent au devant de la scène devraient passer par un questionnement rigoureux de leur bilan. Le probleme de la crédibilité des acteurs est l’ obstacle majeur pour la mise en place de ce gouvernement de transition.

L’ État en Haïti demeure la substance de tout. Les sortants ne sortiront jamais. Depuis trente (30) ans la politique est prise en otage par les sortants, les ramassis de coquins, les réactionnaires, les boss du crime organisé des deux camps. Le problème de la confiance se pose. L’ histoire politique récente nous montre que ce sont les sortants en réserve de la République qui ont toujours profité de la contestation populaire pour se tailler une nouvelle position à l’ arrivée de tout nouveau pouvoir. Dans la bataille du peuple, il y a d’ autres batailles qui ne sont pas les siennes. La bataille pour le changement véritable ne s’ annonce – t -elle pas difficile ? Sommes-nous enfin abonnés ou condamnés à la politique du pire?

La manifestation du passé dans notre présent déterminant, ne doit – elle pas nous contraindre à la réflexion ?

Devant les incertitudes grandissantes, il devient de plus en plus probable qu’on rate une nouvelle fois le train du changement. Le peuple oublie très vite. A cause de l’amnésie collective dans laquelle est plongée notre société, l’ accouchement du nouveau devient difficile. L’ ancien plus rusé tient le nouveau en échec. En effet, sans un partenariat des gens de bien, des progressistes et des patriotes de toute tendance et de toutes conditions sociales, nous risquons de renouveler à chaque fois la politique du pire à la tête de l’ État.

Une ère nouvelle, commence – t- elle en Hait? Le système se trouve dos au mur. La contestation se généralise. Sur le terrain, le peuple revendicatif crache sa colère. Face à l’ incapacité du pouvoir en place de répondre à ses besoins , de faire régner l’ ordre et la paix dans le pays, le projet d’ une transition politique se précise chaque jour et apparait pour plus d’ un comme la solution légitime pour résoudre la crise politique actuelle. Mais, on le sait, plus une légitimité est forte, et plus elle suscite des attentes qui ne souffrent pas d’ être déçues.

Ce projet de transition n’ est pas certain. A cause des divisions et des ambitions démesurées au sein de cette opposition, il semblerait que la transition qu’ on annonce facile, dans une vision erronée de la réalité politique pourrait être porteuse de menaces plus que de promesses.

Au niveau des élites dominantes et dirigeantes, sans que l’ on puisse parler d’ échec, l’ unité nationale autour d’ un projet commun n’ est pas aussi facile à réaliser que certains le croient.

Analysons les deux grands points du programme de la transition: la conférence nationale et la réforme constitutionnelle

1) La conférence nationale.

L’ idée de la réalisation d’ une conférence nationale pour refonder la nation n’ est pas l’ approche à privilégier. La conférence nationale nous projette un futur imprécis chargé de virtualités douteuses quant à l’ avenir des recommandations qui y seront adoptées. Elle est une illusion du passé qui n’ habite que les esprits en retard. Notre monde globalisé vit au rythme de la démocratie, du multilatéralisme et du libéralisme triomphant. Notre monde, on le répète, est celui de la démocratie, de l’ État droit, de la bonne gouvernance et des droits de l’ homme. Ces concepts forment aujourd’hui ce que nous appelons l’ idéologie dominante. La société haïtienne, comme toute société humaine qui aspire à la modernité ne peut fonctionner en dehors de cette réalité globale.

Le projet de conférence nationale souveraine apparait comme une réponse facile des élites en panne d’ inspiration face à des problèmes complexes. La mondialisation nous place devant des choix difficiles. Il se révèle donc impossible de gouverner aujourd’hui sans recourir au savoir, à la technologie et au savoir-faire, conditions indispensables à la transformation du monde.

Le savoir est d’ abord culturel, proclame la post modernité, en réaction à la pensée moderne occidentale qui a dominé le monde pendant des siècles. Aujourd’ hui la question qui est posée aux intellectuels haïtiens est la suivante : en quoi la dimension culturelle du savoir nous permettrait – elle de construire un savoir et un savoir-faire haïtiens déliés de toute domination pour répondre aux besoins du développement d’ Haïti, tout en assumant notre appartenance au monde globalisé ?

2) La réforme constitutionnelle.
La réforme constitutionnelle est- elle la réforme de l’ État?

Parler de réforme constitutionnelle revient d’ abord à se demander quelle est la meilleure Constitution pour Haïti, c’ est – à – dire par quelle disposition, quelle organisation, quelle structure du pouvoir d’ État, les buts de l’ État peuvent être le plus sûrement atteints ?

Je l’ ai souligné à maintes fois que le pays n’ a pas un problème de lois et de Constitution. Celles qui se révèlent les meilleures dans notre arsenal juridique et constitutionnel n’ ont jamais été appliquées dans le sens du renforcement de la démocratie, de l’ État de droit et de la bonne gouvernance. L’ application de la Constitution ne dépend pas seulement de sa valeur juridique, politique et idéologique, donc de sa valeur intrinsèque mais de la volonté des gouvernants et des gouvernés de la respecter. L’ obéissance à la loi est d’ abord une question d’ éducation. Pour appliquer la loi, il faut apprendre à vouloir la loi, et à aimer la loi.
L’ homme n’ est ce qu’il doit être que par l’ éducation, par l’ entrainement. L’ animal termine bien vite sa formation. L’ homme ne bénéficie pas ce bienfait de la nature. Il faut mettre les élites haitiennes à l’ école de la démocratie et à l’ école tout court.

La dyarchie installée au sein du Pouvoir Exécutif n’ a pas diminué l’ institution présidentielle. Au contraire, la Constitution de 1987 accorde de séreux ou de réels pouvoirs au Président de la République. L’ article 136 de la Constitution qui est une sorte de dérogation au principe de la séparation des pouvoirs hisse le Chef de l’ État au rang d’ arbitre neutre des conflits et des contradictions qui peuvent surgir dans le fonctionnent régulier des pouvoirs de l’ État. Le Président de la République, l’ élu du peuple à de réels pouvoirs, ce qui est important, c’ est de savoir comment les exercer, disait Leslie Manigat.

En dernière analyse, on peut dire que la Constitution de 1987 accouche un régime politique dans lequel les pouvoirs doivent faire preuve de modération et acceptent l’ existence des contre – pouvoirs. La dictature ne peut venir que de l’ exécutif. C ‘ est pourquoi, les peuples ont mis plusieurs siècles à réduire l’ arbitraire du détenteur de ce pouvoir par la construction de l’ État de droit.

La Constitution de 1987 était venue pour résoudre un problème : la crainte d’ un retour de l’ autoritarisme présidentiel.
Le déséquilibre créé au profit du pouvoir législatif est la preuve de la rationalité du régime politique haïtien. Il n’ y a pas de loi sans raison. Il y a toujours une raison à la loi. On élabore pas une Constitution dans un vide factuel. Toute loi vient pour résoudre un problème. La raison de la Constitution de 1987 est historique et politique. Sur cet point, elle a accompli son travail historique. La méconnaissance de l’ histoire est un obstacle à la connaissance du droit et à la connaissance tout court.

En opposition à ces idées un peu boiteuses, ma compréhension du problème est que les élites haïtiennes entretiennent un rapport difficile au droit et à la loi. De ce fait, elles se révèlent incapables d’ évoluer dans une société haïtienne moderne dominée par les principes de l’ État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie. En ce sens, ne faut- il pas regarder du coté des générations plus jeunes, des citoyens plus responsables, modernes, mieux formés et informés. Pour ces jeunes, férus d’ internet et de technologies modernes, la fin du système, n’ est – elle pas la fin de la domination de la classe dirigeante, opposition et pouvoir ? Qui sont partants et les nouveaux arrivants?

En tant qu’élite du barreau, je tiens à dire qu’on improvise pas la présidence d’un pays. Une telle fonction exige de la préparation. C’ est pourquoi, rien n’ augure de bon avec des chefs de bande qui dominent la scène politique haïtienne depuis plus de trente (30) ans. Leurs actions démesurées et irresponsables nous conduisent à cette déchéance. Nous devons rester à la vigie. Nous sommes dans une situation de confusion générale. Il faut faire attention aux magouilleurs professionnels de la politique haïtienne. Ils répandent un discours populaire mais sont dépourvus de conscience patriotique. Ce sont des entrepreneurs politiques qui ne pensent qu’a leurs intérêts égoïstes et mesquins. Dans ce combat pour le changement, il y a une démarcation à faire pour séparer le bon du mauvais, le bien du mal. Dans le combat politique, il y a une dimension éthique .En un mot, la politique, pour atteindre ses buts ultimes ne peut pas se passer des vertus. Cela est fondamental.

On ne doit pas perdre de vue que cette crise est le fait de l’ irresponsabilité des élites dirigeantes. La responsabilité est la destination absolue de l’ homme. Cette destination lui permet de faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. Seul l’ animal est irresponsable. Quand on renonce à sa responsabilité, on devient bête. Notre animalité, c’est l’ exercice du pouvoir politique à des fins égoïstes. Notre désolation, c’ est la politique du pire.

Avec ces mouvements revendicatifs successifs déclenchés dans tout le pays, s’ abolissent le monde des anciens et le système traditionnel désuet. Les modernes doivent anticiper l’ avenir face à un possible retour possible des maîtres du système. Quand il s’ agit de politique, le bien commun, ou de Constitution, tout le monde est légitime. Il nous faut créer des contre mouvements pour faire échec aux tentations autoritaires des tenants du système traditionnel désuet et corrompu. Cette vieille élite nous ennuie.

Les contraires se radicalisent, mais à partir de quoi il ne faut point désespérer ?

Impopulaire, miné par le déclin économique, totalement seul avec sa garde de corps, le président Jovenel Moise tient ferme à la barre et s’ accroche à son pouvoir, en se moquant de l’ humiliation publique. Comment a -.t- il pu résister jusqu’à présent à tous ces assauts?

La faiblesse morale de l’ opposition n’ est – elle pas la force de Jovenel Moise?

Le mouvement des artistes, n’ est – il pas un contre mouvement?
Par la popularité dont il jouit, s’il arrive à s’ imposer dans la société civile, ce mouvement, à coté d’ autres, pourra être à mon sens une réponse citoyenne crédible à l’ intransigeance affichée par les protagonistes.

Ce tâtonnement dans la recherche de solution à cette impasse politique explique bien notre dilemme. Aucune figure politique n’ émerge de cette crise. Au bout du compte, cette crise nous amène à une crise de la vérité. Une crise sur la manière de sortir de la crise. Qui a la solution à cette crise ? A qui revient donc la légitimité de trancher ?

La politique est le lieu commun. Dans le cadre institutionnel de la
démocratie, du moins personne ne peut prétendre avoir accès privilégié à la vérité des questions politiques, constitutionnelles ou législatives. De l’ extérieur du système, n’ est – il pas temps de construire une opposition au pouvoir et à l’ opposition en vue de parer aux incertitudes de l’ avenir.

Les patriotes haïtiens doivent anticiper les événements pour ne pas perdre le contrôle de l’ avenir. La possibilité d’ un dialogue inter haïtien est nulle. Les haïtiens n’ont pas la pratique des échanges libres. Le comportement pratique de l’ homme haïtien, c’ est la jalousie et le rejet systématique de l’ autre. En ce sens, la culture du refus rend difficile toute solution humaine à la crise actuelle. Les ridicules à outrance qui sont au pouvoir et dans l’ opposition ne mesurent pas la dimension humaine de la crise. Leur ignorance du mal nous dirige tout droit vers la perte du territoire national.

La réalité est que le pays est complètement fermé. Les familles pauvres souffrent terriblement en place. Le citoyen ne peut quitter son espace pour se procurer ce qui est nécessaire à ses besoins. C’ est notre liberté qui est menacée. Car personne n’ a le droit de disposer d’ une autre personne et de contrôler ses possibilités d’ action au point que la personne dépendante se voie privée d’ une part essentielle de sa liberté. D où viendra le secours ? Les forces de sécurité nationale sont – elles en mesure d’ imposer l’ ordre ou réguler cette situation ? Il s’ agit de questions qui intéressent essentiellement les citoyens.

L’ absence de réponses à ces questions nous plonge dans un immense désarroi. Lorsque nous ne serons plus capables de supporter la faim, lorsque nos malades ne pourront plus voir leurs médecins, lorsque nous serons plus en mesure de protéger nos enfants du danger, lorsque tout s’ écroule dans le chaos généralisé, à ce moment là, nous ferons appel comme d’ habitude aux tuteurs étrangers pour nous sauver de la barbarie, au maitre du système régnant, les États-Unis d’ Amérique, pour résoudre le problème haïtien à notre place. Une fois encore, ce sera la suprême offense, une troisième occupation militaire étrangère humiliante, en moins d’ un quart de siècle. Les déchus de la patrie nous conduiront sur les remparts du déshonneur et de l’ incivisme. La flambée nationaliste du peuple va se heurter à la trahison des politiciens de service qui n’ auront aucun problème à collaborer avec les occupants. Les jeunes de ma génération vont – ils se rendre compte à la fin de la journée qu’ils ont été des idiots utiles dans une vaste manipulation des anciens, des anciens dépourvus du privilège” de l’ ancienneté”, voleurs de jeunesse.
Tous les scénarios sont possibles. Il est un fait que les forces publiques ne rassurent pas les citoyens. Les mesures annoncées par le gouvernement dans le sens de la reprise des activités sont jusqu’à présent sans effet. Des groupes de citoyens devant leurs barricades défient la police. On ne demande pas aux citoyens d’ accepter l’ ordre, c’ est ridicule. L’ ordre doit être accepté. En cas de résistance, on l’ impose par la contrainte, c’ est classique. La fonction du maintien de l’ ordre public et la sécurité intérieure est liée à l’ existence même de l’ État. L’ État perd – il le monopole de la violence légitime ?

Tout cela est rendu possible parce que l’ union entre l’ État et le citoyen s’ effrite . L’ absence de cette union rend impossible toute action consciente de l’ État. Entre temps, c’ est l’ impasse, c’ est la mort des consciences, du patriotisme, ce sont des pertes en vie humaine regrettables et impardonnables. Tout est bloqué, l’ ordre républicain est renversé. Le processus de démocratique d’ Haiti encadré par l’ international depuis des années est interrompu. Les institutions républicaines sont carrément disloquées. L’ État d’ Haiti est effondré sous le regard complice des Nations-Unies dont la mission principale était d’ assurer un environnement politique sûr et stable dans le pays. Après avoir dépensé tant d’ argent pour un bilan aussi désastreux, comment pourraient – elles admettre aujourd’hui, au nom de la démocratie l’ établissement d’ un gouvernement en dehors des normes démocratiques ?

Cette communauté internationale, n’ est – elle pas aussi dos au mur? Quel a été son véritable projet pour Haïti ? Les haïtiens vont découvrir très tard que derrière chaque projet, il y a un mensonge et derrière chaque mensonge, il y a un projet macabre.

La vérité de ce projet est la destruction de l’ État nègre d’ Haiti avec support des nègres locaux pour justifier l’ incapacité des nègres d’ Haïti à gouverner le pays dans le sens du bien, du beau, de la qualité et de l’ excellence.

Du coté de l’ international, l’ échec est total et sans appel. Cet échec est toutefois partagé entre le pouvoir et la communauté internationale. C’ est un bilan particulièrement décevant, insignifiant et triste pour la communauté internationale. C’ est un désaveu total qui, à mon avis devrait inviter la communauté international à revoir sa stratégie en Haïti. Sa crédibilité est mise à rude épreuve.

Sur le terrain, chaque jour, on se rend à l’ évidence que le gouvernement éprouve toutes les difficultés à contrôler les espaces territoriaux de l’ État. Les États-Unis, qui avaient toujours pris position en faveur du respect du mandat présidentiel, sont – ils entrain de laisser couler doucement la présidence de Jovenel Moise ? Si l’ appui, il en existe, en quoi se manifeste – t- il dans le contexte actuel. ?

Les citoyens ont de quoi à mettre en doute ce soutien mou des américains. On s’ étonne que les États-Unis n’ aient pas réussi jusqu’à présent à convaincre l’ opposition politique haïtienne à dialoguer avec le pouvoir en vue de trouver une solution pacifique à la crise. De plus, il est surprenant que le gouvernement d’Haïti en proie à tous les problèmes n’ ait reçu aucun support économique de la part des États-Unis.

L’ heure n’ est – elle pas venue d’ interroger la stratégie américaine en Haïti ?

La politique internationale est dynamique et évolutive. La vitesse des événements en Haïti pourrait – elle conduire à un revirement de la position de la communauté internationale dans cette crise?. Pour l’ heure, il me semble que les États-Unis ne souhaitent pas lâcher le Président Jovenel Moise, tant que celui-ci sera encore utile sur la scène internationale pour les raisons que l’ on sait. Sur la question du maintien du Président Jovenel Moise au pouvoir, il n’ y a pas d’ ambiguïtés dans la position américaine. En réponse à la demande de démission du Chef de l’ État formulée par l’ opposition, le maître du jeu, le juge de la nation, préconise le dialogue entre les acteurs en conflit pour résoudre la crise.

L’ étranger est vraiment étranger à la réalité haïtienne. L’opposition politique ne contrôle pas la rue, encore moins ces jeunes chômeurs détenteurs de licence, de maîtrise, obtenus dans les universités haïtiennes, européennes et nord américaines, qui ne jurent que par le chambardement du système actuel. L’ opposition chauffe sur une réalité, réalité due aux inégalités sociales que ces jeunes veulent en finir.

En effet, sommes – nous encore dans le temps du dialogue? Le temps n’ a – t- il pas suspendu son vol ? Dans l’ arrêt du temps n’ a- t- il pas encore le temps?

Loin du regard du puissant maître, le mal s’ installe partout. Cette situation, telle que nous la vivons quotidiennement, dépasse les acteurs, tant du coté du pouvoir que ceux de l’ opposition. C’ est la vie qui risque d’ être fermée sur nous ou de nous échapper totalement. Subitement l’haïtien devient un mort en attente de mourir. Si cela continue, si le Président Jovenel Moise perd le pouvoir, on le fera passer dans l’ histoire comme un modèle d’ ignorance et de cruauté, un tyran au contrôle duquel la justice internationale d’ essence hégémonique devrait sévir pour les violations graves des droits humains. S’ il triomphe, il sera un modèle de lutteur et de bravoure pour les générations futures. L’ histoire n’ est pas neutre. Elle est toujours écrite par les vainqueurs.

Conclusion

Dans cette lutte d’ auto destruction qui est une façon de déserter la lutte, où se situe donc le destin de la République d’ Haïti ?

Nous sommes arrivés à un point fixe où nous devons choisir entre la grandeur et la décadence.

Le pays est plus grand que nous. Haïti est une authentique patrie, gardons – la jalousement. Le Président Jovenel Moise n’ est qu’un moment de l’ histoire de ce pays. Car l’ histoire d’ un peuple est tout ce qui était possible à un moment de la vie. Le passé ne peut pas nous contraindre, mais nous inviter à refaire l’ avenir avec plus d’ assurance.

A ce carrefour difficile, où les fondements de l’ État sont renversés, ne faudrait-il pas se délester du fardeau que la nature fait peser sur nous pour conclure raisonnablement un nouveau deal, mettre en place une gouvernance éclairée axée sur un nouveau modèle de développement avec la participation de tous les citoyens dans la perspective de la construction d’ une société haïtienne socialement plus juste et économiquement plus ouverte?

Économie

ANSE-ROUGE, ENTRE PÉNURIE ET ABONDANCE

Published

on

Anse-Rouge, située à environ 50 kilomètres des Gonaïves, est l’une des communes de l’arrondissement de Gros-Morne, au niveau du département de l’Artibonite.  Elle se divise en deux grandes sections communales: Une partie de la Plaine- de-l’Arbre, la première; Sources-Chaudes, la seconde.  Celles-ci comportent, à elles seules, 75 localités.  Il y existe plusieurs petites étendues de terre fertiles et cultivables dont la somme des superficies est évaluée à plus de 3500 hectares. 

Productions et potentialités d’Anse-Rouge

En fait, on y cultive plusieurs denrées: petit-mil, maïs, échalotte, poireau, légumes…  C’est une agriculture de subsistance.  Alors, houes, machettes, piques sont les principaux outils rudimentaires utilisés.  Quant à l’arrosage des jardins de la première section communale, les cultivateurs.rices ne comptent que sur les eaux tombées des cieux,  les eaux de la pluie; mis (es) à part celles et ceux des localités telles La-Tête-Bête et Oranger où il y a des sources à très faibles débits.  Voilà qui fait constater des sols qui ne sont pas mis en valeur.  Pour ce qui est de la deuxième section communale, les sources de Petite-Place arrosent les jardins de celle-ci, de Gros-Gaïac, de Petite-Saline et de Bonal.  Puis, un système de pompage à énergie solaire, se trouvant à Hatte-Petit Louis, procure une certaine quantité d’eau aux jardins de Bois-Blanc; un autre système de pompage du même genre, à Carenage, arrose les terres se situant entre celui-ci et Pointe-des-Mangles.

Par ailleurs, la production de sel et la pêche sont pratiquées au  centre même de la commune d’Anse-Rouge, et puis dans des localités comme Coridon, Pointe-des-Mangles et L’Étang.  Cependant, malgré l’existence de cette quantité de terre, l’extraction de sel à partir de plus de 1 000 marais salants et les pratiques  de la petite pêche, la faim est encore le lot, le leitmotiv du plus grand nombre des gens.  Celle-ci se rue sur eux!  Celle-ci les malmène jusqu’à  leurs dignités.  Quel paradoxe! Quelle aberration! Quelle ineptie!  Pour s’en rendre compte, il suffit de séjourner pendant une semaine à Anse-Rouge, à l’une de ses localités.  Alors, quelles explications exhaustives à cela ?  Quelles sont les causes de cette pénurie alimentaire là où l’abondance est susceptible de surgir ?

Enchantement et désarroi

Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous a-t-il déclaré.

Pour Paul Nérémy CHÉRY, enseignant au niveau fondamental, vétérinaire et cultivateur, le manque d’eau pour l’arrosage des champs pourrait tout expliquer.  “Il faut d’autres systèmes de pompage, il n’en existe que deux.  D’ailleurs, ils ne fonctionnent pas à longueur de journée, c’est-à-dire 24 heures sur 24.  Si les autorités de l’État s’évertuaient à doter Anse-Rouge de moyens pouvant favoriser l’arrosage effectif de nos jardins, les gens mangeraient à leurs faims tout en trouvant l’excédent pour vendre ailleurs”.  Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous-a-t-il déclaré.  En outre, il a dit pouvoir en récolter plus s’il y avait plus d’eau pour mouiller à temps les jardins.

L’alternative…

D’après de telles affirmations et notre observation, il nous est donné à comprendre que plusieurs facteurs sont explicatifs de cette situation: le manque d’eau, l’absence de matériels agricoles modernes, l’absence de lois pouvant encourager l’investissement dans ce domaine…  Alors, il faut des politiques publiques visant le développement du secteur agricole.  Celles-ci auraient comme points saillants: 1- Le renforcement et l’augmentation des systèmes de pompage pour remédier au manque d’eau; 2-L’ irrigation de grands canaux pour une grande distribution des eaux; 3- Le reboisement, après étude, de certains espaces clés pour alimenter la nappe d’eau souterraine; 4- La distribution organisée et contrôlée de grands matériels agricoles aux associations de planteurs pour des besognes en un temps record; 5- Des lois sur la question foncière pour éviter, prévenir tout conflit susceptible d’être préjudiciable à une bonne exploitation de ces terres; 6- Des lois sur les risques liés à l’investissement dans le secteur pour encourager les filles et fils d’Anse-Rouge vivant tant en Haïti qu’à l’étranger à y investir leurs moyens pécuniaires; 7- La modernisation de la question des marais salants et de la pêche; 8- Des mécanismes pour inciter les ONGs se disant oeuvrer contre l’insécurité alimentaire à y conformer leurs projets; 9- L’ asphaltage de la tronçon de route Gonaïves-Anse-Rouge.

En effet, l’exploitation efficiente, à bon escient de ces sols excessivement fertiles, de ces nombreux salins et de la pêche permettrait aux Anse-Rougiens.ennes non seulement de se rassasier, mais aussi de se faire une bonne santé économique.  Outre cela, l’assiette fiscale de l’État haïtien serait magnifiée.  Oui, Anse-Rouge, avec ses 434, 4 Km2 et sa population de 43 945 habitants (depuis 2015), renferme suffisamment de terre pour nourrir ses progénitures, pour exporter vers d’autres régions du pays, voire du monde.  En d’autres mots, disons-le sans borborygmes, répétons-le  clairement: À côté des communes du Bas-Artibonite qui pourraient produire du riz jusqu’à pouvoir en exporter pour la bonne santé de notre économie, il y en a d’autres qui, comme Anse-Rouge, au niveau du Haut-Artibonite, pourraient fournir du maïs et du petit-mil enclins à l’exportation pour notre économie également.  Ce n’est pas du fantasme, ni du dithyrambe!  Oui, cela est possible lorsqu’on tient compte du fait que deux marmites de maïs ou de petit-mil sont plantées sur moins d’un hectare de terre.  Oui, cela est possible parce qu’il faut 3 mois pour récolter du maïs et du petit-mil.  Voilà qui permettrait 3 récoltes au moins par an.

État et bourgeoisie : un mariage qui tue la paysannerie  

À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

Il importe de mentionner que le développement d’un secteur d’activité requiert un plan global, un plan prenant en compte ses hauts et ses bas; bref, un plan qui en tient compte dans toute son acuité. Cela étant, il est compris que les politiques publiques sur  le secteur en question viseraient le plein essor de celui-ci pour le pays dans son entier, lesquelles politiques publiques tiendraient compte d’Anse-Rouge.  Malheureusement, les autorités de l’État ne songent pas à cela, à des affaires aussi importantes pour nous autres haïtiens.ennes.  Bien au contraire, dans leur connivence avec la “bourgeoisie”, elles mettent en application des décrets portant la création des zones franches dans les régions les plus productives.  Le dernier en date est celui concernant la localité de Savane Diane, non loin de Saint-Michel de l’Attalaye, dans l’Artibonite.  Donc, il paraît clair qu’il s’agit d’un État conçu, façonné pour servir les plus nantis, pour les enrichir davantage.  Il n’ y a aucun projet de développement réel, donc, aucun projet d’aide réel aux paysans.annes pour les sortir du bourbier, des gouffres du sous-développement éhonté.  Que faire alors? À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

En définitive, nous vous préconisons illico, vous qui avez en tête de vous candidater soit à la députation, soit au sénat de la République, l’élaboration des projets de lois, des projets de développement du secteur de l’agriculture pour le pays à part entière.  Nous autres, au niveau de la société civile, nous allons exercer pas mal de pressions, dès votre arrivée au parlement, pour  l’obtention de votes favorables à la transformation de ces derniers en lois, à leurs mises en application.  Ainsi la vocation agricole d’Haïti, dont on parle souvent, se concrétisera-t-elle pour notre bien-être.

Francky BRUTUS (Roberto)

Étudiant mémorand en sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (UEH)

Membre de l’Organisation des Jeunes Progressistes d’Anse-Rouge(OJPA)

Continue Reading

Opinion

Construction d’un mur sur la frontière haïtiano-dominicaine, Michelet Nestor écrit au président dominicain

Published

on

Une île, deux pays et un mur

Nous avons été malheureusement surpris lorsque le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a annoncé la construction d’un mur de plus de 300 kilomètres pour diviser artificiellement deux pays qui partagent la même île et des siècles d’histoire. Ces dernières années, un sentiment xénophobe et raciste s’est développé dans ce pays frère; sentiment qui met à rude épreuve les relations bilatérales et empêche une réflexion commune sur des stratégies pour résoudre les problèmes que nous partageons, tels la migration illégale, la déforestation, la contrebande, et tant d’autres.

Étonnamment, le président Abinader annonce que le financement de la construction de cette muraille sera entièrement assuré par  son pays. Une construction qui alourdirait le fardeau fiscal des citoyens dominicains, tout en laissant de côté les véritables problèmes qui les rongent.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la xénophobie et le racisme ont fait des migrants haïtiens le bouc émissaire de tous les problèmes dont souffre la République voisine. Nos frères et sœurs sont blâmés pour la criminalité élevée, le trafic de drogue, la contrebande, la migration illégale, les vols, etc. S’il est vrai qu’il peut y avoir des Haïtiens qui causent des problèmes dans le pays voisin, il est également vrai qu’ils sont une minorité et que, bien sûr, les dominicains participent également à commettre des meurtres, des vols et d’autres actes criminels.

L’idée de construire un mur ne peut être vue comme autre chose qu’une offre politique fantaisiste du gouvernement de cette nation sœur, tout en mettant en question les capacités exécutives de cette administration concernant un tel projet. 60% de la population de la République dominicaine vivent dans la pauvreté, et en faisant mention de l’état désirable de différents services publics pour hisser la République Dominicaine au rang des pays développés. Le président Abinader a des obligations plus immédiates et plus pressantes envers son peuple.

Concernant les relations avec Haïti, nous voulons faire une série de propositions qui, nous en sommes convaincus, profiteront aux peuples des deux nations.

Une façon de régulariser le problème des frontières est de procéder à la signature d’un accord de libre-échange entre les deux pays. Il ne faut pas oublier qu’après les États-Unis, Haïti est le deuxième partenaire commercial de la République Dominicaine et vice versa. Il existe une base de départ pour développer davantage cette relation commerciale qui favorise grandement le peuple voisin.

En outre, la mise en place d’une identification aux frontières pour les citoyens des deux pays favoriserait un transit gratuit qui, sans aucun doute, serait d’un immense avantage pour l’île. En outre, cela contribuerait à un rapprochement des deux cultures, à surmonter les problèmes séculaires et à accroître la confiance entre les deux peuples.

Déjà lors du tremblement de terre de 2010, la République Dominicaine a montré sa solidarité envers Haïti en envoyant toutes sortes d’aide pour aider à atténuer la crise. En outre, il a servi de centre d’opérations pour les groupes de secours qui sont arrivés de différentes parties du monde.

Partager le même espace géographique engage les deux pays à rechercher des actions communes pour maintenir un environnement menacé par la déforestation et le réchauffement climatique. Des politiques communes visant à résoudre ces problèmes environnementaux permettraient de retrouver un développement durable dans toute l’île et que l’action d’un pays cesse d’être une menace pour l’autre.

Depuis cette plateforme, j’appelle le Président dominicain à œuvrer ensemble avec les autorités haïtiennes pour des solutions communes à des problèmes communs. Ce n’est pas par des actions unilatérales, voire irréalisables, que des progrès peuvent être émergés, mais plutôt à partir de la construction d’un modus vivendi propice au développement conjoint de nos sociétés. La régularisation des échanges commerciaux entre les deux pays peut aider à mettre de l’ordre et ainsi éviter que notre frontière soit perméable aux groupes criminels des deux pays.

Le développement de nos villes frontalières contribuera à former des pôles de développement dans lesquels nous pourrons construire en synergie des projets collaboratifs qui font converger le meilleur des deux sociétés, nous aidant du coup à lutter contre la pauvreté et à doter nos peuples des infrastructures nécessaires pour une meilleure qualité de vie.

Monsieur le Président, un mur ne construira pas deux îles. Les murs appartiennent au passé. Ce qui fait bouger le monde en ces temps de mondialisation, c’est la coopération et non l’isolationnisme. Un mur nécessite de nombreuses ressources pour sa construction; ressources qui pourraient être très utiles à des besoins plus pressants et vitaux. En outre, le mur nécessitera, pour être efficace, une surveillance permanente de la part des forces armées qui ont des choses plus importantes à faire en matière de défense que l’entretien d’un mur.

Une fois de plus, Monsieur le Président, le rêve du XXIe siècle pour notre île est une communauté de deux nations dont les sociétés grandissent et se développent dans cet espace géographique partagé que nous sommes obligés de protéger et de promouvoir. Agissons en tant que leaders de ce siècle qui exige de l’être humain une meilleure compréhension de son environnement et un plus grand engagement en faveur du développement harmonieux et soutenu de la société dans un processus durable.

Michelet Nestor

Leader du Mouvman Rèv Ayisyen

Continue Reading

Actualités

La marche vers le 7 février 2021 fait ressortir davantage les ressemblances entre le pouvoir et l’opposition

Published

on

Depuis que la question du mandat du président fait débat, la Constitution, surtout les articles tablant sur les mandats des élus, est utilisée à tort et à travers. Le pouvoir à tout prix donne lieu à des interprétations les unes plus bizarres que les autres. Dépendamment du clan en question, la Constitution a un sens différent. Et les articles disent parfois des choses complètent différentes de ce que le législateur dit.

Peut-être qu’il s’agit de l’herméneutique du droit. Mais une question se pose : est-ce que l’interprétation permet de tout supposer et de tout dire ? La Constitution ne devrait-elle pas être le pacte juridique sur lequel nous tablons tous pour aborder la réalité sociale, politique et administrative ?

Derrière ce Cheval de Troie juridique cache la démagogie des clans qui s’investissent dans le pouvoir à tout prix en oubliant le fondement même de l’intérêt général et les principes réagissant le fonctionnement de la société. Chacun son argument. Mais au lieu de faire progresser le débat politique, cela plonge le public dans une confusion. L’idée est de renforcer les points d’ombres au lieu de les éclairer.

Le pouvoir en place utilise un article. L’opposition utilise un autre. Tout en oubliant que la Constitution est un tout et que chaque article constitue un élément qui prend sens à l’intérieur de l’ensemble.  

Pour se camoufler, le président de la République eut à dire que : c’est un élu qui doit être remplacé un élu ; alors qu’il a procédé à la nomination des agents intérimaires à la tête des mairies en remplaçant des élus locaux. Pendant qu’il lui revient la charge d’organiser les élections. Le président Jovenel Moise en s’attachant à son mandat qu’il n’arrête de clamer sa fin en 2022 s’était empressé, lundi 13 janvier 2020 à minuit deux, de déclarer la caducité du parlement.

L’opposition, quant à elle, soutient et maintient en vertu de l’article 134-2 que le mandat du président Jovenel Moise prendra fin 7 février 2021. Alors que la nécessité n’a jamais été ressentie du côté de l’Assemblée nationale de convoquer le président élu de venir prêter et qu’il n’a pas besoin d’attendre le 7 février 2017. Même l’équipe du président n’a pas pris la peine de lui lire la Constitution sur laquelle il a prêté serment en jurant de la respecter et de la faire respecter. On dirait que le président a prêté serment sans vraiment lire la Constitution.  

Chaque groupe fait appel à la constitution quand la situation lui est favorable. L’enjeu est que l’opposition et le pouvoir en place partagent les mêmes fondements de la politique. Ce sont deux cabris made in tomazo. Même s’ils empruntent des chemins différents, ils aboutissent au même primat politique : celui de bénéficier de l’ingérence de la communauté internationale au profits de leurs propres intérêts en occultant la question de l’intérêt collectif.

Les acteurs politiques ne sont aucunement légalistes. Chaque groupe s’assure que la démagogie se fait en ses propres intérêts. D’ailleurs, l’opposition qui n’a cessé de critiquer l’Organisation des États Américains (OEA) pour son support au pouvoir PHTK, cherche désespérément l’accord de cet organisme pour l’aider à préparer une transition pour assurer l’après-Jovenel.

Dans une correspondance samedi 2 janvier 2021 adressée au secrétaire général de l’OEA, Louis Almagro, les organisations politiques membres de la Direction politique de l’opposition avaient demandé au secrétaire de supporter la logique d’une transition le 7 février 2021. « Les partis et regroupements politiques sont en train de préparer l’après-Jovenel : la marche inévitable vers la transition. Ils dénoncent de toutes leurs forces le mépris envers le peuple ayitien. Le 7 février 2021 sonnera le glas de ce régime tyrannique, sanguinaire. À partir de cette date, débutera en Ayiti une ère nouvelle. Au nom des principes démocratiques, l’OEA se doit d’apporter sa contribution sans faille », lit-on dans la correspondance de l’opposition.

Depuis quand l’OEA s’investit dans la démocratisation des petits pays – pays périphériques dépendants – où l’organisation matérialise son hégémonie ? De quels principes démocratiques s’agit-il ? En quoi les organisations internationales travaillent-elles au profit des principes dits démocratiques ?  

Fidèle à un pouvoir qui l’a soutenir dans le raz-de-marée américain contre le Venezuela de Nicolas Maduro, Louis Almagro a rejeté la demande de l’opposition. Le secrétaire réaffirmait son soutien à l’organisation des élections pour renouveler le personnel politique ; signe de la revitalisation de la démocratie en Ayiti. À rappeler que c’est l’OEA qui a donné naissance au pouvoir PHTK en 2011.

Pourquoi solliciter l’aide de l’OEA pendant que l’on critique l’ingérence de cette institution dans les affaires internes du pays ? N’est-ce pas là de l’incongruence, de l’indécence et de l’inconséquence ? L’appel à l’OEA ne traduit-il pas une légitimation de l’ingérence ?

Les acteurs politiques ayitiens veulent avoir leur blanc pour les aider à réaliser leur plan machiavélique. Il n’y a aucun problème avec l’ingérence, mais plutôt avec la position de l’étranger (du blanc) en ce qu’elle est en faveur d’un clan. L’idée est de pactiser avec le diable pour notre bien-être, et ce, advienne que pourra.

Pendant que l’opposition tâtonne et réclame la transition, le pouvoir en place fonce vers les élections.  

Ce jeudi 7 janvier 2021, le Conseil électoral provisoire du président Jovenel Moise vient d’annoncer son calendrier pour la réalisation des élections locales, législatives et présidentielles. Selon le calendrier du Cep contesté, d’ailleurs il faut souligner que tous les CEPs depuis 1988 ont toujours été contestés, les élections devraient avoir lieu le 19 septembre 2021 pour le premier tour, le 21 novembre pour le deuxième tour. Les résultats définitifs devraient être publiés le 22 janvier 2022.  

Continue Reading

LES PLUS LUS