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Politique

vive tension au centre-ville de Port-au-Prince ce dimanche

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La mobilisation continue, barricades, pneus enflammés dans plusieurs endroits de la capitale.
Les manifestants déclarent DDN (Deyò Deyò Net), on se demande si les déclarations du DG de la PNH faisant croire d’assurer la circulation dans le pays pour le lundi 17 juin, tiendra.
Pour disperser les manifestants, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.
Jeune Haiti.ht

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Politique

Michelet Nestor; Pour un projet de renaissance de la Première République Noire

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La situation politique en Haïti est extrêmement difficile, et sa solution exige un accord où tous les acteurs transcendent les clivages politiques afin d’élaborer une série de programmes destinés à résoudre les nombreux problèmes qui affectent la population.

Dépassant l’incongruence, l’indifférence et l’incompétence de nos dirigeants, ce pacte ne doit pas être réalisé uniquement avec les élites politiques, économiques, et intellectuelles, mais aussi avec la participation et l’implication du peuple haïtien. D’ailleurs, nous soutenons qu’aucune solution à cette crise aiguë n’est possible sans l’implication active du peuple haïtien.

Ce pacte traduira la parfaite expression de l’intelligentsia haïtienne au service de la communauté haïtienne. Ayant pour démarche une logique participative, cet accord, émanant du fond de la nation comme force dynamisante de tout projet de société visant à la refondation de la société, consiste à rompre avec l’actuel système. Système qui garantit la corruption, l’impunité, l’inégalité et l’injustice sociale. Ce faisant, l’accord résultant d’un référendum prenant en compte les revendications de toutes les catégories sociales consistera la praxis de la dignité humaine où le bien-être est garanti. Il résulte au fait en un procès pour la refondation basé sur une conscience collective ou nationale.

Ce projet ne peut se résumer à une lutte pour le pouvoir d’État. Mais, plutôt un projet commun où l’on participe, c’est-à-dire les partis politiques, les associations des jeunes, les organisations de la société, les organisations syndicales, paysannes, à la préparation du peuple comme sujet historique de la démocratisation du pays, en ce qu’il est capable de faire de véritables mouvements sociaux au profit de l’intérêt général. Cela dit, le projet que nous proposons pourrait se réaliser dans environ trente (30) ans, si tout le monde y joue sa partition pour harmoniser le bien-être social.

Nous partageons l’idée fondamentale que tout changement radical, toute révolution donnent lieu à de nouvelles lois, de nouveaux acteurs, de nouveaux dirigeants. Comme le dit Albert Einstein, l’on ne peut pas résoudre les problèmes avec ceux qui les ont créé. Faut bien ajouter que ces personnes nous fournissent les bonnes raisons pour lutter pour la redynamisation, la modernisation de la société où tout le monde a la chance de vivre pleinement sa vie.

Autrement dit, pour arriver à un tel projet, il est nécessaire et utile de mettre en place une nouvelle constitution élaborée à partir d’un référendum qui embrasse toutes les réalités du pays afin de prescrire les fondements de la nouvelle société. Et le peuple sera l’instigateur principal d’un tel acte.

Ce projet de développement, de modernisation doit conduire stricto sensu à recouvrir l’autonomie, l’indépendance du pays où l’Haïtien sera fier de vivre dans sa terre natale. Fierté nationale, autonomie, indépendance doivent être les réquisits principiels dudit projet. Et la constitution sera la marbre où sont gravés lesdits réquisits.

Pour cela, nous devons élaborer un Programme d’éducation natianle inclusif participant à la formation de citoyennes et citoyens haïtiens au profit de la communauté haïtienne. L’intelligentsia haïtienne doit être au service du bien collectif de sa propre formation sociale. Par conséquent, nous devons à tout prix éviter la fuite de cerveaux qui ne fait que paralyser ou ralentir tout processus de changement qui doit tabler sur des réflexions approfondies. Une valorisation de l’éducation nous permettra d’aboutir plus rapidement à la reconstruction de notre chère Haïti.

Cela étant, le projet participe à la matérialisation du Rêve haïtien, c’est-à-dire créer plus d’emplois afin d’empêcher que nos compatriotes se fassent humiliés, tués, maltraités en terres étrangères en quête de mieux-être. L’Haitien n’aura pas besoin de rechercher d’autres Eldorado, puisque Haïti redeviendra cette terre promise et prospère.

Le rêve haïtien vise également la relance de la production locale, surtout la production agricole, parce qu’aucun pays ne peut être autonome, indépendant s’il n’est pas capable de nourrir sa population. Comme le disait si bien Karl Marx, même pour faire l’histoire l’homme (nous préférons l’humain) a besoin de se nourrir, se vêtir, se loger.

Ce projet est un acte de renaissance de la Première République Noire. Il reprendra les moments principiels de la révolution haïtienne où l’humanisme gardait encore son sens authentique. Le peuple, disons l’intérêt général, constituera la tablature catégoriale de toute action politique.

Le peuple devrait détenir l’autorité de révoquer les mandats de ses représentants au moment où les attentes ne sont pas combles, les besoins ne sont pas satisfaits. La participation du peuple à la chose publique est une condition nécessaire pour la réussite d’un tel projet de société. En ce sens, l’intégration de la diaspora haïtienne s’avère aussi une nécessité.

Voici les grands points de ce projet :

  • Élaborer une constitution comme acte de naissance de la nouvelle société. Elle doit poser de la manière la plus claire les balises pour combattre toute pratique mafieuse;
  • Élaborer un Programme d’éducation natianle inclusif capable de former de citoyennes et citoyens haïtiens au profit de la communauté;
  • Favoriser la décentralisation de tous les services publics. Tout projet de refondation de la nation doit finir avec la république de Port-au-Prince ;
  • Garantir les services sociaux de base;
  • Créer beaucoup d’emploi (emploi décent) afin que toute personne en âge de travailler puisse le faire
  • Relancer la production locale, plus précisément la production agricole. La question foncière a toujours été une question de haute importance dans toute l’histoire du pays. Alors la société devrait s’y atteler afin de la résoudre ;
  • Fournir les bases nécessaires pour l’établissement d’une société égalitaire. Aucun développement en ce sens ne peut être possible dans une société remplie avec autant de discriminations, de disparités, d’inégalités, d’injustice sociale;
  • Mettre en place un autre système économique. C’est-à-dire un système qui exclut toute forme d’exploitation. Mais un système qui est au service de la population.

Ainsi l’État sera-t-il au service de la population, au lieu d’être au profit d’un clan, d’un groupe. Le projet que nous proposons ici vise en tout premier à rompre avec le rapport disloqué existant depuis des lustres entre l’État et la nation. La population doit participer à l’exercice de la res publica.

Conjuguons nos forces au profit de notre pays.

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Opinion

L’Accord de Marriott : le jeu force à raisonner

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Quelques jours après la signature de l’Accord de Marriott, les opposants au régime du Président Jovenel Moïse ont institué une Commission Technique Spéciale chargée de rédiger les critères de sélection et de procéder au choix des juges de la Cour de Cassation et de personnalités politiques qui doivent assurer respectivement la présidence de la République et la Primature pendant la période de transition. Selon cette démarche, le Premier Ministre sortira au sein de l’opposition active, c’est-à-dire dans ce choix, la préséance est accordée à l’opposition institutionnelle en fin de mandat à l’Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti, une nébuleuse n’ayant pas d’existence légale.


Dans cette perspective, il est prévu aussi un organe de contrôle qui sera institué dont la mission est de contrôler l’action gouvernementale. Est-ce une manœuvre pour des gains politiques ou un combat pour l’amélioration des conditions d’existence des Haïtiens ? Cette lutte doit-elle mettre uniquement en scène l’opposition et le pouvoir en excluant des milliers de citoyens qui ont signifié leur refus à ce système en décomposition et incapable de résoudre les problèmes fondamentaux du pays?


Présenté comme le triomphe de l’unité des forces politiques haïtiennes et de la société civile, l’Accord de Marriott pose des problèmes quant à sa légitimité, son effectivité et sa légalité constitutionnelle. Qui détient la souveraineté nationale ? Quel est donc le statut du citoyen dans notre République ? Quel est le pouvoir de la Cour de Cassation ? Quel est son rôle ? Ces séries de questions peuvent paraître simples ou compliquées mais comportent de nombreux enjeux.

La Constitution de 1987 dans sa version amendée, ne confère pas de rôle politique à la Cour de cassation. Elle est là pour assurer l’empire de la règle de droit et l’ordre républicain établi. Cet ordre est créé par la Constitution et la législation existantes. Cet ordre établi exige le plus haut respect et toutes les activités doivent contribuer à son maintien. Il s’ensuit que l’ordre établi n’est pas considéré comme quelque chose de suprême; c’est au contraire le changement qui a cet attribut. On peut changer l’ordre existant en fonction du principe de la perfectibilité, de la mutation et de l’évolution mais on ne peut pas renverser un pouvoir par consensus : le changement peut se faire soit par la voie légale, soit par la voie révolutionnaire. Un groupe d’individus peut chercher à se substituer par la violence au gouvernement légitime et à fonder un ordre différent. S’il y parvient, cela signifie que l’ordre ancien cesse d’être efficace et effectif et que le nouveau le devient.
Cela pose le problème de l’effectivité de l’Accord de Marriott. Car cet accord doit répondre dans une mesure si modeste soit-il à l’idée de droit. Et un accord est fait pour être appliqué. Comment un juge à la Cour de cassation, membre d’un pouvoir de l’État, peut-il prétendre se substituer à un Président en exercice, sans parler de coup d’État, de crime contre la Constitution ?
Il me semble que Marriott n’avait pas amené la classe politique haïtienne à raisonner. Les juges ne sont pas candidats à des postes politiques. Ils agissent en qualité d’organe de l’État (art. 173 de la Constitution). Dans leur fonction, ils ne peuvent pas légaliser un fait illicite. La Cour de cassation ne peut que constater la violation des règles constitutionnelles et des lois, et le cas échéant appliquer la sanction. Elle ne peut pas manquer à son rôle de maintien de l’ordre juridique national. Si elle se fixe d’autres attributions qui ne sont pas les siennes, elle faillit. Elle perd sa place au rang des pouvoirs de l’État.


Cette transition politique, si elle est acceptée ou imposée, va se dérouler dans un vide constitutionnel aux effets politiques imprévisibles. L’argumentaire justificateur développé par les promoteurs de cette formule nous renvoie à la tradition historique pour le choix du Président provisoire de la transition. Cette démarche me semble être incohérente au double point juridique et historique au regard de l’articulation institutionnelle proposée : un Président de la République issu de la Cour de cassation et un Premier Ministre sans Parlement.


En remontant dans notre histoire constitutionnelle, une évaluation statistique nous indique que de nos vingt-deux (22) constitutions, nous avons expérimenté plusieurs régimes politiques : de l’empire à la royauté, en passant par la monarchie et les régimes présidentiels dégénérés en présidentialisme pur et dur jusqu’au parlementarisme. Il s’ensuit donc que notre tradition constitutionnelle n’exprime pas une pensée juridique et politique uniforme. Dans nos péripéties politiques, nos constitutions ont été en grande partie des œuvres abstraites de droit public qui ont exprimé des souhaits et des aspirations politiques. L’analyse exégétique de ces différentes constitutions et la comparaison établie entre elles ne suffisent pas pour déceler notre tradition juridique ni fonder la spécificité de l’ordre juridique national. Elles traduisent non seulement un problème de gouvernance mais nuisent à la nécessaire stabilité de l’État. (Mirlande Manigat, Traité de droit constitutionnel haïtien)

Une question se pose : quel est le bien fondé d’un poste de Premier Ministre en absence d’un pouvoir législatif? Autrement dit, peut-on avoir un Chef de gouvernement sans Parlement ?
Sous l’autorité du Premier Ministre, selon la Constitution de 1987, le gouvernement pilote l’action gouvernementale. Le Premier Ministre est choisi par le Président de la République pour mettre en œuvre sa vision de l’État (Art 137 de la constitution). Autour de quoi s’articule la vision du Président provisoire de la transition ? Qu’est-ce que le Chef du gouvernement va mettre en œuvre ?
Le poste de Premier Ministre répond à une logique constitutionnelle et institutionnelle. En effet, le cabinet ministériel constitue la pièce maîtresse de notre régime politique. C’est par lui que s’établit la relation entre le gouvernement et le Parlement. Entre ces deux entités, il existe une collaboration fonctionnelle et sanctionnée. S’il n’y a pas d’instance de contrôle, il ne peut pas y avoir d’action gouvernementale. On ne peut pas forger une instance de contrôle en absence du Parlement. Les parlementaires, représentants élus du peuple, sont les délégués de la souveraineté nationale dont la mission consiste à contrôler l’action du gouvernement dans le but de protéger l’intérêt général.
Quelle réflexion ou quelque intention supérieure se dégage de cette approche ? L’opposition politique propose une démarche enveloppée dans la couleur de l’obscurité du non droit. Le jeu force à réfléchir raisonnablement . Une constitution est une totalité individuelle indivisible et il est également impossible d’en faire l’objet d’une délibération et d’un choix à la carte. Non seulement la Constitution tient à sa logique et sa cohérence et en dépend, mais aussi au caractère même de toute totalité.


Dans une société démocratique, la constitution, le système juridique, les droits civils et politiques sont des forces dans lesquelles le peuple s’unit et se manifeste. Ce sont ces forces à coté d’autres, qui lui donnent une existence spirituelle. Elles ne peuvent pas être livrées à l’arbitraire et à la férocité de quelques individus ou d’un groupe d’individus. Dans une démocratie, les partis politiques ne capturent pas l’État mais concourent à l’expression du suffrage universel. L’étatisation de ces derniers par la loi sur le fonctionnement et le financement des partis politique, les oblige à contribuer à la mise en œuvre des articles 58 et 59 de la Constitution. Cela signifie que dans notre cadre républicain, le pouvoir est légitime, démocratique et constitutionnel.


Ces dispositions constitutionnelles citées ci-dessus reconnaissent au peuple le droit de choisir les gouvernants à tous les niveaux exécutif et législatif. Avec la démarche de Marriott, le peuple est tout simplement phagocyté. Car la citoyenneté n’a de valeur que là où les droits qu’elle donne ont de l’exercice. L’unité de l’opposition à Marriott est-elle le fait du parti unique de l’opposition qui prend sa revanche sur la Constitution et sur la nation?


En effet, la Constitution est la rencontre entre l’État et la nation, un rendez-vous entre les gouvernants et les gouvernés. Tout pouvoir de transition non défini par la Constitution est un divorce entre l’État et le citoyen.


Notre loi mère en ses articles 58 et 59, définit la souveraineté et la mise en œuvre des attributs de cette souveraineté. L’essence de la souveraineté est le peuple dont il est le dépositaire est fractionnée au nom de l’égalité des citoyens. Chacun des citoyens en détient une parcelle : un droit individuel en tant que citoyen et un droit commun comme membre d’une collectivité donnée.
C’est le suffrage universel qui concilie le citoyen avec les détenteurs des pouvoirs de l’État. Le suffrage universel est l’instrument par excellence de la démocratie. Cette émanation populaire confère une certaine légitimité à la gestion étatique.


L’État n’est pas une abstraction ni un monstre qui se dresse devant les citoyens. Il est une matérialité qui prend corps à travers les pouvoirs de l’État, à qui le peuple délègue sa souveraineté en choisissant ses représentant par le suffrage universel. L’État est le lieu de convergence de tous les intérêts où chacun a sa petite place. La capture de l’État par quelques fractions du peuple met le peuple dans une forme non conforme à la raison. Son existence en tant qu’être légal est le fait de la raison. Car la Constitution et la loi ne sont pas le fait du hasard ou du vide mais de la raison même. C’est la Constitution et la législation existantes qui donnent au citoyen sa valeur. Sa réalité spirituelle se trouve dans l’exercice des droits que lui confèrent les lois positives. La démarche qu’on nous propose apparaît comme un renoncement de la raison parce qu’il y a capture de la volonté subjective et universelle.

Nulle réunion partielle de citoyens ne peut s’attribuer de la souveraineté. La conception selon laquelle le peuple est dépositaire de la souveraineté nationale a été aussi notée par les constitutions antérieures, notamment celles de 1806 (art. 12) et 1818 (art. 16).
Y a-t-il dans notre société des hommes, des citoyens ou des groupes d’hommes qui se trouvent à un degré supérieur à d’autres ?


La machination politique de certains secteurs dominants de la société conduit à l’endoctrinement des citoyens contre la Constitution. Elle les fait oublier que la Constitution leur confère des droits. Un État en tant que tel est une fin qui a préséance sur les individus et inspire tous leurs actes. À cette phase, sommes-nous en train de vivre une forme de l’arbitraire individuel ? L’État, la constitution et les lois sont des buts et le citoyen doit se mettre à leur service. Celui-ci s’efface en eux et n’atteint sa fin que dans l’universalité. Donc, la Constitution qui est notre fin, s’impose aux citoyens. C’est en respectant la Constitution, les lois et les institutions qu’elles créent que nous réalisons notre fin collective. La violation de la Constitution nous détourne de cette fin universelle. Les citoyens doivent se sacrifier en vue de la réalisation de cette fin collective. Le collectif, l’universel ou l’intérêt général imposent aux citoyens leur joug.


Cette transition politique telle que conçue, parce qu’elle ne vise pas cette fin, va engendrer une lutte entre l’individualité et l’universalité. Sans la légalité concrète et abstraite du pouvoir, on est dans la violence arbitraire individuelle. Serions-nous en tant que collectivité, obligés de vivre le déchirement intérieur absolu de la non réalisation de cette fin, de subir la souffrance du despotisme individuel ou de résister à l’individualisme politique marchand, tel qu’il nous est permis de constater aujourd’hui dans le jeu politique actuel?

En conclusion, dans les circonstances présentes, dire non à un projet politique marchand ne veut pas dire qu’on s’arrange sur la position du pouvoir. Le pays n’est pas PHTK ni son contraire. La participation démocratique du citoyen dans le débat politique est le critère de l’engagement politique. C’est un début dans la marche vers l’universel. Nos droits politiques de participation nous obligent à prendre un engagement de front pour émanciper notre génération d’un passé refoulé qui souhaiterait exercer sa domination sur l’avenir de notre pays. Un enseignement insuffisant de l’histoire, dit Habermas, équivaut à un refoulement du passé et une de responsabilisation de soi au présent.


En effet, pour combien de temps encore le pays continuera à subir les conséquences des politiques maladroites de nos décideurs ? N’est-il pas temps de faire prendre conscience d’une dialectique du renouveau dans un nouveau paysage politique et intellectuel ?
En politique, on ne réalise pas tout ce qu’on veut. La politique unit, désunit et réunit. Dans la conjoncture actuelle, il faut cohabiter avec Jovenel Moïse contre Jovenel Moïse, c’est-à-dire, à défaut d’un mariage d’amour impossible, il faut envisager de conclure avec lui un mariage de raison désormais possible dans l’intérêt de tous et sans exclusivisme. L’arrivée d’une mission politique de haut niveau déléguée par les Nations-Unies et les États-Unis forcera-t-elle les concepteurs de l’Accord de Marriott à raisonner dans le sens de la cohabitation, ou est-ce que l’opposition va donner une autre direction à sa lutte, en lui enlevant toute armature légale ou constitutionnelle, donc révolutionnaire ?

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Opinion

Haïti transition: QUI REMPORTERA LA MISE ?

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Le projet accouché au forceps le week-end dernier par « l’Alternative consensuelle » est-elle conforme à la constitution ? L’opposition n’est-elle pas en train de réinventer la roue en proposant l’organisation d’une « conférence nationale » et l’élaboration d’une « réforme constitutionnelle » ? Et qui aura la plus grosse part dans cette âpre lutte pour le pouvoir ? Voici trois sujets qui méritent d’être scrupuleusement étudiés.

Depuis des mois, des manifestations de rue occupent le devant de la scène politique et le mot d’ordre est le départ du Président Jovenel Moïse avant la fin de son mandat constitutionnel de cinq ans. Sous l’obédience de la « Passerelle », l’opposition, de son côté, tente de chercher une formule consensuelle pour contraindre le locataire du palais national à abandonner le pouvoir, comme s’il y avait une vacance présidentielle, un vide de pouvoir.

L’agitation de nos « chefs de bande » défie le bon sens. Est-ce de l’ignorance ou de la haine qui anime nos hommes politiques et qui les conduit à la bêtise répétitive ?

Un secteur de l’opposition propose de se tourner vers la Cour de Cassation pour remplacer l’actuel Président encore en fonction. Cette solution préconisée aura des conséquences tant sur le plan juridique que politique. Toute action politique doit avoir une cohésion ou une logique interne. On ne renverse pas un Président par consensus : on l’évacue soit par le vote des citoyens, soit par la force. Quels moyens forts dont dispose l’opposition pour évincer le chef de l’État ? À quel exercice se livre l’opposition : est-il de nature démocratique ou révolutionnaire ?

En droit constitutionnel, et surtout dans un État de droit constitutionnel démocratique, les détenteurs du pouvoir décident par délégation du peuple. Une fraction du peuple ne peut pas se poser comme peuple en extorquant la souveraineté nationale. Nous appartenons à une république dont la forme repose sur l’égalité des droits civils et politiques pour tous. Si nous avons les mêmes droits, il me semble que nous n’ayons pas les mêmes chances d’en faire usage. Il ne faut pas qu’au sein de cette table de concertation, l’égalité des droits se réduise au droit de quelques-uns.

Somme toute, le pouvoir du citoyen ou la souveraineté du peuple s’épuise dans le choix démocratique de ses représentants. (Articles 58 et 59 de la Constitution). C’est à la Constitution qu’il revient de donner un cadre juste du pouvoir. La solution à laquelle nous recourons nous ouvre une voie sans retour.

Deux points de trop

Au niveau des élites politiques et économiques, sans que l’on puisse parler d’échec, l’unité nationale autour d’un projet commun n’est pas aussi facile à réaliser comme certains le croient. Deux grands points du programme de la transition – la conférence nationale et la réforme constitutionnelle – mériteraient d’être analysés.

L’idée de la réalisation d’une conférence nationale pour refonder la nation n’est pas l’approche à privilégier. Une conférence nationale nous projette un futur imprécis, chargé de virtualités douteuses quant à l’avenir des recommandations qui y seront adoptées. Elle est une illusion du passé qui n’habite que les esprits en retard. Notre monde globalisé vit au rythme de la démocratie, du multilatéralisme et du libéralisme triomphant. Notre monde, on le répète, est celui de la démocratie, de l’État de droit, de la bonne gouvernance et des droits de l’homme. Ces concepts forment aujourd’hui ce que nous appelons l’idéologie dominante. La société haïtienne, comme toute société humaine aspirant à la modernité, ne peut fonctionner en dehors de cette réalité globale.

Le projet de conférence nationale souveraine apparaît comme une réponse facile d’élites en panne d’inspiration face à des problèmes complexes. La mondialisation nous place devant des choix difficiles. Il se révèle donc impossible de gouverner aujourd’hui sans recourir au savoir, à la technologie et au savoir-faire, conditions indispensables à la transformation du monde.

Le savoir est d’abord culturel. Il proclame la post – modernité, en réaction à la pensée moderne occidentale ayant dominé le monde pendant des siècles. Aujourd’hui la question qui est posée aux intellectuels haïtiens est la suivante : en quoi la dimension culturelle du savoir nous permettrait -elle de construire un savoir et un savoir-faire haïtiens déliés de toute domination pour répondre aux besoins du développement d’ Haïti, tout en assumant notre appartenance au monde globalisé ?

En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, est-elle la réforme de l’État ? Parler de réforme constitutionnelle revient d’abord à se demander quelle est la meilleure constitution pour Haïti, c’est-à-dire par quelle disposition, quelle organisation, quelle structure du pouvoir d’État, les buts de l’État peuvent être le plus sûrement atteints ?

Je l’ai souligné à maintes fois que le pays n’a pas un problème de lois et de constitution. Celles qui se révèlent les meilleures dans notre arsenal juridique et constitutionnel n’ont jamais été appliquées dans le sens du renforcement de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance. L’application de la Constitution ne dépend pas seulement de sa valeur juridique, politique et idéologique, donc de sa valeur intrinsèque, mais de la volonté des gouvernants et des gouvernés de la respecter. L’obéissance à la loi est d’abord une question d’éducation. Pour appliquer la loi, il faut apprendre à vouloir la loi et à l’aimer.

L’homme n’est ce qu’il doit être que par l’éducation, par l’entraînement. L’animal termine bien vite sa formation. L’homme ne bénéficie pas ce bienfait de la nature. Il faut mettre les élites haïtiennes à l’école de la démocratie et à l’école tout court.

La dyarchie installée au sein du Pouvoir exécutif n’a pas diminué l’institution présidentielle. Au contraire, la Constitution de 1987 accorde de réels pouvoirs au Président de la République. L’article 136 de la Constitution, qui est une sorte de dérogation au principe de la séparation des pouvoirs, hisse le Chef de l’État au rang d’arbitre neutre des conflits et des contradictions pouvant surgir dans le fonctionnement régulier des pouvoirs de l’État. Le Président de la République, l’élu du peuple, a de réels pouvoirs, ce qui est important, c’est de savoir « comment les exercer », comme disait feu Leslie Manigat.

En dernière analyse, on peut dire que la Constitution de 1987 accouche un régime politique dans lequel les pouvoirs doivent faire preuve de modération et acceptent l’existence des contre-pouvoirs. La dictature ne peut venir que de l’exécutif. C’est pourquoi les peuples ont mis plusieurs siècles à réduire l’arbitraire du détenteur de ce pouvoir par la construction de l’État de droit. La Constitution de 1987 était venue résoudre un problème : la crainte d’un retour de l’autoritarisme présidentiel.

Le déséquilibre créé au profit du pouvoir législatif est la preuve de la rationalité du régime politique haïtien. Il n’y a pas de loi sans raison. Il y a toujours une raison à la loi. On n’élabore pas une Constitution dans un vide factuel. Toute loi vient pour résoudre un problème. La raison de la Constitution de 1987 est historique et politique. Sur ce point, elle a accompli son travail historique. La méconnaissance de l’histoire est un obstacle à la connaissance du droit et à la connaissance tout court.

En opposition à ces idées un peu boiteuses, ma compréhension du problème est que les élites haïtiennes entretiennent un rapport difficile au droit et à la loi. De ce fait, elles se révèlent incapables d’évoluer dans une société haïtienne moderne dominée par les principes de l’État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie. En ce sens, ne faut-il pas regarder du côté des générations plus jeunes, des citoyens plus responsables, modernes, mieux formés et informés ? Pour ces jeunes, férus d’Internet et de technologies modernes, la fin du système n’est-elle pas la fin de la domination de la classe dirigeante, opposition et pouvoir confondus ? Qui sont les partants et quels sont les nouveaux arrivants ?

Il ne fait l’ombre de doute que la population donne une certaine forme de soutien à l’opposition mais rejette du même coup ses méthodes violentes. Quelle issue reste-t-il au peuple ? Dispose-t-il d’une réelle avant-garde? Les contradictions sont multiples. L’absence d’une voix forte, rassurante et légitime est fortement regrettable, pour ne pas dire inquiétante. Nous sommes devant la complexité des problèmes posés par un possible départ du Président Jovenel Moise et son remplacement par un juge à la Cour de Cassation. L’entente apparaît difficile parce que la cupidité des uns et des autres au sein de cette opposition les empêche de trouver la formule consensuelle pour arriver à ce partage de pouvoir hors de l’onction populaire.

Le partage du gâteau


Qui aura la plus grande portion du gâteau ? Assurément « L’Alternative consensuelle ». Cette entité fractionnelle de l’opposition réclame la plus grande part du pouvoir parce qu’elle estime que son niveau d’engagement sur le terrain est plus fort que les autres. Elle fait valoir à ses concurrents qu’elle compte beaucoup de victimes dans ce combat engagé contre le pouvoir en place il y a plus d’une année. Par son rôle d’avant-gardiste, l’Alternative se considère comme la plus grande force politique actuelle. En conséquence, elle ne saurait se mesurer à l’aune des autres, ni avoir le même niveau de responsabilité dans la nouvelle gouvernance publique qui sera instaurée à la tête du pays après le départ du Président Jovenel Moïse. Prenant le contre pied de de la déclaration de l’aile dure de l’opposition, Madame Edmonde Supplice Beauzile a rétorqué si le nombre de morts était devenu un indicateur de pouvoir, d’engagement ou de manifestation de puissance ?

Quoiqu’il en soit, un problème subsiste de part et d’autre. Mais la question est celle-ci : que faudrait-il pour avoir le pouvoir, la force politique et la légitimité pour négocier une part importante du pouvoir ? La déclaration de l’Alternative consensuelle est un message codé dans la langue des prix. Le mort est le prix de la légitimité sur le marché politique. Ce marché qui, pour l’heure, prend le pas sur la vie. Qu’auront donc ces morts déclarés après leur mort organisée dans cette bataille politique ? Avaient-ils été tout simplement liquidés sur l’autel des prix du marché libre de la politique concurrentielle des autres ?

La Cheffe de la Fusion des sociaux-démocrates devrait-elle reconsidérer ses méthodes de combat pour mobiliser les sentiments et les engagements pour avoir plus d’efficacité dans la bataille politique ou se tenir à sa force de conviction ? Une politique contre la vie et l’intérêt humain est-ce vraiment ce qu’il nous faut ? La politique en Haïti chez nous se limite-t-elle seulement à garantir un environnement social et économique à haut risque ? En politique, il y a toujours des intérêts personnels mais il ne faut que ceux-ci deviennent égoïstes et mesquins, a-t-elle insisté.

L’espoir s’effrite avec la politique de la corde raide. Dans le secteur de l’opposition, les violons ne s’accordent pas. Ces tiraillements internes ne servent-ils pas le pouvoir qui ne peut que les entretenir à son profit ? Chacun se croit le seul détenteur de la vérité qu’il cherche à monopoliser à son seul et unique profit. Voilà pourquoi rien ne garantit que la proposition commune que « l’opposition plurielle » vient d’accoucher, tiendra la route. Il me semble que chacun se replie dans son état chronique d’hyper-conscience de son moi et dans une subjectivité ne jouissant plus que d’elle-même. Tout se passe comme si nous serions entrés dans une nouvelle barbarie de la réflexion politique ?

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December 2019
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