Connect with us

Opinion

“Un juge de la Cour de Cassation pour assurer la transition politique, les non dits à la base de ce consensus politique”

Published

on

Dans cette annonce publique, il y a trois questions légitimement que nous devons nous poser :

1) Quelle est la capacité de ce juge en passe d’ être désigné par l’ opposition politique pour mener une transition politique réussie en Haïti, à une époque de transitions dans une société haïtienne qui se recompose ?

2) Pourquoi ce choix?
Quelle idée, ce juge, a – t- il de l’ État et de la république, quel problème viendra – t- il résoudre ?

3) En quoi, la gouvernance du pouvoir judiciaire, est-elle différente de celle des deux autres pouvoirs politiques ?

Ce qui constitue l’ objectivité d’ une proposition consiste dans le fait qu’ elle est connaissable. Une proposition de sortie de crise doit être pensée. Sans la pensée, la proposition n’ a pas d’ objectivité: c’ est la pensée qui en constitue le fondement. Le peuple doit connaître la proposition de sortie de crise sur laquelle s’appuie l’ opposition politique pour exiger le départ du pouvoir actuel. Il doit connaître la détermination de son droit à apprécier, et à amender cette proposition. Le peuple, ne se contente pas de savoir qu’ il y a une proposition sur la table, il veut savoir comment celle-ci a été arrangée, comment sa vie a été pensée? Car, ne peut être considérée comme proposition légitime que ce sur quoi les citoyens se mettent d’ accord.

Un juge de la Cour de Cassation, pour quel résultat ?

Je ne veux pas qu’à travers cette analyse mettre en danger une institution nationale. Mais, je veux surtout dire que la Cour de Cassation haïtienne, n’ est pas la Cour Suprême du Canada, encore moins celle des États-Unis. En dehors de notre territoire, le pouvoir judiciaire est un pouvoir prestigieux qui a la dimension d’ un pouvoir.

Le pouvoir judiciaire aux États-Unis est dévolu à une Cour Suprême. Les juges sont recrutés, en pratique sur un critère socioprofessionnel et nommés par le Président des États-Unis, après consultation officieuse de l’ American Bar Association, la plus puissante corporation des lawyers et confirmation du Sénat. Il n’ est pas facile d’ être juge à la Cour Suprême des États-Unis et du Canada. Sans retirer leurs convictions, les juges ont un devoir d’ ingratitude à l’ égard de leur autorité de nomination ( R. Badinter).

La Cour Suprême des États-Unis est garante des valeurs américaines et du principe de constitutionnalité qui lui assurent un rôle politique. La Cour Suprême des États-Unis s’ enveloppe dans un vecteur de suprématie judiciaire. Elle est un pouvoir réel mais pas au dessus des autres.

En Haïti, la réalité est tout autre. C’ est à en pleurer! Il manque, chez nous, de toute évidence, la volonté de construire un véritable pouvoir judiciaire. Pour des raisons politiquement motivées, le pouvoir judiciaire est un pouvoir placé sous la tutelle des deux autres pouvoirs politiques avec toutes les conséquences que cela entraine en termes d’ indépendance et de distribution de la justice.
Donc, il ne faut pas se tromper sur des questions fondamentales. Dans cette crise aux contours multiples, Il faut penser objectivement, et par la raison qui détermine toutes les actions humaines, notre pensée doit prendre en compte cette réalité. ( Hegel, la raison dans l’ histoire)

Alors, pourquoi historiquement, la classe politique haïtienne, cherche -t-elle toujours des solutions simples à des situations complexes?

A une crise exceptionnelle, il faut des hommes et des femmes exceptionnels capables de jeter un peu d’ électricité dans l’ air. On va une fois de plus nous détourner de la voie de la compétence, de l’ honnêteté et du patriotisme. Il y a un combat acharné contre le beau, le vrai dans ce pays. On veut nous précipiter dans le dilemme des absurdités, afin d’ empêcher le triomphe du beau, de l’ excellence et la qualité. L’ agenda politique de la nation doit nous contraindre à faire le choix de l’ intelligence et du sérieux. Soyons sérieux avec le pays, comme le disait souvent le professeur Leslie Manigat. Pour être président, ministre, député et sénateur dans un pays, il faut le mériter.

Tout le monde se positionne pour ne pas être en retard. Dans cette course pour la prise du pouvoir sur les dépouilles de la République, chacun a son petit lots de corrompus à hisser au pouvoir. Le pays n’ est pas amnésique, au point de laisser à petit groupe de réactionnaires la possibilité d’ imposer leur propre agenda politique, à travers la mise en place d’ un gouvernement partisan et revanchard.

La jeunesse a marché contre les zélés, contre les vautours. Elle a marché contre les pouvoirs publics, contre la classe politique, contre le secteur des affaires, de manière globale, contre les élites qui se sont révélées incapables de définir le schéma directeur du développement chez nous.

Dans cette société, il y a encore des citoyens debout, notamment des jeunes avilis par trente deux ( 32) ans de vol, de pillage, d’ assassinats, et de corruption qui ne vont pas se croiser les bras et laisser faire. Ils seront les acteurs de leur propre destin. Le temps est venu de changer la vie et de réparer les torts séculaires faits à tout un peuple.

Ce dimanche, comme annoncé, les tenants du système traditionnel désuet, fondus dans l’ ambiance de la contestation populaire aimeraient, en effet, préserver le statuquo. cette stratégie ne passera pas. Il faut lever la voile, car la lutte contre la corruption doit être globale, générale, et non sélective. La corruption est dans toutes les robes et toutes les chemises. Elle est partout. Elle est dans le secteur public, comme dans le monde des affaires. Il faut un audit général citoyen sur les petites et grandes fortunes en Haïti. En ce sens, les citoyens avisés doivent exiger que tous les dossiers de corruption soient déposés devant l’ autorité judiciaire. Il n’ y a pas un dossier de corruption. Il y a des dossiers de corruption. Petro caribe en est un. Il ne doit pas y avoir de diversion, ni de traitement différentiel dans les dossiers de la République. Les haïtiens doivent créer les conditions nécessaires pour la tenue des procès justes et équitables. Ce projet doit être un combat citoyen qui doit être mené, coude à coude, en vue d’ écrire ce nouveau chapitre de la justice sociale, dans l’ unité des forces progressistes, mais sans exclusivisme.

La communauté internationale opte pour un débat national, à défaut d’ un chambardement général. Si les tuteurs internationaux le disent, je le crois. La désagréable surprise est que le dialogue politique plusieurs fois contrarié aura lieu. Il se tiendra, non comme l’ avait conçu. Le dialogue national annoncé, ne sera pas un espace d’ impunité, ni un lieu de réhabilitation des bandits, des corrompus et des déchus de la patrie. Personne n’ échappera à son destin. Ce dialogue sera un face à face historique fructueux entre l’ oppresseur et l’ oppressé, entre l’ ancien et le nouveau. Ce dialogue sera un espace d’ expression citoyenne, où tout sera raconté. C’ est à partir de là que nous pouvons véritablement créer quelque chose ensemble.

En effet, la corruption et la mauvaise gouvernance des dirigeants actuels ne doivent pas être un prétexte pour confier à nouveau la gouvernance de ce pays, à ceux et à celles qui, dans le passé ont pillé le bien commun et détruit le rêve haïtien. Il nous faut être prudents aux vagues des réactionnaires. Il faut garder à distance, ceux-là qui nous ont condamnés à brûler dur pendant ces trente dernières années. Ces barons voleurs, issus de divers horizons, de tendances politiques différentes, doivent être tous, suivant un verdict juste et équitable, remisés dans le musée du passé. Ce travail doit se faire sans complaisance. La troisième voie, telle que annoncée, ne doit pas être la synthèse des deux autres (voies) terriblement déchues, mais celle du recouvrement de la dignité d’ un peuple meurtri. Voilà le projet crucial, au sens des écrits politiques de Jugen Habermas.

L’ opinion publique haïtienne cultivée et la jeunesse abusée, dépouillée du bonheur vivrier ne vont pas commettre la faute historique de confier le pouvoir, à ceux, et à celles, qui par leur gestion catastrophique de l’ État, avaient fait notre tristesse, nos malheurs et la honte de tout un peuple. Le moment est à l’ inventaire de toutes les bêtises, à gauche, comme à droite. Sans cet inventaire objectif et non complaisant, nous risquons de remettre nos destinées à des assassins de rêve. Il y a certaines personnes qui ne peuvent pas prétendre à l’ exercice du pouvoir politique dans notre pays. Il faut une véritable moule de la vie politique en Haïti.

L’ heure est donc à la réflexion pour un bon départ. Il n’ y aura pas de coup fourré pour imposer à la nation l’ inacceptable et l’ inadmissible. Ce changement qualitatif et révolutionnaire nous contraint à la réflexion et au rassemblement démocratique.

Après ces boulversements, le pays doit rentrer dans une dynamique de modernité, non dans un cycle de vols à répétition, avec les mêmes acteurs déchus.

Le pays doit se recomposer. Le nouveau doit chasser l’ ancien, c’est la justification du renouveau modernisateur qui doit être porteur plus d’ espoirs que de menaces. Car, la nation mérite mieux que l’ idéologie populiste destructrice.

La gouvernance du pays doit être assurée par des modernes, des professionnels de haut gamme. Ces citoyens sont dans tous les secteurs et dans toutes les classes sociales, mais surtout au sein de cette jeunesse cultivée, intelligente, férue d’ internet et de technologies modernes, qui veut que par des politiques publiques audacieuses, peupler le monde de ses rêves. C’ est un destin qu’ il s’agit d’assumer ou un defi qu’ il s’ agit de relever pour devenir celui qu’ on voudrait être. C’ est le pari à risquer, pour que, dans ce débâcle, globalement partagé entre les élites haïtiennes et la communauté internationale, nous puissions trouver la vérité que nous cherchons tous ensemble.

Départ du Président Jovenel Moise du pouvoir, voilà la chanson qu’ entonnent des centaines de milliers de citoyens à l’appel de l’ opposition. Le rapport de la Cour des Comptes indexe un bon nombre de fraudeurs de l’ État mais la concentration se porte sur la personne du Chef de l’ État. Il n’ y a pas de quoi d’ être juste. En politique, il n’ y a pas de cadeau. On peut avoir raison et perdre. Du reste dans le contexte actuel, qui rappelle curieusement et honnêtement “les animaux malades de la peste” de Lafontaine, qu’on y ait été favorable ou non, on estime que là gisent désormais les vraies questions. Il y a là un réel problème, au point de se demander: dans l’ état actuel des choses, comment construire une alternative nationale progressiste et unitaire, afin d’éviter la dérive d’ une transition politique en Haïti?

Me Sonet Saint-Louis av.

Économie

ANSE-ROUGE, ENTRE PÉNURIE ET ABONDANCE

Published

on

Anse-Rouge, située à environ 50 kilomètres des Gonaïves, est l’une des communes de l’arrondissement de Gros-Morne, au niveau du département de l’Artibonite.  Elle se divise en deux grandes sections communales: Une partie de la Plaine- de-l’Arbre, la première; Sources-Chaudes, la seconde.  Celles-ci comportent, à elles seules, 75 localités.  Il y existe plusieurs petites étendues de terre fertiles et cultivables dont la somme des superficies est évaluée à plus de 3500 hectares. 

Productions et potentialités d’Anse-Rouge

En fait, on y cultive plusieurs denrées: petit-mil, maïs, échalotte, poireau, légumes…  C’est une agriculture de subsistance.  Alors, houes, machettes, piques sont les principaux outils rudimentaires utilisés.  Quant à l’arrosage des jardins de la première section communale, les cultivateurs.rices ne comptent que sur les eaux tombées des cieux,  les eaux de la pluie; mis (es) à part celles et ceux des localités telles La-Tête-Bête et Oranger où il y a des sources à très faibles débits.  Voilà qui fait constater des sols qui ne sont pas mis en valeur.  Pour ce qui est de la deuxième section communale, les sources de Petite-Place arrosent les jardins de celle-ci, de Gros-Gaïac, de Petite-Saline et de Bonal.  Puis, un système de pompage à énergie solaire, se trouvant à Hatte-Petit Louis, procure une certaine quantité d’eau aux jardins de Bois-Blanc; un autre système de pompage du même genre, à Carenage, arrose les terres se situant entre celui-ci et Pointe-des-Mangles.

Par ailleurs, la production de sel et la pêche sont pratiquées au  centre même de la commune d’Anse-Rouge, et puis dans des localités comme Coridon, Pointe-des-Mangles et L’Étang.  Cependant, malgré l’existence de cette quantité de terre, l’extraction de sel à partir de plus de 1 000 marais salants et les pratiques  de la petite pêche, la faim est encore le lot, le leitmotiv du plus grand nombre des gens.  Celle-ci se rue sur eux!  Celle-ci les malmène jusqu’à  leurs dignités.  Quel paradoxe! Quelle aberration! Quelle ineptie!  Pour s’en rendre compte, il suffit de séjourner pendant une semaine à Anse-Rouge, à l’une de ses localités.  Alors, quelles explications exhaustives à cela ?  Quelles sont les causes de cette pénurie alimentaire là où l’abondance est susceptible de surgir ?

Enchantement et désarroi

Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous a-t-il déclaré.

Pour Paul Nérémy CHÉRY, enseignant au niveau fondamental, vétérinaire et cultivateur, le manque d’eau pour l’arrosage des champs pourrait tout expliquer.  “Il faut d’autres systèmes de pompage, il n’en existe que deux.  D’ailleurs, ils ne fonctionnent pas à longueur de journée, c’est-à-dire 24 heures sur 24.  Si les autorités de l’État s’évertuaient à doter Anse-Rouge de moyens pouvant favoriser l’arrosage effectif de nos jardins, les gens mangeraient à leurs faims tout en trouvant l’excédent pour vendre ailleurs”.  Pour Fritz MICHEL, âgé de 78 ans, cultivateur depuis 58 années, le manque d’eau est également la source du problème.  “En dépit de tout, j’ai l’habitude de récolter soit de 300 à 350 marmites de petit-mil après en avoir planté deux marmites ; soit de 200 à 250 marmites de maïs en ayant planté deux marmites”, nous-a-t-il déclaré.  En outre, il a dit pouvoir en récolter plus s’il y avait plus d’eau pour mouiller à temps les jardins.

L’alternative…

D’après de telles affirmations et notre observation, il nous est donné à comprendre que plusieurs facteurs sont explicatifs de cette situation: le manque d’eau, l’absence de matériels agricoles modernes, l’absence de lois pouvant encourager l’investissement dans ce domaine…  Alors, il faut des politiques publiques visant le développement du secteur agricole.  Celles-ci auraient comme points saillants: 1- Le renforcement et l’augmentation des systèmes de pompage pour remédier au manque d’eau; 2-L’ irrigation de grands canaux pour une grande distribution des eaux; 3- Le reboisement, après étude, de certains espaces clés pour alimenter la nappe d’eau souterraine; 4- La distribution organisée et contrôlée de grands matériels agricoles aux associations de planteurs pour des besognes en un temps record; 5- Des lois sur la question foncière pour éviter, prévenir tout conflit susceptible d’être préjudiciable à une bonne exploitation de ces terres; 6- Des lois sur les risques liés à l’investissement dans le secteur pour encourager les filles et fils d’Anse-Rouge vivant tant en Haïti qu’à l’étranger à y investir leurs moyens pécuniaires; 7- La modernisation de la question des marais salants et de la pêche; 8- Des mécanismes pour inciter les ONGs se disant oeuvrer contre l’insécurité alimentaire à y conformer leurs projets; 9- L’ asphaltage de la tronçon de route Gonaïves-Anse-Rouge.

En effet, l’exploitation efficiente, à bon escient de ces sols excessivement fertiles, de ces nombreux salins et de la pêche permettrait aux Anse-Rougiens.ennes non seulement de se rassasier, mais aussi de se faire une bonne santé économique.  Outre cela, l’assiette fiscale de l’État haïtien serait magnifiée.  Oui, Anse-Rouge, avec ses 434, 4 Km2 et sa population de 43 945 habitants (depuis 2015), renferme suffisamment de terre pour nourrir ses progénitures, pour exporter vers d’autres régions du pays, voire du monde.  En d’autres mots, disons-le sans borborygmes, répétons-le  clairement: À côté des communes du Bas-Artibonite qui pourraient produire du riz jusqu’à pouvoir en exporter pour la bonne santé de notre économie, il y en a d’autres qui, comme Anse-Rouge, au niveau du Haut-Artibonite, pourraient fournir du maïs et du petit-mil enclins à l’exportation pour notre économie également.  Ce n’est pas du fantasme, ni du dithyrambe!  Oui, cela est possible lorsqu’on tient compte du fait que deux marmites de maïs ou de petit-mil sont plantées sur moins d’un hectare de terre.  Oui, cela est possible parce qu’il faut 3 mois pour récolter du maïs et du petit-mil.  Voilà qui permettrait 3 récoltes au moins par an.

État et bourgeoisie : un mariage qui tue la paysannerie  

À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

Il importe de mentionner que le développement d’un secteur d’activité requiert un plan global, un plan prenant en compte ses hauts et ses bas; bref, un plan qui en tient compte dans toute son acuité. Cela étant, il est compris que les politiques publiques sur  le secteur en question viseraient le plein essor de celui-ci pour le pays dans son entier, lesquelles politiques publiques tiendraient compte d’Anse-Rouge.  Malheureusement, les autorités de l’État ne songent pas à cela, à des affaires aussi importantes pour nous autres haïtiens.ennes.  Bien au contraire, dans leur connivence avec la “bourgeoisie”, elles mettent en application des décrets portant la création des zones franches dans les régions les plus productives.  Le dernier en date est celui concernant la localité de Savane Diane, non loin de Saint-Michel de l’Attalaye, dans l’Artibonite.  Donc, il paraît clair qu’il s’agit d’un État conçu, façonné pour servir les plus nantis, pour les enrichir davantage.  Il n’ y a aucun projet de développement réel, donc, aucun projet d’aide réel aux paysans.annes pour les sortir du bourbier, des gouffres du sous-développement éhonté.  Que faire alors? À nous autres, citoyens.ennes responsables, de nous battre de toutes nos forces, même au prix de nos vies pour un État se mettant au service de tous les enfants de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, de Claire Heureuse, de Catherine Flon…

En définitive, nous vous préconisons illico, vous qui avez en tête de vous candidater soit à la députation, soit au sénat de la République, l’élaboration des projets de lois, des projets de développement du secteur de l’agriculture pour le pays à part entière.  Nous autres, au niveau de la société civile, nous allons exercer pas mal de pressions, dès votre arrivée au parlement, pour  l’obtention de votes favorables à la transformation de ces derniers en lois, à leurs mises en application.  Ainsi la vocation agricole d’Haïti, dont on parle souvent, se concrétisera-t-elle pour notre bien-être.

Francky BRUTUS (Roberto)

Étudiant mémorand en sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (UEH)

Membre de l’Organisation des Jeunes Progressistes d’Anse-Rouge(OJPA)

Continue Reading

Opinion

Construction d’un mur sur la frontière haïtiano-dominicaine, Michelet Nestor écrit au président dominicain

Published

on

Une île, deux pays et un mur

Nous avons été malheureusement surpris lorsque le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a annoncé la construction d’un mur de plus de 300 kilomètres pour diviser artificiellement deux pays qui partagent la même île et des siècles d’histoire. Ces dernières années, un sentiment xénophobe et raciste s’est développé dans ce pays frère; sentiment qui met à rude épreuve les relations bilatérales et empêche une réflexion commune sur des stratégies pour résoudre les problèmes que nous partageons, tels la migration illégale, la déforestation, la contrebande, et tant d’autres.

Étonnamment, le président Abinader annonce que le financement de la construction de cette muraille sera entièrement assuré par  son pays. Une construction qui alourdirait le fardeau fiscal des citoyens dominicains, tout en laissant de côté les véritables problèmes qui les rongent.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la xénophobie et le racisme ont fait des migrants haïtiens le bouc émissaire de tous les problèmes dont souffre la République voisine. Nos frères et sœurs sont blâmés pour la criminalité élevée, le trafic de drogue, la contrebande, la migration illégale, les vols, etc. S’il est vrai qu’il peut y avoir des Haïtiens qui causent des problèmes dans le pays voisin, il est également vrai qu’ils sont une minorité et que, bien sûr, les dominicains participent également à commettre des meurtres, des vols et d’autres actes criminels.

L’idée de construire un mur ne peut être vue comme autre chose qu’une offre politique fantaisiste du gouvernement de cette nation sœur, tout en mettant en question les capacités exécutives de cette administration concernant un tel projet. 60% de la population de la République dominicaine vivent dans la pauvreté, et en faisant mention de l’état désirable de différents services publics pour hisser la République Dominicaine au rang des pays développés. Le président Abinader a des obligations plus immédiates et plus pressantes envers son peuple.

Concernant les relations avec Haïti, nous voulons faire une série de propositions qui, nous en sommes convaincus, profiteront aux peuples des deux nations.

Une façon de régulariser le problème des frontières est de procéder à la signature d’un accord de libre-échange entre les deux pays. Il ne faut pas oublier qu’après les États-Unis, Haïti est le deuxième partenaire commercial de la République Dominicaine et vice versa. Il existe une base de départ pour développer davantage cette relation commerciale qui favorise grandement le peuple voisin.

En outre, la mise en place d’une identification aux frontières pour les citoyens des deux pays favoriserait un transit gratuit qui, sans aucun doute, serait d’un immense avantage pour l’île. En outre, cela contribuerait à un rapprochement des deux cultures, à surmonter les problèmes séculaires et à accroître la confiance entre les deux peuples.

Déjà lors du tremblement de terre de 2010, la République Dominicaine a montré sa solidarité envers Haïti en envoyant toutes sortes d’aide pour aider à atténuer la crise. En outre, il a servi de centre d’opérations pour les groupes de secours qui sont arrivés de différentes parties du monde.

Partager le même espace géographique engage les deux pays à rechercher des actions communes pour maintenir un environnement menacé par la déforestation et le réchauffement climatique. Des politiques communes visant à résoudre ces problèmes environnementaux permettraient de retrouver un développement durable dans toute l’île et que l’action d’un pays cesse d’être une menace pour l’autre.

Depuis cette plateforme, j’appelle le Président dominicain à œuvrer ensemble avec les autorités haïtiennes pour des solutions communes à des problèmes communs. Ce n’est pas par des actions unilatérales, voire irréalisables, que des progrès peuvent être émergés, mais plutôt à partir de la construction d’un modus vivendi propice au développement conjoint de nos sociétés. La régularisation des échanges commerciaux entre les deux pays peut aider à mettre de l’ordre et ainsi éviter que notre frontière soit perméable aux groupes criminels des deux pays.

Le développement de nos villes frontalières contribuera à former des pôles de développement dans lesquels nous pourrons construire en synergie des projets collaboratifs qui font converger le meilleur des deux sociétés, nous aidant du coup à lutter contre la pauvreté et à doter nos peuples des infrastructures nécessaires pour une meilleure qualité de vie.

Monsieur le Président, un mur ne construira pas deux îles. Les murs appartiennent au passé. Ce qui fait bouger le monde en ces temps de mondialisation, c’est la coopération et non l’isolationnisme. Un mur nécessite de nombreuses ressources pour sa construction; ressources qui pourraient être très utiles à des besoins plus pressants et vitaux. En outre, le mur nécessitera, pour être efficace, une surveillance permanente de la part des forces armées qui ont des choses plus importantes à faire en matière de défense que l’entretien d’un mur.

Une fois de plus, Monsieur le Président, le rêve du XXIe siècle pour notre île est une communauté de deux nations dont les sociétés grandissent et se développent dans cet espace géographique partagé que nous sommes obligés de protéger et de promouvoir. Agissons en tant que leaders de ce siècle qui exige de l’être humain une meilleure compréhension de son environnement et un plus grand engagement en faveur du développement harmonieux et soutenu de la société dans un processus durable.

Michelet Nestor

Leader du Mouvman Rèv Ayisyen

Continue Reading

Actualités

La marche vers le 7 février 2021 fait ressortir davantage les ressemblances entre le pouvoir et l’opposition

Published

on

Depuis que la question du mandat du président fait débat, la Constitution, surtout les articles tablant sur les mandats des élus, est utilisée à tort et à travers. Le pouvoir à tout prix donne lieu à des interprétations les unes plus bizarres que les autres. Dépendamment du clan en question, la Constitution a un sens différent. Et les articles disent parfois des choses complètent différentes de ce que le législateur dit.

Peut-être qu’il s’agit de l’herméneutique du droit. Mais une question se pose : est-ce que l’interprétation permet de tout supposer et de tout dire ? La Constitution ne devrait-elle pas être le pacte juridique sur lequel nous tablons tous pour aborder la réalité sociale, politique et administrative ?

Derrière ce Cheval de Troie juridique cache la démagogie des clans qui s’investissent dans le pouvoir à tout prix en oubliant le fondement même de l’intérêt général et les principes réagissant le fonctionnement de la société. Chacun son argument. Mais au lieu de faire progresser le débat politique, cela plonge le public dans une confusion. L’idée est de renforcer les points d’ombres au lieu de les éclairer.

Le pouvoir en place utilise un article. L’opposition utilise un autre. Tout en oubliant que la Constitution est un tout et que chaque article constitue un élément qui prend sens à l’intérieur de l’ensemble.  

Pour se camoufler, le président de la République eut à dire que : c’est un élu qui doit être remplacé un élu ; alors qu’il a procédé à la nomination des agents intérimaires à la tête des mairies en remplaçant des élus locaux. Pendant qu’il lui revient la charge d’organiser les élections. Le président Jovenel Moise en s’attachant à son mandat qu’il n’arrête de clamer sa fin en 2022 s’était empressé, lundi 13 janvier 2020 à minuit deux, de déclarer la caducité du parlement.

L’opposition, quant à elle, soutient et maintient en vertu de l’article 134-2 que le mandat du président Jovenel Moise prendra fin 7 février 2021. Alors que la nécessité n’a jamais été ressentie du côté de l’Assemblée nationale de convoquer le président élu de venir prêter et qu’il n’a pas besoin d’attendre le 7 février 2017. Même l’équipe du président n’a pas pris la peine de lui lire la Constitution sur laquelle il a prêté serment en jurant de la respecter et de la faire respecter. On dirait que le président a prêté serment sans vraiment lire la Constitution.  

Chaque groupe fait appel à la constitution quand la situation lui est favorable. L’enjeu est que l’opposition et le pouvoir en place partagent les mêmes fondements de la politique. Ce sont deux cabris made in tomazo. Même s’ils empruntent des chemins différents, ils aboutissent au même primat politique : celui de bénéficier de l’ingérence de la communauté internationale au profits de leurs propres intérêts en occultant la question de l’intérêt collectif.

Les acteurs politiques ne sont aucunement légalistes. Chaque groupe s’assure que la démagogie se fait en ses propres intérêts. D’ailleurs, l’opposition qui n’a cessé de critiquer l’Organisation des États Américains (OEA) pour son support au pouvoir PHTK, cherche désespérément l’accord de cet organisme pour l’aider à préparer une transition pour assurer l’après-Jovenel.

Dans une correspondance samedi 2 janvier 2021 adressée au secrétaire général de l’OEA, Louis Almagro, les organisations politiques membres de la Direction politique de l’opposition avaient demandé au secrétaire de supporter la logique d’une transition le 7 février 2021. « Les partis et regroupements politiques sont en train de préparer l’après-Jovenel : la marche inévitable vers la transition. Ils dénoncent de toutes leurs forces le mépris envers le peuple ayitien. Le 7 février 2021 sonnera le glas de ce régime tyrannique, sanguinaire. À partir de cette date, débutera en Ayiti une ère nouvelle. Au nom des principes démocratiques, l’OEA se doit d’apporter sa contribution sans faille », lit-on dans la correspondance de l’opposition.

Depuis quand l’OEA s’investit dans la démocratisation des petits pays – pays périphériques dépendants – où l’organisation matérialise son hégémonie ? De quels principes démocratiques s’agit-il ? En quoi les organisations internationales travaillent-elles au profit des principes dits démocratiques ?  

Fidèle à un pouvoir qui l’a soutenir dans le raz-de-marée américain contre le Venezuela de Nicolas Maduro, Louis Almagro a rejeté la demande de l’opposition. Le secrétaire réaffirmait son soutien à l’organisation des élections pour renouveler le personnel politique ; signe de la revitalisation de la démocratie en Ayiti. À rappeler que c’est l’OEA qui a donné naissance au pouvoir PHTK en 2011.

Pourquoi solliciter l’aide de l’OEA pendant que l’on critique l’ingérence de cette institution dans les affaires internes du pays ? N’est-ce pas là de l’incongruence, de l’indécence et de l’inconséquence ? L’appel à l’OEA ne traduit-il pas une légitimation de l’ingérence ?

Les acteurs politiques ayitiens veulent avoir leur blanc pour les aider à réaliser leur plan machiavélique. Il n’y a aucun problème avec l’ingérence, mais plutôt avec la position de l’étranger (du blanc) en ce qu’elle est en faveur d’un clan. L’idée est de pactiser avec le diable pour notre bien-être, et ce, advienne que pourra.

Pendant que l’opposition tâtonne et réclame la transition, le pouvoir en place fonce vers les élections.  

Ce jeudi 7 janvier 2021, le Conseil électoral provisoire du président Jovenel Moise vient d’annoncer son calendrier pour la réalisation des élections locales, législatives et présidentielles. Selon le calendrier du Cep contesté, d’ailleurs il faut souligner que tous les CEPs depuis 1988 ont toujours été contestés, les élections devraient avoir lieu le 19 septembre 2021 pour le premier tour, le 21 novembre pour le deuxième tour. Les résultats définitifs devraient être publiés le 22 janvier 2022.  

Continue Reading

LES PLUS LUS