Connect with us

Actualités

Unibank: Démantèlement d’un groupe émettant de faux chèques

Published

on

La DCPJ a fait une intervention à l’intérieur de la UNIBANK située à la rue Darguin, dans la commune de Pétion-ville.

Selon les informations, il s’agit du démantèlement d’un réseau mafieux spécialisé dans la fabrication de faux chèques.

La Police a encerclé la Banque pour ensuite procéder à l’arrestation de plusieurs employés de cette succursale.

Pour le moment, l’équipe de la rédaction de jeune Haïti ne détient pas encore les informations sur le nombre d’employés arrêtés au cours de cette opération.

Click to comment

Actualités

Décret du 21 mai 2020, une véritable fantasmagorie

Published

on

Imagination débordante. Poésie irréaliste. Cynisme d’État. Tout s’imbrique dans le décret du 21 mai 2020 fixant les règles générales de protection de la population en cas de pandémie/épidémie.

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus (Covid-19) en Haïti, le pouvoir PHTK évoque des mesures pour lesquelles l’État n’a aucun moyen de les faire appliquer. Très souvent, elles ne cadrent pas avec la réalité sociopolitique du pays. Le pouvoir en place ne fait que copier des mesures prises par d’autres pays pour les plaquer sur la réalité haïtienne. Ce qui fait que la majorité des mesures évoquées durant cette crise sanitaire reste jusqu’à présent inapplicable.

Ce faisant, le gouvernement recourt également à l’imagination, à la fiction pour pondre des mesures. C’est en ce sens que le décret du 21 mai 2020 a vu le jour. Une véritable fantasmagorie ! Et diriger relèverait d’un fait onirique.

Trois mots résument ledit décret de 27 articles: amende, emprisonnement, travail d’intérêt général.

La COVID-19 produit des effets: les uns plus bizarres que les autres.

En Haïti, cette bizarrerie se trouve non seulement du côté de la population qui en majorité refuse de croire à l’existence du virus dans le pays, mais également du côté du pouvoir en place qui fait une gestion catastrophique de la crise sanitaire.

Incapable à sensibiliser la population sur le grand danger que représente la COVID-19, les autorités de l’État utilisent, au travers du décret du 21 mai 2020 qui ressemble en grande partie à une fiction, la prison et l’amende comme moyens pour forcer les gens à respecter les principes hygiéniques.

La prison, l’amende et le travail d’intérêt général pour forcer la population à comprendre le danger que représente la COVID-19.

La force répressive constitue un moyen de sensibilisation, peut-on supposer. Dans ce démiurge, le pouvoir PHTK énumère des articles qui seraient, sans une baguette magique et en dehors de toute imagination, inapplicables.

En effet, l’article 11 stipule: Tout agent de la force publique, qui contrôle l’identité d’une personne, doit porter un masque ou son équipement de protection individuelle protégeant au moins la bouche et le nez et respecter la distance d’au moins un (1) mètre de la personne qu’il contrôle ou toutes autres mesures de lutte contre la pandémie / épidémie adoptées par décret en Conseil des Ministres, sous peine de cinq mille (5.000) gourdes d’amende, de dix (10) jours d’emprisonnement ou de trente (30) jours de travail d’intérêt général à déterminer par le conseil municipal.

Comment l’application d’un tel article serait possible ? Est-ce un agent de la force publique qui va dénoncer un autre qui ne s’est pas protégé lors de ce contrôle ? Ou est-ce un agent du conseil municipal qui va le faire ?

Un policier accepterait-il de dénoncer un autre en sachant que son collègue va être emprisonné, payé une amende ? Sans oublier que le policier qu’il allait dénoncer passerait déjà six mois sans recevoir son salaire.

Plus fondamentalement, qui va contrôler ceux qui nous contrôlent ? Sachant que des policiers/policières font parfois, dans l’exercice de leur fonction, de l’abus de pouvoir.

Cette fiction se poursuit à travers l’article 18 stipulant que : Toute personne atteinte de la pandémie / épidémie qui partage volontairement le virus avec une autre personne encourt une amende de vingt-cinq mille (25.000) gourdes, sans préjudice des autres peines prévues par le Code pénal.

Comment, en ce qui a trait à la pandémie Covid-19, l’État pourrait savoir qu’une personne a volontairement infecté une autre ?

Est-ce que l’on va s’accentuer sur la date où la personne aurait pu ressentir certains symptômes du virus ? L’État va-t-il déterminer un temps “raisonnable” pour que la personne puisse se rendre à l’hôpital pour se faire dépister par rapport au temps qu’elle se rend effectivement à l’hôpital. En tout cas, l’article paraît flou, et son application fait état d’un billet de 15 gourdes.

L’État accorde un délai de 48 h à toute personne atteinte d’un virus d’aller se faire dépister. Comment une personne saurait-elle qu’elle est infectée de la COVID-19, sachant que le virus peut mettre 4 à 14 jours pour se manifester ? Est-ce raisonnable ces 48 heures?

Mise à part cette idée farfelue, il y a tout un problème sémantique qui glisse dans cet article.

Est-ce qu’une personne pourrait être atteinte d’une pandémie ? Sachant que la pandémie est un mot utilisé pour qualifier la propagation d’un virus, d’une maladie et aussi ses différentes modalités de propagation.

Un pays peut être touché par une pandémie,
mais les personnes sont contaminées du virus qui a atteint le stade pandémique.

En son article 17, le décret interdit le déplacement de toute personne atteinte de la pandémie / épidémie, sauf pour aller à l’hôpital ou sur autorisation accordée dans les conditions prévues par Arrêté pris en Conseil des Ministres.

Et si la personne est asymptomatique, comment pourrait-elle savoir qu’elle est infectée ?

Or, le problème c’est que le décret ne mentionne aucune part que l’État doit procéder en cas de pandémie et d’épidémie à des tests massifs afin d’avoir une idée plus claire et précise sur la situation du virus sur le territoire national.

D’un autre côté, l’article 6 du présent décret interdit tout rassemblement, toute réunion ou toute activité mettant en présence de manière simultanée plus de cinq (5) personnes.

Qu’en est-il des marchés publics ? L’État a-t-il déjà pensé à un plan de réaménagement, de réorganisation de ces espaces afin d’éviter de mettre simultanément en présence plus de cinq personnes ? Dans le pays, plus de cinq personnes pourraient habiter une même chambre. Que devront faire ces personnes pour respecter cet article ? Est-ce que l’État va procéder à l’emprisonnement de ces personnes ?

De la pure poésie. De l’irréalisme, pure et simple. Par dessus de tout, de l’imagination débordante.

Le pouvoir en place veut interdit toute stigmatisation. Une bonne interdiction.

Pourquoi une personne stigmatise une autre parce que celle-ci est contaminée d’un virus ? Qu’est-ce qui est à la base de cette stigmatisation ? Est-ce le manque d’hôpital ? Est-ce la déficience du système sanitaire qui se révèle incapable à prendre soin de la population en cas d’une contamination généralisée ?

Que dit l’Université haïtienne sur ce sujet ? L’Université ne devrait-elle pas être un moyen de support à l’État, au fait à la population, dans ces circonstances ? N’a-t-elle pas l’obligation d’établir le rapport entre l’être haïtien et la maladie ? N’a-t-elle pas l’obligation de fournir à l’État les stratégies pour sensibiliser et toucher la population ?

Ce qui est certain, l’État préfère recourir à la facilité : celle d’exercer la violence légitime. Et à force de trop en abuser, l’on pourrait déboucher sur l’anarchie, le totalitarisme où seule la “vérité étatique” est acceptable.

Par ailleurs, les sanctions prévues par le décret concernent-elles également les enfants de rue ? Allaient-ils être emprisonnés et payés au moins les 3 000 gourdes d’amende prévus par plusieurs articles du décret ? Comment feront-ils pour respecter la distance alors qu’ils sont parfois obligés de se rapprocher pour combattre le froid lors de leur sommeil ? Et le couvre-feu ?

L’on dirait que faire beau apparaît comme une exigence politique en Haïti. Même si ce que l’on fait ne coïncide à aucune réalité sociale. Sombrer dans la quête de l’apparence, tout en donnant l’impression de mettre en valeur son être, paraît malsain et cynique. Cela résume la posture du pouvoir en place en ce temps de crise sanitaire.

Si l’on peut admettre volontiers que l’imagination traduit une réalité quelconque, l’on serait également d’avis que cette réalité n’est pas obligée d’être concrète.

Continue Reading

Actualités

Une fièvre s’abat sur le Pénitencier national et fait déjà deux morts

Published

on

Crédit Photo : Jeunehaiti.ht / Photo prisonniers décédés au pénitencier national de la fièvre

Depuis environ deux semaines, une fièvre frappe les prisonniers au centre du Pénitencier National. Déclarée au quartier dénommé Titanic du centre carcéral, cette fièvre a déjà touché une cinquantaine de prisonniers et fait deux morts ce lundi 11 mai 2020.

Une personne morte a saigné du nez et de la bouche avant de succomber.

Face à une menace de contamination généralisée, les autorités du Pénitencier ont pris la décision d’isoler les personnes infectées, en les administrant des paracétamols.   

« Le dispensaire ne dispose actuellement d’aucun matériel, ni de médicament. En ce sens, les autorités ont demandé aux prisonniers de se procurer leurs propres médicaments ». Les responsables médicaux n’ont pas encore déterminé la nature ou la provenance de la fièvre.

Toutefois, les symptômes ressemblent à ceux du Covid-19, souligne notre source qui fut médecin avant d’être incarcéré. Une situation qui aurait même provoqué la peur chez les membres du centre médical qui commencent déjà à fuir l’espace, a-t-il fait savoir.

Continue Reading

Actualités

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), une bureaucratie inutile !

Published

on

La communauté juridique nationale et tous ceux qui sont intéressés à la justice dans notre pays ont appris par voie de presse que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a pris la décision de mettre en disponibilité, dans un vide de procédure, trois juges de siège du Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets. Parmi eux, il y a le Doyen dudit Tribunal, Me Lyonel Ralph Dimanche, un magistrat de carrière, un serviteur de l’État, à qui notre justice de procédure donne non seulement le pouvoir de décider comme tout magistrat en fonction de la loi, de l’équité et de son intime conviction mais aussi au nom de la République, donc au nom de l’État.

Cette décision prise en fonction des dispositions de l’article 34 de la loi du 13 novembre 2007 créant le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est intervenue après la libération d’un citoyen accusé de trafic illicite de stupéfiants, suite à une action en habeas corpus introduite par ses défenseurs. Me Bakens Louissaint, un jeune avocat très respecté, a écrit à ce sujet un article intéressant dans lequel il a présenté sa connaissance des faits et le droit supposé applicable en pareil cas.

Son texte riche en enseignements que je partage en partie me porte à m’interroger sur la pertinence du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire en tant que organe décisionnel et sur le rôle de la justice comme institution républicaine. Cette affaire mettant en cause l’appareil judiciaire dans la juridiction de la Croix-des-Bouquets, me donne encore l’opportunité de revenir sur un problème déjà évoqué dans mes textes antérieurs, savoir l’incompréhension des acteurs judiciaires du fonctionnement de la justice haïtienne en tant que pouvoir légitime de la démocratie. Recontextualiser ce débat n’est pas inutile. Car, c’est en sanctionnant l’existant que la science progresse et la communauté scientifique se construit. Ce n’est pas trop d’insister sur la question fondamentale de l’interprétation du droit en Haïti. N’est-ce l’ambition même du scientifique de viser à devenir effectif pour tous et à l’égard de tous, pour répéter Mireille Delmas Marty, professeure au Collège de France ?

La justice est en Haïti infantilisée

L’ordre judiciaire en Haïti est constitutionnalisé. La Justice n’est pas chez nous une autorité, comme c’est le cas en France mais un pouvoir légitime. Avant l’adoption de la Constitution de 1987, le pouvoir législatif était plus légitime que le pouvoir judiciaire parce qu’il était issu du suffrage universel. La Constitution a corrigé le déficit de légitimité qui a caractérisé le pouvoir judiciaire en éliminant les paliers hiérarchiques de la démocratie entre les trois grands pouvoirs de l’État. Malgré cette correction, le Pouvoir judiciaire n’est pas toujours considéré comme un pouvoir légitime de la démocratie, à l’instar des deux autres pouvoirs. Au contraire, la justice est infantilisée et traitée comme un pouvoir mineur. Un pouvoir, qui selon plus d’un, doit être accompagné jusqu’à l’âge adulte. Telle est la compréhension que le monde des magistrats haïtiens en a jusqu’à présent.

C’est dans ce sens, et contre la vision refondatrice de la justice amorcée par la Constitution, que la loi de 2007 a institué un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire coiffant ainsi le pouvoir judiciaire et au sein duquel siègent les représentants des organisations de la société civile. On accorde à des personnes qui ne sont des juges le pouvoir disciplinaire de sanctionner des juges investis eux-mêmes de la souveraineté nationale. Par quel raisonnement et artifice juridique est-on arrivé à cette formule permettant aux représentants de la société civile d’intégrer cette structure étatique ? Comment peut-on être à la fois de la société civile et de l’État ? Cela ne pose-t-il pas un problème d’éthique, se demande Me Wando, le savant juge, Doyen du Tribunal de Première Instance de Jacmel ? C’est carrément du populisme juridique de mauvais goût. Un désordre planifié, concocté et entretenu qui conforte les acteurs sociaux qui émargent du maigre budget attribué à la justice.

Comment comprendre aussi la multiplication des syndicats de magistrats au sein du pouvoir judiciaire ? Ces associations de magistrats justifient-elles un renoncement au statut de Pouvoir que la Constitution accorde à la justice ?  Ou du moins nos juges cessent-ils d’être les délégués de la souveraineté populaire ? Dans ce cas, ne faut-il pas revoir dans notre vocabulaire juridique les concepts de pouvoir, de république et de souveraineté nationale ?

Nous sommes en pleine confusion. Notre système juridique national est confus. Cette confusion est source d’anarchie et d’arbitraire des pouvoirs publics, ce qui est préjudiciable tant aux juges qu’au simple citoyen. Elle met en cause le principe de l’unicité de notre droit et celui de l’égalité des citoyens devant la loi. Ce désordre traverse malheureusement tous les acteurs de notre système judiciaire. Cette situation me préoccupe au plus haut niveau en tant que chercheur solitaire. Dans le cadre de ma mission sociale de répéter le droit sans complaisance, je me pose les questions suivantes: le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est-il une instance administrative et disciplinaire ? À quoi avons-nous véritablement affaire ?

La Justice haïtienne a-t-elle même un sens en dehors de celui que notre Constitution lui donne ? Ce sont des questions auxquelles j’ai essayé de répondre à maintes occasions, chaque fois avec plus de clarté. Les premières séries de questions évoquées plus haut font surgir une autre : le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire incarne-t-il le pouvoir judiciaire ?                                                                                                                                          

La question a cependant son sens. Les critiques qu’on adresse au système judiciaire et les doutes qu’on entretient sur la finalité, l’efficacité de cet organe administratif qu’est le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, sont trop nombreux pour qu’on n’y prenne pas garde.

Le statut de la Justice dans la constitution

La Constitution haïtienne définit Haïti comme une République et une démocratie. Aujourd’hui, il est admis que la position d’une institution dans la hiérarchie démocratique dépend de sa plus ou moins proximité au suffrage universel. Dans la conception de la démocratie occidentale, les représentants du peuple acquièrent leur légitimité par des élections directes ou indirectes. Dans une République démocratique, les mandats sont nécessaires pour exercer le pouvoir et décider au nom de l’État. La Constitution de 1987 résout ce problème en faisant du pouvoir judiciaire un véritable pouvoir par l’établissement d’un mode de désignation des juges qui garantit l’indépendance de la justice. Les juges sont, au même titre que les représentants des deux autres pouvoirs, les délégataires de la souveraineté nationale. Juger est un acte de souveraineté nationale. Les sentences sont rendues „au nom de la République“, suivant la formule officielle consacrée en Haïti.

Hormis, les juges de la Cour de cassation, ceux placés dans les cours et les tribunaux inférieurs se trouvent à l’heure actuelle dans une situation d’illégitimité.

La création d’une École haïtienne de la magistrature à la française ne peut remplacer la procédure constitutionnelle de désignation des juges. La légitimité des juges issus des assemblées n’entraîne pas la déprofessionnalisation de la Justice mais en assure plutôt son caractère démocratique. L’ordre judiciaire haïtien étant constitutionnalisé, quelle que soit la qualité de l’enseignement qui y est dispensée, ajoute le Dr Mirlande H. Manigat, il ne résout pas la question constitutionnelle du droit de proposition dévolu aux assemblées territoriales. L’École de la magistrature reste, selon le Dr Guerilus Fanfan, « une école dans l’école ». Quelque soit le doute qu’on aura à exprimer sur la capacité et le sérieux de ces assemblées territoriales ou le mépris exprimé pour les gens issus du peuple, la participation de ces derniers aux affaires publiques de leur pays, est une exigence constitutionnelle et démocratique. Les juges ne peuvent passer outre ces relais locaux et régionaux. Dans le cas contraire, la justice n’est plus rendue au nom de la République mais à celui de l’Exécutif, argumente Me Guerilus Fanfan, ancien Commissaire du gouvernement de la juridiction de Port-au-Prince.

Notre conception de la justice ne réside pas dans l’œuvre savante du juge mais dans l’intégrité de celui qui est appelé à rendre la justice. On ne pouvait attendre que les magistrats aient toutes les connaissances nécessaires pour décider sur un litige. Les juges parfois découvrent la loi à l’occasion de la plaidoirie des avocats, comme le soutient le docteur Josué Pierre-Louis, mais on réclame d’eux une conscience pure et une ferme volonté de remplir leur devoir. Le savant maître et ancien Juge à la Cour d’appel de Port-au-Prince croit qu’on peut appliquer la loi sans pour autant rendre la justice. L’ancien patron de l’OMRH estime comme moi que la loi n’est pas neutre : il y a toujours des forces sous-jacentes au droit qui participent à son élaboration aussi bien qu’à son application. C’est pourquoi, la justice s’incarne d’abord dans l’équité. Ce principe qui permet de corriger les injustices dans la société.

Suivant l’article 173 de la Constitution, le pouvoir judiciaire est exercé par les juges, détenteurs de la souveraineté nationale non pas par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Cette structure bureaucratique, de nature hégémonique, créée par la loi de 2007 est en violation de l’article 173 de notre charte fondamentale. Le juge, en tant que représentant du Pouvoir législatif ne peut être soumis à aucune autre forme de direction intérieure ou extérieure. Il est de principe que le pouvoir n’a pas de supérieur. Selon la théorie de séparation des pouvoirs de Montesquieu, « seul le pouvoir arrête le pouvoir ».

La Cour de cassation devrait remplacer le CSPJ

La Constitution, en son article 184-2, ajouté par le texte amendé, confie à la loi de préciser les conditions d’organisation et de fonctionnement de cet organe mais les prérogatives accordées à celui-ci doivent être en accord avec les normes républicaines, démocratiques et constitutionnelles en vertu du principe de l’unicité de l’ordre juridique national. La constitution donne à la Cour de cassation la tâche d’en assurer l’empire.

Pour fabriquer la loi, le législateur a besoin de principes rationnels et catégoriques, de théories, de concepts, d’attributs et de variables pour penser juridiquement et examiner la validité de la norme proposée par rapport à la norme fondamentale avant qu’elle soit admise à l’intérieur du système juridique national.

Dans sa composition actuelle, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire n’est pas une garantie de l’indépendance de la Justice. L’intégrité des juges, leurs conditions de désignation, leur salaire, les conditions générales de la magistrature sont les garanties de l’indépendance de la Justice et la dispensation d’une justice équitable.

La Cour de cassation d’Haïti est la Cour suprême du pays. C’est elle qui devrait jouer le rôle du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. La gouvernance du pouvoir judiciaire doit être exercée par les juges de la Cour de cassation. Cet organisme sera destiné à assurer la discipline parmi les membres de la magistrature et le fonctionnement de la justice.  Pour  sauvegarder  le principe démocratique et républicain exprimé par la Constitution de 1987, il convient de confier cet organisme aux juges. On ne peut être membre du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire si on n’est pas membre de la magistrature. C’est comme pour le parlement : on ne peut sanctionner un parlementaire, si on n’est pas membre du pouvoir législatif ? La Cour de cassation doit continuer son contrôle de constitutionnalité des lois en attendant la mise en place d’une Cour constitutionnelle. 

Pourquoi la magistrature haïtienne s’installe-t-elle confortablement dans un pouvoir judiciaire totalement défiguré ? Pourquoi ce choix inspiré d’une absence d’éthique professionnelle ?

Cette situation de confort illégal dans lequel est logé le pouvoir judiciaire, favorise l’hégémonie du pouvoir exécutif sur la justice. Cette situation place les juges dans une situation périlleuse et est de nature à provoquer chez eux des réflexes de survie. Ils doivent toujours faire la cour aux détenteurs du pouvoir exécutif pour garantir leur position. La Constitution de 1987, en son article 175, maintient les prérogatives du Président de la République en matière de nomination des juges mais elles sont limitées par l’intervention d’un organe du Pouvoir législatif (le Sénat) et des assemblées des collectivités territoriales. L’indépendance d’un système judiciaire est garantie par le mode de désignation des juges et le respect de la procédure, a écrit Jacques Yvan Morin, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Montréal. Le respect de la procédure telle que tracée par la Constitution, est fondamental pour assurer l’indépendance de la Justice et garantir la confiance des citoyens dans le système judiciaire de leur pays.                                                                                                                                        

Cela dit, le peuple est pris dans un complot des forces conservatrices. Suppression de certaines dispositions de la Constitution, comme ce fut le cas de celles relatives au choix des membres du Conseil électoral permanent par les assemblées départementales, mise en place des obstacles politiques visant à empêcher la tenue d’élections des assemblées territoriales – voilà en quoi consiste le complot des élites rétrogrades et réactionnaires pour entraver la participation du peuple et de la paysannerie, ma classe, dans le processus politique de leur pays. On oublie que c’est la paysannerie, le pays réel et que « tout le reste est superficiel », comme le disait Dr. Louis-Joseph Janvier.

De la refondation de la justice

La Constitution de 1987, de par son caractère démocratique et des idées qu’elle charrie, nous a mis sur les voies de la refondation d’une véritable justice pour tous. Il ne fait aucun doute que cette refondation se heurte à des résistances et des obstacles farouches érigés par les tenants du système traditionnel. Mais il faut dénoncer avec conviction et détermination les corrompus qui prennent l’appareil judiciaire en otage. Cette refondation de la justice passe nécessairement par la reforme du droit, par des parquets indépendants, par de véritables cabinets de juges techniquement bien encadrés, par une véritable Cour de cassation répondant à une composition multidisciplinaire. Cette Cour multidisciplinaire est nécessaire et fondamentale pour le rayonnement de notre justice.

Le professeur français de droit constitutionnel Georges Burdeau a rappelé que pour l’étude du droit, il est nécessaire d’utiliser les enseignements de l’histoire, de la sociologie, les données de la philosophie et jusqu’aux leçons d’une expérience personnelle vécue.                                                                                                             

En somme, le débat soulevé sur la pertinence du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire dans sa composition actuelle n’est pas inutile. On doit le faire, c’est une exigence démocratique.

Après tout, dévoiler et dénoncer une réalité qui est à l’œuvre, sert essentiellement à libérer l’opprimé. Il s’agit de lui montrer comment les groupes dominants entendent contrôler la justice dans le cadre des rapports de pouvoir en éliminant le peuple dans tous les centres de décision. La participation du peuple dans les affaires publiques de son pays, telle que consacrée par notre Constitution, n’a été qu’un vaste mensonge et tromperie des élites. En dépit des luttes, les énergies dépensées, force est d’admettre l’avènement de la démocratie n’a pas eu lieu et l’indépendance de la justice reste au stade de combat.

Me Sonet Saint-Louis av

Professeur de droit constitutionnel FDSE (UEH)

Professeur de droit des affaires (UNIFA)

Doctorant en droit (UQAM)

Sonet43@Hotmail.com.

Continue Reading

Les plus visionnés

  • Michelet Nestor : L’appel au dialogue du président devrait tabler sur sa démission (57,385)
    Jovenel Moïse aurait dû annoncer sa démission dans son adresse à la nation, et l'appel au dialogue du président aurait eu pour tâche de préparer le gouvernement de transition, pense Nestor Michelet, spécialiste en Droit international des affaires. Une telle démarche calmerait, selon lui, toute cette colère populaire qui ne fait que paralyser le pays. […]
  • De Leslie François Manigat à Père Éternel Loto, un travers politique pour le RDNP (13,968)
    De l'intellectualisme à l'amateurisme politique. Un travers pour le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) qui faisait office d'un parti politique priorisant la connaissance et qui comprenait la politique comme une science et une pratique sociale capable de garder le sens authentique de l'humanité de l'être humain. Qui n'avait pas envie d'écouter Leslie François Manigat, […]
  • OPINION PUBLIQUE: Les grenadiers passent de Héros à zéros (13,200)
    Après la dernière édition de la Concacaf (Gold Cup), ou la sélection Haïtienne de football a gagné la 3e place, trois Grenadiers sur cinq, de ceux qui sont revenus du championnat, ont été reçus par le président Jovenel Moïse, au Palais National le 9 juillet 2019. Depuis, l’opinion publique ne cesse de dénoncer cette rencontre, […]
  • Roody Roodboy, agressé sur les réseaux sociaux, est prié de rester en France pour ne pas importer le coronavirus en Haïti (9,298)
    Par rapport au coronavirus qui ravage des pays en Europe, les États-Unis demandent de stopper tout vol en direction de ce continent. La peur provoquée par ce virus pousse certains haïtiens à agresser sur Twitter l’artiste Roody Roodboy qui s’est rendu à Paris cette semaine, malgré l’alerte rouge qui pèse sur la France. Des followers […]
  • L’augmentation exorbitante des frais de Moncash par la Digicel (8,507)
    Malgré les taux de l'inflation et du chômage sont à leur plus haut niveau, la Digicel juge nécessaire et opportun d'augmenter les frais du service Moncash. Pour les retraits, les frais augmentent de 1 jusqu'à 83 gourdes. Et de 0,5 à 20 gourdes pour les transferts effectués de votre téléphone à une personne. Pour justifier […]
May 2020
M T W T F S S
« Apr    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Categories

LES PLUS LUS